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Les Patriotes de 1837@1838 - AUX Electeurs des Cointés de Richelieu, Verchères, St. Hyacinthe, Chambly et Rouville le 26 octobre 1837
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AUX Electeurs des Cointés de Richelieu, Verchères, St. Hyacinthe, Chambly et Rouville le 26 octobre 1837
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




CONCITOYENS

C'est dans un temps de crise extraordinaire que vous vous réunissez tous pour proclamer vos droits et pour dénoncer la tyrannie d'un gouvernement à jamais odieux pour tout bon patriote Canadien. Combien est noble l'exemple que vous nous donnez aujourd'hui! Combien vos compatriotes vous admirent! N'en doutez pas, concitoyens, la postérité chantera vos vertus civiques.

La Patrie déchargée du fardeau, qui l'opprime aujourd'hui, célébrera avec promesse et reconnaissance l'anniversaire de ce jour fortuné où vous vous assemblâtes tous pour délibérer sur ses intérêts les plus sacrés.

Pour nous concitoyens, après avoir offert à l'Eternel nos prières les plus ferventes pour le succès de la cause commune de la patrie, nous sommes prêts à faire le sacrifice de tout ce que nous avons de plus cher au monde, pour arracher au vil esclavage, le sol, qui nous a vu naître, qui nous nourrit aujourd'hui, qui renferme nos familles, nos propriétés et les cendres de nos pères et destiné par la nature à recevoir nos dépouilles mortelles lorsque nous aurons cessé de vivre.

Chargés par les électeurs du Comté de l'Acadie de vous adresser ce mémoire, nous ne pouvons laisser échapper cette belle occasion sans vous rendre la justice, qui vous est due à de si justes titres. Votre patriotisme pur et indépendant a toujours fait notre admiration et c'est avec joie, concitoyens, que nous nous fessons un devoir de déclarer ici que grand nombre de nos procédés sont dus au bel exemple qu'un de vos Comtés (Richelieu) n'a cessé de donner à cette province entière dans la lutte, qui s'est engagée dans ce pays entre l'orgueilleuse aristocratie et l'invincible démocratie.

Le peuple entier de cette province répudie la première, pour se ranger tout entier sous les drapeaux de la seconde. Nés nous-mêmes enfants de ce peuple dont nous chérissons les droits, vivant parmi des compatriotes, dont les seuls désirs sont le bonheur et l'égalité pour tous, sentant le dégoût le plus profond pour tout ce qui tend à l'aristocratie, dont l'oppression du grand nombre en faveur du petit nombre paraît être le seul mobile, nous ne pouvons avoir d'autres principes que ceux de la démocratie la plus pure.

En vain l'aristocratie corrompue de l'Angleterre veut-elle venir établir ses domaines sur les Canadas. Le peuple n'y consentira jamais; son cri sera toujours pour la liberté, le pain de la vie et contre le despotisme, la nourriture de vils esclaves. Le peuple est fait pour dominer et non pas pour être maîtrisé; sa voix doit être écoutée; sa volonté consultée, ses lois respectées et ses ordres obéis.

Le système honteux et avilissant que la métropole a constamment suivi à notre égard ne nous laisse plus d'espoir d'obtenir justice. -- Ses injustices récentes en pillant nos trésors nous font voir que nous ne sommes plus en sûreté dans cette colonie. Concitoyens! si l'on n'a pas encore ouvertement attenté à nos vies c'est que notre position géographique tient nos ennemis en balance et en respect.

La malheureuse Irlande, riche par la nation, appauvrie par le joug de fer qui l'opprime aujourd'hui, est un exemple frappant de ce qu'oseraient faire nos lâches ennemis, s'ils ne craignaient le voisinage d'une république fière des droits du peuple.

Concitoyens! rallions nous d'un bout à l'autre de cette province. Fessons voir à l'univers entier que nous sommes des hommes qui méritent d'être indépendants. Fessons sentir à nos ennemis, que s'ils n'ont pas respecté la justice de nos plaintes il nous reste encore un moyen de les arrêter dans leurs profits iniques.

Concitoyens! le noble exemple que vous nous avez donné en unissant vos Cinq Comtés en une confédération a donné l'idée aux électeurs du Comté de l'Acadie de solliciter l'admission de leur Comté dans votre confédération et c'est cet honneur que nous osons solliciter aujourd'hui de votre part.

Chargés par le comité de vigilance de St-Cyprien de vous faire cette demande au nom des électeurs de ce comté, nous prenons sur nous de vous faire remarquer que la position géographique du comté que nous représentons aujourd'hui nécessite son adhésion aux vôtres et puis concitoyens, daignez ne pas oublier le patriotisme des habitants de ce comté.

