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Les Patriotes de 1837@1838 - D閎at en Chambre propos des 92 R閟olutions (1834)
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D閎at en Chambre propos des 92 R閟olutions (1834)
Article diffus depuis le 20 mai 2000
 




Aussit魌 d閜os閑s... la Chambre, les r閟olutions d閏lenchent un "ouragan" qui secouera pendant cinq jours les passions des d閜ut閟 r閡nis d'abord en comit pl閚ier. D'un c魌, les radicaux du Parti patriote 閜ris d'une soif de libert et de contestation qu'alimente Papineau, vedette incontestable du d閎at, qui les 閎louit pendant sa virulente harangue, longue de trois heures. De l'autre, les bureaucrates et des patriotes mod閞閟 qui, tel John Neilson, se s閜arent des radicaux car ils craignent les implications d'un texte parfois extravagant et contradictoire.

Papineau l'emporte par 56 voix contre 24. Du coup, les r閟olutions deviennent le programme des patriotes, un v閞itable "関angile national", source du grand triomphe 閘ectoral de 1834. Mais elles appellent la r閜onse du gouvernement britannique: ce seront les r閟olutions Russell de 1837 qui les rejetteront. L'閘an patriotique se transforme alors en drame r関olutionnaire.

蓆ude des r閟olutions en comit pl閚ier

18 f関rier 1834

M. LOUIS-JOSEPH PAPINEAU (Montr閍l-Ouest): [...] Chacun de nous doit 阾re aujourd'hui accusateur, si l'amour du pays nous anime: chacun de nous doit 阾re pr阾... soutenir les accusations port閑s par l'hon. moteur, ou pr阾... dire que l'ex閏utif a sa confiance, et que le conseil l間islatif lui parait bien constitu. C'est sur cette question que nous devons 阾re pr阾s... d閏ider,... tout bl鈓er ou... tout approuver,... dire que tout est bien ou que tout est mal sans nous occuper ni voir ce que pensent, ce que m閐itent, ce que se proposent d'autres autorit閟. C'est sur notre honneur et notre conscience seuls que nous avons... r閜ondre de notre d閠ermination [...] Nous devons sentir, tout le monde doit sentir que la forme de notre gouvernement est vicieuse, et nos administrations fautives [...]

Si cette chambre n'est pas la force du pays, elle la repr閟ente, elle l'exprime. La v閞it p閚萾rera enfin. L'Ex閏utif est convaincu que nos accusations seront appuy閑s par le peuple. Il doit savoir aussi qu'une faction et une fraction sont la m阭e chose, et que la cabale commerciale, qui pr閠end tout r間ir ici, n'est pas la force de ce pays. La force des 関萵emens dans cette province a port la conviction, que les voeux de la masse de la population doivent 阾re suivis; et je ne crois pas... ceux qui ont dit d'avance qu'on oserait nous dissoudre. Nous avons... examiner, si aujourd'hui nous ne sommes pas rendus... cette 閜oque qu'il faut que la premisre magistrature de l'閠at recouvre le respect qu'elle a perdu et que l'honneur, la fortune, la libert et l'existence du peuple soient mises en s-ret, ou se r閟oudre... voir tomber l'un au dernier d間r d'avilissement, et l'autre s'emporter... des exc萻. Oui, je le crois, nous en sommes venus... ce jour.

Il y a de la honte, de l'infamie... ceux qui commettent des commissions sous un gouvernement, qui les met en opposition avec lois, et en lutte avec le peuple et ses repr閟entans. Quelques-uns semblent entrer dans cette mesure avec trop d'alarme et s'imaginer qu'il faut des nerfs de fer pour se soutenir dans cette 閜oque importante: Ce n'est pas un 閠at nouveau pour la Province que cet abus de pouvoir; c'est une habitude... la quelle on est presque form. Depuis la cession du pays jusqu'en 1792, des gouverneurs Militaires, tel que le G閚閞al Murray, ont pu maintenir contre les Canadiens l'orgeuil et les jalousies de la partie de la petite population anglaise, de gens qui se disaient les conqu閞ans du Pays, et qui ni 閠aient que les vivandiers de l'arm閑 [...]

[...] A cette 閜oque, c'閠ait des hommes qui r閏lamaient leurs droits comme hommes, et comme sujets britanniques. On reconnut qu'il y avait des principes conformes au droit des gens, qu'on ne pouvait violer; qu'il y avait dans le Canada une population, qui avait des lois, une religion, une langue, des moeurs et des institutions qui devaient lui 阾re consacr閑s; on fit des repr閟entations en Angleterre, appuy閑s par le peuple, et dans un temps, o- les canadiens n'閠aient gu萺e instruits du droit public et politique, au milieu du mouvement et de l'agitation de la population des Etats-Unis pour r閟ister... l'oppression de la m閠ropole, on ne craignit pas de demander des r閒ormes, et on les obtint. La suite de ces d閙arches fut l'acte de Qu閎ec, tout vicieux, tout imparfait qu'il 閠ait, et qui a 閠 le sujet de tant de plaintes qui fut donn alors parce qu'il parut conforme au voeu g閚閞al [...]

[...] La source des m阭es abus se trouve encore dans la circonstance, qu'un gouverneur, appuy par une branche de la L間islature, peut toujours faire le bien de ses favoris, d'hommes qui eux-m阭es peuvent faire la fortune des gouverneurs. Il me semble qu'il n'y a rien de plus bas que la noblesse anglaise, qui nous vient dans ce pays, tant elle aime les places, tant elle aime l'argent. Quand je pense qu'un duc de Richmond, qui avait command l'ILande en qualit de vice-roi, o- un sentiment d'orgueil national l'environnait tous les jours, au milieu de Dublin, de la pompe et de l'閏lat de la Royaut, et que cet homme, apr萻 avoir abandonn, ce th殁tre brillant, s'en vint ici pour r閜arer les d閎ris de sa fortune; et qu'il eut pour successeur par un autre noble, qui venait aussi gagner de quoi r閜arer son vieux ch鈚eau d閘abr: je commence... douter de ce grand d閟int閞essement de la noblesse anglaise. Des hommes de cette trempe, qui ne sont ici que pour s'enrichir, et qui trouvent des conseillers, qui sont aussi receveurs g閚閞aux, et pr阾s... prendre l'argent, tous se passant les uns les autres des actes frauduleux pour se soustraire... leurs cr閍nciers, de tels hommes veulent des hommes de leur trempe et de leur p鈚e, qui diront que tout est bien, que tout est bon, puisqu'ils en profitent. C'est un ordre de choses qui a r間n et qui r萭ne encore plus que jamais.

Il n'y a jamais eu d'administration plus ignorante et plus m閜ris閑 que celle d'aujourd'hui. Et, je le demande, quel est le plus faible des gouvernemens, celui qui s'est attir la baisse, ou plut魌 celui qui est tomb dans le m閜ris. Des chansons peuvent autant contre lui que des boulets et des 閜閑s [...] Il est certain qu'avant un temps bien 閘oign, toute l'Am閞ique doit 阾re r閜ublicaine. Dans l'intervalle, un changement dans notre constitution, s'il en faut, doit-il 阾re en vue de cette consid閞ation? et est-il criminel de le demander? Les membres de cette chambre en sont redevables... leurs constituants comme d'un devoir sacr, et, quand bien m阭e le soldat devrait les 間orger, ils ne doivent pas h閟iter... le faire, s'ils y voient le bien de leur pays [...]

C'est pass en principe que le conseil veut tout ce que l'ex閏utif veut. Cet abus exige absolument une r閒orme. Quel est le moyen de la faire? Est-ce de donner encore au gouverneur le pouvoir de choisir les conseillers, apr萻 un outrage aussi sanglant fait... ce pays, en y appelant ces 閠rangers, comme s'il ne s'閠ait trouv personne dans ce pays pour remplir cette place. Mais il a trouv dans le coeur de ces gens, bien indignes du rang qu'ils occupent, des sentimens conformes aux siens. Que ceux qui n'ont rien de Canadiens, qui ne savent pas ce qui est juste et 閝uitable; que cette vile faction s'attache... ses doctrines; qu'elle nous menace, elle ne nous fera pas fl閏hir. Qu'elle nous dise qu'elle nous d閠este, qu'elle nous hait: nous lui r閜ondrons que nous nous en r閖ouissons, et que nous la hairons encore d'avantage. Mais il faut changer cet 閠at malheureux de choses, sans d閞ouler le tableau des dangers frivoles qu'on pr閠end y voir. Il n'y a rien... craindre pour ceux qui veulent le bien, dans ce siscle, et... la porte des Etats-Unis. Ce sont aux auteurs de nos maux,... les d関orer,... les avaler eux-m阭es. Nous ne devons pas concourir dans leurs odieux projets; ils voudraient nous faire pendre, ou nous faire 間orger, s'ils pouvaient. Ils nous ont reproch jusqu'... notre langue [...]