Trompés indignement dans une première élection, ils ont su se venger noblement dans une seconde nomination des candidats qui devaient les représenter en parlement. Ils ont eu aussi leur part des ridicules persécutions d'un gouverneur faible et inhabile à tenir les rênes du gouvernement de cette province. La proclamation intempestive et imbécile a rencontré partout le mépris des honnêtes gens.

Nos frères les industriels de Londres n'ont pu s'empêcher de s'apitoyer à la lecture de ce mince document destiné à flétrir la réputation d'hommes probes et vénérés de tout le pays. Ces destitutions injustes et arbitraires ont eu l'effet dans cette partie du pays de réchauffer les tièdes, de redoubler l'activité des patriotes zélés et de jeter le gouvernement provincial dans le mépris le plus profond, de même que les résolutions iniques de lord John Russell avaient fait du gouvernement métropolitain.

Concitoyens! dans un temps de crise aussi important pour les destinés de ce pays, (notre patrie commune) comme députés des électeurs du comté de l'Acadie nous vous demandons l'admission de ce comté dans votre confédération et permettez nous concitoyens de vous assurer que jamais les électeurs du comté que nous avons l'honneur de représenter aujourd'hui ne seront surpassés par ceux d'aucun autre en fait de patriotisme, qu'au contraire ils auront toujours présent à leur mémoire le motto des dignes et braves Fils de la liberté "En Avant".

Avant de finir concitoyens, permettez nous de vous faire remarquer que comme il est utile que chaque corps ait son chef, personne au monde ne nous semble plus digne de conduire la phalange patriotique que celui qui a passé sa vie entière à défendre avec talent nos droits et nos libertés.

Concitoyens, à ces traits vous devez reconnaître l'homme du peuple L. J. PAPINEAU, le défenseur des droits canadiens. -- Sous sa conduite, sous son égide le pays se relèvera du précipice où il est maintenant englouti par les machinations machiavéliques d'un gouvernement despote.

En attendant, concitoyens, le jour où paraîtra la nouvelle étoile pour le bonheur du Canada, nous formons des vœux sincères que tout nous soit prospère dans l'œuvre saint que nous avons entrepris. Nous sommes, Concitoyens, vos frères démocrates.

Signé:

C. H. O. COTE,

C. HUOT,

J. B. LUKIN.

Comté de l'Acadie,

ce 21 octobre 1837

Sur motion de Mr. Simeon Marchesseau de St-Charles, secondée par le Dr. E. N. Duchesnois de Varennes.

Résolu que les habitants électeurs des cinq comtés admettent avec transport dans leur corps leurs braves concitoyens de l'Acadie.

Ordonné que le mémoire du comté de l'Acadie présenté à cette assemblée soit inséré tout au long dans les minutes de cette assemblée.

Lu les lettres d'excuses des majors J. Bertrand et Constant Cartier père de la paroisse de Ste-Marguerite de Blairfindie, comme délégués de cette paroisse à cette assemblée, alléguant cause de maladie ordonné qu'elles soient insérées.

Sur motion de Mr. A. Girod, de Varennes, secondée par Fr. Ch. Duvert, de St-Charles.

Résolu que les comtés de Laprairie et Missisquoi soient invités à se joindre à la confédération de ces six comtés, comme étant destinés par leur situation géographique même à former une partie intégrante de ces comtés, et comme partageant les mêmes opinions, les mêmes principes patriotiques que professent les six comtés.

RÉSOLUTIONS SUR L'ÉTAT DE LA PROVINCE

Proposé par Mr. le Dr. W. Nelson de St. Denis, secondé par Mr. le Dr. Davignon de Ste-Marie.

1°- Qu'à suite et à l'exemple et des sages et des Héros de 1779 (sic) nous tenons pour évidentes et répétons les vérités suivantes, que tous les hommes sont créés égaux; qu'ils ont reçu de leur créateur certains droits inaliénables; qu'au nombre de ces droits sont la vie, la liberté et la recherche du bonheur, que c'est pour la protection et la garantie de ces droits que les gouvernements ont été institués parmi les hommes, ne recevant leur juste autorité que du consentement des gouvernés, qu'alors qu'une forme de gouvernement devient destructive de ces fins, c'est le droit du peuple de l'altérer ou de l'abolir, et d'instituer un nouveau gouvernement, d'en asseoir les bases sur les principes, d'en organiser les pouvoirs sous les formes, qui lui paraîtront les plus propres à lui procurer bonheur et sûreté.

Proposé par Mr. René Boileau de Chambly, secondé par Mr. le Capitaine Vincent de Longueuil.