Je crois que ceux qui ont vot l'ann閑 dernisre contre un conseil 閘ectif, conviendront cette ann閑 que c'est le seul moyen de sortir de l'embarras; et qu'ils s'閠aient m閜ris, quand ils comptaient sur de bons choix. Il est clair qu'ils devront 阾re mauvais, parceque ceux qui ont le pouvoir seront toujours port閟... en abuser, et que les probabilit閟 sont de 99 contre un que l'Ex閏utif fera comme il a toujours fait. Aujourd'hui que toute confiance sous ce rapport est d閠ruite, il nous faut donc chercher dans de nouvelles constitutions politiques un rem萪e, qui puisse calmer les m閏ontentemens. L'Angleterre ne pourra pas trouver notre demande 閠range, quand elle est appuy閑 sur des id閑s de ses plus grands hommes d'Etat; et que pour la premisre fois on a os nous faire des menaces. La chambre est un th殁tre assez 閘ev, pour que la v閞it se fasse conna宼re; et qu'une poign閑 d'hommes du pouvoir ne puisse 閠ouffer les plaintes et les remontrances de tout un peuple et emp阠her des rem萪es qui mettront fin... nos maux, et feront de tous les colons un peuple de fr萺es, et leur donneront des motifs de se lier ensemble [...]

Les privil萭es, les haines et les antipathies nationales, tout cela sera d閠ruit. La l間islature au lieu de s'occuper d'accusations et de d閎ats politiques, n'aura en vue que des objets de l間islation utile. Le but et l'ambition de tout sera le bien commun. En finissant, je rappellerai aux membres que l'acte de 1791 ne fut qu'un essai de M. Pitt, et que malheureusement cet essai a 閠 funeste.

Source: Le Canadien, 21 f関rier 1834, p. 2 et 24 f関rier 1834, p. 1-2.

M. BARTHOLOMEW CONRAD AUGUSTUS GUGY (Sherbrooke): [...] Une foule d'accusations vagues et hazard閑s, une multitude d'expressions peu mesur閑s et injurieuses, l'exag閞ation dans les sentimens, les erreurs dans les faits, qui se trouvent dans le discours de l'hon. Orateur, me forcent d'閘ever ici la voix, et de lui r閜ondre. Je n'entreprendrai pas de le suivre dans toute cette longue chaine d'argumentations, soign閑s et travaill閑s depuis longtemps, renfermant une foule immense de consid閞ations, dont les unes, pour lui rendre justice, sont vraies et lumineuses, et beaucoup d'autres pernicieuses et d閟organisatrices. Je n'entrerai pas non plus sur le m閞ite des r閟olutions. Au moment qu'il a commenc son discours, j'閠ais dans une chambre de comit, lisant les r閟olutions, et peu s'en est fallu que je n'aie eu la satisfaction de l'entendre. Au moment m阭e o- je vous adresse, M. le Pr閟ident, je ne les ai pas encore toutes lues, ces r閟olutions, en sorte que je ne puis pas m阭e dire positivement si je voterai pour ou contre. Mais il y en a une ou deux que je dois signaler, et qui ne rencontreront jamais mon appui. Elles contiennent des doctrines nouvelles pour ce pays, et qui lui deviendront fatales. D'apr萻 ce que j'avais lu de menaces et de d閏lamations, dans les papiers publics, je me doutais que les r閟olutions seraient violentes, emport閑s, 閚ergiques, mais je ne croyais pas qu'elles le seraient jusqu'... la d閙ence et l'exasp閞ation. Dans la 49me et 50me r閟olutions il est clairement expliqu que, si l'on ne veut pas faire comme on le demande, on veut la guerre, et l'on en appelle aux Etats-Unis. Il est vrai, il y a des guerres de toutes sortes: il y a des guerres de boulets et des guerres de paroles. Si l'on ne veut paLer que de ces dernisres, on aurait d- nous l'expliquer [...]

Il est un fait que tout le monde connait, un fait qui nous a tous afflig閟, et dont l'hon. Orateur a su tirer un si grand parti pour 閙ouvoir les passions, je veux paLer du 21 Mai. Je demande... ceux qui viennent d'entendre cette philippique enflammatoire, que si M. Papineau est aussi violent... Montr閍l, qu'il l'est... Qu閎ec, est-il bien difficile de s'expliquer le 21 Mai? Je dirai que les passions d'un homme qui croit que tout est fait pour lui, que le soleil et la lune ne fussent que pour lui, sont dangereuses et funestes. On nous paLe de la confusion mise dans nos lois, et pour cela on veut tout bouleverser. On crie contre les menaces et le ton du Secr閠aire Colonial M. Stanley, et qu'est cela aupr萻 des discours de M. Papineau, et de r閟olutions qui comportent la menace de se joindre aux Etats-Unis?