2°- Que l'autorité de la Grande-Bretagne sur les Canadas ne peut et ne doit durer qu'avec la bonne volonté de leurs habitants, et ne peut s'appuyer sur la force brute qui ne confère point de droits, mais donne une injuste puissance qui ne doit valoir que jusqu'au jour d'une résistance efficace. Qu'à plus forte raison ils ont le droit de demander et d'obtenir, comme condition de leur allégeance volontaire, tels changements et telles améliorations dans la forme de leur gouvernement, que leurs besoins, les progrès du Pays depuis 1791 et leur présente situation, rendraient nécessaires à leur contentement et à leur bien-être.

Proposé par Mr. Louis Marchand de St-Mathias, secondé par Mr. F. Marie Tetro de St-Hilaire.

3°- Que les destitutions arbitraires ordonnées depuis plus de trois mois; qui n'ont pas cessé encore mais se continuent journellement par le gouverneur en chef, contre une foule de juges de paix, d'officiers de milice et de commissaires pour la décision sommaire des petites causes dans les paroisses de campagnes, pour le fait d'avoir pris part aux procédés d'assemblées de comtés tenues par le peuple en revendication de ses droits envahis, prouvent jusqu'à l'évidence qu'il abuse indignement de la prérogative de la couronne, en vue d'éloigner de ces charges, ceux qui après les avoir exercées avec intégrité et indépendance, avaient obtenu pour eux-mêmes l'estime et la confiance publiques, pour la loi, le respect et l'attachement du peuple, afin de les remplacer par des instruments serviles, disposés à favoriser sa Politique violente; même sous le poids du mépris universel de leurs concitoyens.

Proposé par Mr. L. Lacoste, M.P.P., de Boucherville, secondé par Mr. Th. Franchère de St-Mathias.

4°- Qu'il devient urgent dans des circonstances aussi fâcheuses de remplacer les officiers qu'une administration ennemie du pays nommera à ces charges par des hommes dignes de confiance. Que toutes les Paroisses des six comtés sont invitées simultanément entre le premier de décembre et le premier de janvier prochains, d'élire des juges de paix et amiables compositeurs et des officiers de milice. Et que pour leur élection et juridiction les 'règlements du comté de lac des Deux-Montagnes soient provisoirement adoptés.

Proposé par Mr. T. Drolet M.P.P., secondé par Mr. le Dr. Duchesnois de Varennes.

5°- Qu'en même temps que sous les peines énoncées dans les dits règlements et sous les liens plus puissants de l'honneur, les réformistes des six comtés donneront aux officiers par eux choisis, obéissance et assistance au plus haut degré possible, ils formeront une opposition systématique contre les officiers qui seront nommés par lord Gosford de ce jour à celui de son départ de la province, leur refusant leur confiance, ne leur prêtant pas une aide cordiale, n'obtempérant à leurs ordres qu'autant qu'ils ne pourraient s'en dispenser, sans une violation manifeste des lois; et se cotisant pour les faire poursuivre et punir dans tous les cas où ils se rendront coupables d'abus de pouvoir,

Proposé par M. le Dr. Duvert de St. Charles, secondé par M. le Dr. Allard, de Beloeil.

6°- Que les habitants des six comtés se sont justement attendus, que le peuple ne voudrait pas continuellement être privé des bienfaits d'une législature locale, et que le conseil législatif serait amélioré de manière à assurer sa coopération avec la branche représentative de la législature, et son respect pour les besoins et les vœux de la masse du peuple, que loin d'avoir vu se réaliser de si justes espérances, on a au contraire dernièrement appelé à siéger dans le conseil un nombre de personnes, qui presque sans exception non seulement ne jouissent pas de la confiance publique, mais s'en sont rendues indignes sous tous les rapports et qui par leur conduite et leurs opinions publiques se sont rendues l'objet de la haine du pays.

Proposé par M.P. Amiot, M.P.P., secondé par M. le capt. Bonnin, de St. Ours.

7°- Que cette assemblée déclare que les dernières nominations au conseil exécutif de cette province sont également indignes de la confiance publique comme le sont les nominations au conseil législatif, qu'elles sont d'autant plus scandaleuses, qu'elles continuent le cumul des places, un des abus que Lord Gosford avait lui-même dénoncés et comme gouverneur en chef et comme commissaire royal et qu'elles confient aux mêmes mains des pouvoirs législatifs exécutifs judiciaires.

Proposé par M. François Papineau de St-Césaire, secondé par M. lt. Bon. Viger, de Boucherville.