On me dira peut-阾re, vous ne comprenez pas encore ces r閟olutions. Il est vrai, je n'ai malheureusement pas les moyens de l'hon. Orateur, et de ses amis qui les travaillent depuis bien longtemps. Elles ne m'ont pas cout tant de veilles qu'... eux. N閍nmoins j'ai mes affections dans ce pays. Par mon travail j'ai gagn une honn阾e fortune, je me suis rendu ind閜endant, et plus ind閜endant que ces patriotes mendians, qui font m閠ier de politique et vivent de patriotisme. Mes services toutefois sont moins grands que les leurs, mais aussi ils sont moins bien pay閟. Cependant ces r閟olutions, qu'ils nous pr閟entent comme le fruit de tant de recherches, sont un chef d'oeuvre de d閙ence. Les Canadiens j'en conviens, sont vertueux, loyaux: mais que deviendra leur vertu, si de telles mesures, propos閑s par des t阾es chaudes, pr閏ipitent le pays dans une lutte avec l'Angleterre [...]

Les Canadiens d'origine fran鏰ise ne sont pas les seuls toute fois. Je conviens qu'ils sont vertueux, je leur donne ce qui leur appartient, je suis pr阾... prendre leur d閒ense dans les occasions; mais je ne crois pas que je doive 阾re en butte... la pers閏ution, si j'ose croire que tous ceux, qui ne pensent pas comme l'hon. Orateur, ont des droits comme habitans de ce pays. Je le r閜萾e, les Canadiens ne sont pas les seuls dans cette colonie, et moi-m阭e je ne suis pas Canadien, si l'on restreint ce nom... ceux qui sont d'origine fran鏰ise. Mais c'est une id閑 de distinction qui n'entre pas m阭e dans la t阾e des habitans de nos [...] paisibles campagnes. C'est une id閑 de trouble et de dissension qui n'est n閑 que dans cette Chambre [...]

Quant... la constitution, je conviens aussi qu'il faut une r閒orme, mais sans pr閏ipitation, sans l'閠ourderie de la jeunesse, avec r閒lexion et prudence. Mais la suite de ces r閟olutions incendiaires, sera qu'on n'en aura point du tout. Le syst萴e propos tournera peut-阾re... l'avantage de son auteur, et voil... tout. Peut-阾re m阭e le syst萴e 閘ectif pourrait 阾re bon, vu que la corruption est rare dans nos 閘ections. Mais n'est-il pas contradictoire avec les institutions de la M萺e Patrie? Nous avons aujourd'hui entre les mains une d閜阠he, que j'ai pr閐ite, au sujet des r閟olutions de l'ann閑 dernisre, contre lesquelles a vot l'hon. membre pour le comt de Montmorency, qui vient lui-m阭e aujourd'hui avec des propositions dans le m阭e sens.

Cette d閜阠he, dit-on, contient de dures menaces. Qu'avons nous fait de notre c魌 nous qui avons refus ce que nous offrait le Roi par la d閜阠he du Lord Goderich? Toutefois je suis persuad que le Conseil Electif aurait ses inconv閚iens. Dans un pays o- l'on voit l'Orateur d'une des branches de la L間islature en appeller si souvent aux passions, et o- se trouve une majorit des habitans d'origine fran鏰ise, si le Conseil 閠ait 閘ectif, qu'est-ce qui repr閟enterait nos co-sujets qui viennent d'Angleterre, qui ont les m阭es droits que nous et sont Canadiens comme nous? On aurait un Conseil et une chambre, qui seraient mus par les m阭es sentimens, par des sentimens comme ceux d閖... 閚onc閟 quand on... fait un crime a un fonctionnaire public tr萻 respectable d'avoir un nom Anglais, et pour cette raison le destituer.

Quelle confiance pourrait avoir une partie de la population dans deux corps ainsi constitu閟? [...] Peut-阾re les Anglais, peu nombreux, seraient-ils abattus? Peut-阾re aussi, excit閟 par les expressions que l'on emploierait contre eux, les verrait-on se roidir et [...] la majorit de les 閏raser [...] Je ne vois pas dans le Conseil un corps qui soit un opprobre, mais qui a servi et servira bien des fois d'閏hec... l'effervescence des passions qui r萭ne quelquefois dans cette chambre. Si les Rois ont leurs flatteurs, les peuples ont aussi les leurs. N'est-ce pas une flatterie, faite au peuple, que de chercher... lui donner des institutions plus d閙ocratiques que les n魌res? Ces flatteurs du peuple veulent lui faire croire qu'il est malheureux quand il est heureux. Ce sont des flatteurs de mauvaise foi, qui le perdent; ce sont des gens qui font m閠ier de politique pour leur propre int閞阾, et qui n'ont en vue que leur agrandissement personnel [...]

Source: Le Canadien, 26 f関rier 1834, p. 1.