8°- Que cette assemblée ne voit dans ces différentes nominations rien autre chose que la continuation du vieux système de fraude et de déception qui enfin a déraciné tout sentiment de confiance et dans le gouvernement de la métropole, et dans celui de la colonie et dans le conseil législatif, tel que maintenant constitué, qu'une preuve d'hostilité invétérée contre les demandes réitérées du pays; qu'une détermination opiniâtre et tyrannique de la part du gouvernement de sa majesté de protéger, et perpétuer les abus et griefs dont se plaint un peuple trop patient.

Proposé par M. Jos. Cormier de Contrecœur, secondé par M. Clém. Gosselin de St. Hilaire'.

9°- Que les différents griefs et abus qu'a soufferts cette colonie pendants une longue série d'années ont été si souvent détaillés par les représentants du peuple que le gouvernement de sa majesté et le parlement britannique ont admis leur existence, qu'il devient inutile de les récapituler ici, vu qu'ils ont été dernièrement dénoncés par le peuple dans les assemblées primaires respectives des comtés, et que des mesures pour y remédier ont été proposées sur lesquelles les six comtés insistent de nouveau.

Proposé par M. Ls. Blanchard, M.P.P., de St. Hyacinthe, secondé par M. Jos. Sené, de St. Damas.

10°- Qu'au lieu d'avoir honnêtement redressé les dits griefs et abus, tel qu'il était de leur devoir de le faire, le gouvernement britannique et les deux chambres du parlement impérial ont menacé et ont intention d'anéantir les droits fondamentaux de cette colonie. Et afin de forcer le peuple dans une basse et abjecte soumission à l'oppression qu'on lui prépare, on a recours au même système de coercition et de terrorisme qui a déjà flétri l'autorité britannique en Irlande. Que les magistrats et les officiers de milice jouissant de la confiance de leurs concitoyens, sont insolemment privés de leur office, parce qu'ils affectionnent trop leur pays pour sanctionner une agression inconstitutionnelle ou laisser violer impunément leurs libertés; et comme comble de nos malheurs, le présent gouverneur en chef a dernièrement introduit de grands corps de troupes armées dans cette province, dans un temps de paix profonde, pour détruire par la force physique toute résistance constitutionnelle, et pour compléter par la désolation et la mort, l'œuvre de tyrannie déjà résolue et autorisée au-delà des mers.

Proposé par M. Laurent Bédard de St. Simon, secondé par Mr. I. Boudreau de Ste. Marie.

11°- Que tandisque nous trouvons lord Gosford coupable d'une atroce agression contre nos libertés par telle introduction de la force armée au milieu de nous, et comptant sur la sympathie de nos voisins, sur la coopération zélée de nos frères Réformistes du Haut-Canada et sur la providence pour l'occasion favorable de nous affranchir du système oppressif dont nous souffrons, nous déclarons, que plaignant le sort malheureux des soldats que nos ennemis désirent rendre les vils instruments de notre esclavage et de leur propre déshonneur, le peuple de ces comtés ne sèmera point d'obstacles sur la route des hommes appartenants aux régiments stationnés dans ce district s'ils désirent améliorer leur sort en gagnant les républiques voisines ayant surtout de fortes raisons de croire que nombre de ces soldats n'attendaient que l'occasion pour se débarrasser de leur présent état onéreux et ennuyant.

Proposé par M. Côme Cartier de St. Antoine, secondé par Mr. Siméon Marchesseau, de St. Charles.

12°- Que cette assemblée approuve l'organisation de l'association politique des "Fils de la liberté" et qu'elle recommande aux jeunes gens de ces comtés de s'organiser de même et de former des branches de la société "des Fils de la liberté" dans chaque paroisse, et d'entretenir une correspondance active, des rapports fréquents avec les "Fils de la liberté" à Montréal et d'adopter leur organisation systématique, afin d'être préparés à se soutenir avec promptitude et effet les uns les autres, si les circonstances exigent d'eux la protection et la défense de leurs libertés menacées.

Proposé par M. Dr. Dorion, M.P.P., secondé par M. Eust. Gratton de Ste. Marie.

13°- Que les délégués nommés dans différentes paroisses des cinq comtés sont priés de s'assembler, de nouveau en ce lieu demain à deux heures de l'après-midi pour prendre en considération les propositions ultérieures qui pourront alors leur être soumises.

WOLFRED NELSON, Président

J. T. DROLET, F. C. DUVERT,

vice-présidents

A. GIROD,

J. P. BOUCHER-BELLEVILLE,

Secrétaires

Source: le journal De La Minerve, édition du 30 octobre 1837.

Note : certains archaïsmes ont été revus et corrigés pour une meilleure compréhension de l'ensemble du texte.

 


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