M. ELZ怉R B怐ARD (Montmorency): [...] Nous ne disions rien autre chose... l'Angleterre, que nous voulons une r閒orme, et que si elle doute que ce soit les voeux du peuple, qu'elle en appelle... lui. On rejette une ou deux r閟olutions comme contenant des id閑s de r閜ublicanisme; on nous accuse de vouloir faire des distinctions nationales, et inonder le pays de sang pour soutenir nos propositions; et en preuve de ces all間u閟, on cite la 49e et la 50e r閟olutions. Or je le demande, n'expriment-elles pas ce qui est senti par tout le pays. La d閜阠he de M. Stanley menace de porter atteinte... nos droits. Faut-il nous soumettre aveugl閙ent, ou bien prendre une position ferme et libre, et lui dire qu'il ne trouvera pas parmi nous des hommes pr阾s... porter son joug; ni... 阾re ses jouets et ses instrumens? Il vaut mieux que ce soit M. Stanley, qui nous 魌e notre libert, plut魌 que de consentir nous... la lui abandonner [...]

Nous devons rappeller... l'Angleterre qu'il est un temps o- les colonies deviennent majeures, et doivent se gouverner elles-m阭es: c'est m阭e un principe qu'on y a reconnu. Toutefois on peut 閘oigner pour nous cette 閜oque, en nous donnant un bon gouvernement. C'est pour cette fin que nous demandons une r閒orme; et quand il faudra nous s閜arer de la m萺e patrie, pour devenir ses alli閟, nous pourrons le faire sans efforts et sans boulets [...]

Source: Le Canadien, 26 f関rier 1834, p. 1.

恡ude des r閟olutions en comit pl閚ier

18 f関rier 1834

M. LOUIS-JOSEPH PAPINEAU (Montr閍l-Ouest): [...] Chacun de nous doit 阾re aujourd'hui accusateur, si l'amour du pays nous anime: chacun de nous doit 阾re pr阾... soutenir les accusations port閑s par l'hon. moteur, ou pr阾... dire que l'ex閏utif a sa confiance, et que le conseil l間islatif lui parait bien constitu. C'est sur cette question que nous devons 阾re pr阾s... d閏ider,... tout bl鈓er ou... tout approuver,... dire que tout est bien ou que tout est mal sans nous occuper ni voir ce que pensent, ce que m閐itent, ce que se proposent d'autres autorit閟. C'est sur notre honneur et notre conscience seuls que nous avons... r閜ondre de notre d閠ermination [...] Nous devons sentir, tout le monde doit sentir que la forme de notre gouvernement est vicieuse, et nos administrations fautives [...]

Si cette chambre n'est pas la force du pays, elle la repr閟ente, elle l'exprime. La v閞it p閚萾rera enfin. L'Ex閏utif est convaincu que nos accusations seront appuy閑s par le peuple. Il doit savoir aussi qu'une faction et une fraction sont la m阭e chose, et que la cabale commerciale, qui pr閠end tout r間ir ici, n'est pas la force de ce pays. La force des 関萵emens dans cette province a port la conviction, que les voeux de la masse de la population doivent 阾re suivis; et je ne crois pas... ceux qui ont dit d'avance qu'on oserait nous dissoudre. Nous avons... examiner, si aujourd'hui nous ne sommes pas rendus... cette 閜oque qu'il faut que la premisre magistrature de l'閠at recouvre le respect qu'elle a perdu et que l'honneur, la fortune, la libert et l'existence du peuple soient mises en s-ret, ou se r閟oudre... voir tomber l'un au dernier d間r d'avilissement, et l'autre s'emporter... des exc萻. Oui, je le crois, nous en sommes venus... ce jour.

Il y a de la honte, de l'infamie... ceux qui commettent des commissions sous un gouvernement, qui les met en opposition avec lois, et en lutte avec le peuple et ses repr閟entans. Quelques-uns semblent entrer dans cette mesure avec trop d'alarme et s'imaginer qu'il faut des nerfs de fer pour se soutenir dans cette 閜oque importante: Ce n'est pas un 閠at nouveau pour la Province que cet abus de pouvoir; c'est une habitude... la quelle on est presque form. Depuis la cession du pays jusqu'en 1792, des gouverneurs Militaires, tel que le G閚閞al Murray, ont pu maintenir contre les Canadiens l'orgeuil et les jalousies de la partie de la petite population anglaise, de gens qui se disaient les conqu閞ans du Pays, et qui ni 閠aient que les vivandiers de l'arm閑 [...]

[...] A cette 閜oque, c'閠ait des hommes qui r閏lamaient leurs droits comme hommes, et comme sujets britanniques. On reconnut qu'il y avait des principes conformes au droit des gens, qu'on ne pouvait violer; qu'il y avait dans le Canada une population, qui avait des lois, une religion, une langue, des moeurs et des institutions qui devaient lui 阾re consacr閑s; on fit des repr閟entations en Angleterre, appuy閑s par le peuple, et dans un temps, o- les canadiens n'閠aient gu萺e instruits du droit public et politique, au milieu du mouvement et de l'agitation de la population des Etats-Unis pour r閟ister... l'oppression de la m閠ropole, on ne craignit pas de demander des r閒ormes, et on les obtint. La suite de ces d閙arches fut l'acte de Qu閎ec, tout vicieux, tout imparfait qu'il 閠ait, et qui a 閠 le sujet de tant de plaintes qui fut donn alors parce qu'il parut conforme au voeu g閚閞al [...]

[...] La source des m阭es abus se trouve encore dans la circonstance, qu'un gouverneur, appuy par une branche de la L間islature, peut toujours faire le bien de ses favoris, d'hommes qui eux-m阭es peuvent faire la fortune des gouverneurs. Il me semble qu'il n'y a rien de plus bas que la noblesse anglaise, qui nous vient dans ce pays, tant elle aime les places, tant elle aime l'argent. Quand je pense qu'un duc de Richmond, qui avait command l'ILande en qualit de vice-roi, o- un sentiment d'orgueil national l'environnait tous les jours, au milieu de Dublin, de la pompe et de l'閏lat de la Royaut, et que cet homme, apr萻 avoir abandonn, ce th殁tre brillant, s'en vint ici pour r閜arer les d閎ris de sa fortune; et qu'il eut pour successeur par un autre noble, qui venait aussi gagner de quoi r閜arer son vieux ch鈚eau d閘abr: je commence... douter de ce grand d閟int閞essement de la noblesse anglaise. Des hommes de cette trempe, qui ne sont ici que pour s'enrichir, et qui trouvent des conseillers, qui sont aussi receveurs g閚閞aux, et pr阾s... prendre l'argent, tous se passant les uns les autres des actes frauduleux pour se soustraire... leurs cr閍nciers, de tels hommes veulent des hommes de leur trempe et de leur p鈚e, qui diront que tout est bien, que tout est bon, puisqu'ils en profitent. C'est un ordre de choses qui a r間n et qui r萭ne encore plus que jamais. Il n'y a jamais eu d'administration plus ignorante et plus m閜ris閑 que celle d'aujourd'hui. Et, je le demande, quel est le plus faible des gouvernemens, celui qui s'est attir la baisse, ou plut魌 celui qui est tomb dans le m閜ris. Des chansons peuvent autant contre lui que des boulets et des 閜閑s [...] Il est certain qu'avant un temps bien 閘oign, toute l'Am閞ique doit 阾re r閜ublicaine. Dans l'intervalle, un changement dans notre constitution, s'il en faut, doit-il 阾re en vue de cette consid閞ation? et est-il criminel de le demander? Les membres de cette chambre en sont redevables... leurs constituants comme d'un devoir sacr, et, quand bien m阭e le soldat devrait les 間orger, ils ne doivent pas h閟iter... le faire, s'ils y voient le bien de leur pays [...]

C'est pass en principe que le conseil veut tout ce que l'ex閏utif veut. Cet abus exige absolument une r閒orme. Quel est le moyen de la faire? Est-ce de donner encore au gouverneur le pouvoir de choisir les conseillers, apr萻 un outrage aussi sanglant fait... ce pays, en y appelant ces 閠rangers, comme s'il ne s'閠ait trouv personne dans ce pays pour remplir cette place. Mais il a trouv dans le coeur de ces gens, bien indignes du rang qu'ils occupent, des sentimens conformes aux siens. Que ceux qui n'ont rien de Canadiens, qui ne savent pas ce qui est juste et 閝uitable; que cette vile faction s'attache... ses doctrines; qu'elle nous menace, elle ne nous fera pas fl閏hir. Qu'elle nous dise qu'elle nous d閠este, qu'elle nous hait: nous lui r閜ondrons que nous nous en r閖ouissons, et que nous la hairons encore d'avantage. Mais il faut changer cet 閠at malheureux de choses, sans d閞ouler le tableau des dangers frivoles qu'on pr閠end y voir. Il n'y a rien... craindre pour ceux qui veulent le bien, dans ce siscle, et... la porte des Etats-Unis. Ce sont aux auteurs de nos maux,... les d関orer,... les avaler eux-m阭es. Nous ne devons pas concourir dans leurs odieux projets; ils voudraient nous faire pendre, ou nous faire 間orger, s'ils pouvaient. Ils nous ont reproch jusqu'... notre langue [...]

Je crois que ceux qui ont vot l'ann閑 dernisre contre un conseil 閘ectif, conviendront cette ann閑 que c'est le seul moyen de sortir de l'embarras; et qu'ils s'閠aient m閜ris, quand ils comptaient sur de bons choix. Il est clair qu'ils devront 阾re mauvais, parceque ceux qui ont le pouvoir seront toujours port閟... en abuser, et que les probabilit閟 sont de 99 contre un que l'Ex閏utif fera comme il a toujours fait. Aujourd'hui que toute confiance sous ce rapport est d閠ruite, il nous faut donc chercher dans de nouvelles constitutions politiques un rem萪e, qui puisse calmer les m閏ontentemens. L'Angleterre ne pourra pas trouver notre demande 閠range, quand elle est appuy閑 sur des id閑s de ses plus grands hommes d'Etat; et que pour la premisre fois on a os nous faire des menaces. La chambre est un th殁tre assez 閘ev, pour que la v閞it se fasse conna宼re; et qu'une poign閑 d'hommes du pouvoir ne puisse 閠ouffer les plaintes et les remontrances de tout un peuple et emp阠her des rem萪es qui mettront fin... nos maux, et feront de tous les colons un peuple de fr萺es, et leur donneront des motifs de se lier ensemble [...]

Les privil萭es, les haines et les antipathies nationales, tout cela sera d閠ruit. La l間islature au lieu de s'occuper d'accusations et de d閎ats politiques, n'aura en vue que des objets de l間islation utile. Le but et l'ambition de tout sera le bien commun. En finissant, je rappellerai aux membres que l'acte de 1791 ne fut qu'un essai de M. Pitt, et que malheureusement cet essai a 閠 funeste.

Source: Le Canadien, 21 f関rier 1834, p. 2 et 24 f関rier 1834, p. 1-2.

M. BARTHOLOMEW CONRAD AUGUSTUS GUGY (Sherbrooke): [...] Une foule d'accusations vagues et hazard閑s, une multitude d'expressions peu mesur閑s et injurieuses, l'exag閞ation dans les sentimens, les erreurs dans les faits, qui se trouvent dans le discours de l'hon. Orateur, me forcent d'閘ever ici la voix, et de lui r閜ondre. Je n'entreprendrai pas de le suivre dans toute cette longue chaine d'argumentations, soign閑s et travaill閑s depuis longtemps, renfermant une foule immense de consid閞ations, dont les unes, pour lui rendre justice, sont vraies et lumineuses, et beaucoup d'autres pernicieuses et d閟organisatrices. Je n'entrerai pas non plus sur le m閞ite des r閟olutions. Au moment qu'il a commenc son discours, j'閠ais dans une chambre de comit, lisant les r閟olutions, et peu s'en est fallu que je n'aie eu la satisfaction de l'entendre.

Au moment m阭e o- je vous adresse, M. le Pr閟ident, je ne les ai pas encore toutes lues, ces r閟olutions, en sorte que je ne puis pas m阭e dire positivement si je voterai pour ou contre. Mais il y en a une ou deux que je dois signaler, et qui ne rencontreront jamais mon appui. Elles contiennent des doctrines nouvelles pour ce pays, et qui lui deviendront fatales. D'apr萻 ce que j'avais lu de menaces et de d閏lamations, dans les papiers publics, je me doutais que les r閟olutions seraient violentes, emport閑s, 閚ergiques, mais je ne croyais pas qu'elles le seraient jusqu'... la d閙ence et l'exasp閞ation. Dans la 49me et 50me r閟olutions il est clairement expliqu que, si l'on ne veut pas faire comme on le demande, on veut la guerre, et l'on en appelle aux Etats-Unis. Il est vrai, il y a des guerres de toutes sortes: il y a des guerres de boulets et des guerres de paroles. Si l'on ne veut paLer que de ces dernisres, on aurait d- nous l'expliquer [...]

Il est un fait que tout le monde connait, un fait qui nous a tous afflig閟, et dont l'hon. Orateur a su tirer un si grand parti pour 閙ouvoir les passions, je veux paLer du 21 Mai. Je demande... ceux qui viennent d'entendre cette philippique enflammatoire, que si M. Papineau est aussi violent... Montr閍l, qu'il l'est... Qu閎ec, est-il bien difficile de s'expliquer le 21 Mai? Je dirai que les passions d'un homme qui croit que tout est fait pour lui, que le soleil et la lune ne fussent que pour lui, sont dangereuses et funestes. On nous paLe de la confusion mise dans nos lois, et pour cela on veut tout bouleverser. On crie contre les menaces et le ton du Secr閠aire Colonial M. Stanley, et qu'est cela aupr萻 des discours de M. Papineau, et de r閟olutions qui comportent la menace de se joindre aux Etats-Unis?

On me dira peut-阾re, vous ne comprenez pas encore ces r閟olutions. Il est vrai, je n'ai malheureusement pas les moyens de l'hon. Orateur, et de ses amis qui les travaillent depuis bien longtemps. Elles ne m'ont pas cout tant de veilles qu'... eux. N閍nmoins j'ai mes affections dans ce pays. Par mon travail j'ai gagn une honn阾e fortune, je me suis rendu ind閜endant, et plus ind閜endant que ces patriotes mendians, qui font m閠ier de politique et vivent de patriotisme. Mes services toutefois sont moins grands que les leurs, mais aussi ils sont moins bien pay閟. Cependant ces r閟olutions, qu'ils nous pr閟entent comme le fruit de tant de recherches, sont un chef d'oeuvre de d閙ence. Les Canadiens j'en conviens, sont vertueux, loyaux: mais que deviendra leur vertu, si de telles mesures, propos閑s par des t阾es chaudes, pr閏ipitent le pays dans une lutte avec l'Angleterre [...]

Les Canadiens d'origine fran鏰ise ne sont pas les seuls toute fois. Je conviens qu'ils sont vertueux, je leur donne ce qui leur appartient, je suis pr阾... prendre leur d閒ense dans les occasions; mais je ne crois pas que je doive 阾re en butte... la pers閏ution, si j'ose croire que tous ceux, qui ne pensent pas comme l'hon. Orateur, ont des droits comme habitans de ce pays. Je le r閜萾e, les Canadiens ne sont pas les seuls dans cette colonie, et moi-m阭e je ne suis pas Canadien, si l'on restreint ce nom... ceux qui sont d'origine fran鏰ise. Mais c'est une id閑 de distinction qui n'entre pas m阭e dans la t阾e des habitans de nos [...] paisibles campagnes. C'est une id閑 de trouble et de dissension qui n'est n閑 que dans cette Chambre [...]

Quant... la constitution, je conviens aussi qu'il faut une r閒orme, mais sans pr閏ipitation, sans l'閠ourderie de la jeunesse, avec r閒lexion et prudence. Mais la suite de ces r閟olutions incendiaires, sera qu'on n'en aura point du tout. Le syst萴e propos tournera peut-阾re... l'avantage de son auteur, et voil... tout. Peut-阾re m阭e le syst萴e 閘ectif pourrait 阾re bon, vu que la corruption est rare dans nos 閘ections. Mais n'est-il pas contradictoire avec les institutions de la M萺e Patrie? Nous avons aujourd'hui entre les mains une d閜阠he, que j'ai pr閐ite, au sujet des r閟olutions de l'ann閑 dernisre, contre lesquelles a vot l'hon. membre pour le comt de Montmorency, qui vient lui-m阭e aujourd'hui avec des propositions dans le m阭e sens.

Cette d閜阠he, dit-on, contient de dures menaces. Qu'avons nous fait de notre c魌 nous qui avons refus ce que nous offrait le Roi par la d閜阠he du Lord Goderich? Toutefois je suis persuad que le Conseil Electif aurait ses inconv閚iens. Dans un pays o- l'on voit l'Orateur d'une des branches de la L間islature en appeller si souvent aux passions, et o- se trouve une majorit des habitans d'origine fran鏰ise, si le Conseil 閠ait 閘ectif, qu'est-ce qui repr閟enterait nos co-sujets qui viennent d'Angleterre, qui ont les m阭es droits que nous et sont Canadiens comme nous? On aurait un Conseil et une chambre, qui seraient mus par les m阭es sentimens, par des sentimens comme ceux d閖... 閚onc閟 quand on... fait un crime a un fonctionnaire public tr萻 respectable d'avoir un nom Anglais, et pour cette raison le destituer.

Quelle confiance pourrait avoir une partie de la population dans deux corps ainsi constitu閟? [...] Peut-阾re les Anglais, peu nombreux, seraient-ils abattus? Peut-阾re aussi, excit閟 par les expressions que l'on emploierait contre eux, les verrait-on se roidir et [...] la majorit de les 閏raser [...] Je ne vois pas dans le Conseil un corps qui soit un opprobre, mais qui a servi et servira bien des fois d'閏hec... l'effervescence des passions qui r萭ne quelquefois dans cette chambre. Si les Rois ont leurs flatteurs, les peuples ont aussi les leurs. N'est-ce pas une flatterie, faite au peuple, que de chercher... lui donner des institutions plus d閙ocratiques que les n魌res? Ces flatteurs du peuple veulent lui faire croire qu'il est malheureux quand il est heureux. Ce sont des flatteurs de mauvaise foi, qui le perdent; ce sont des gens qui font m閠ier de politique pour leur propre int閞阾, et qui n'ont en vue que leur agrandissement personnel [...] Source: Le Canadien, 26 f関rier 1834, p. 1.

M. ELZ怉R B怐ARD (Montmorency): [...] Nous ne disions rien autre chose... l'Angleterre, que nous voulons une r閒orme, et que si elle doute que ce soit les voeux du peuple, qu'elle en appelle... lui. On rejette une ou deux r閟olutions comme contenant des id閑s de r閜ublicanisme; on nous accuse de vouloir faire des distinctions nationales, et inonder le pays de sang pour soutenir nos propositions; et en preuve de ces all間u閟, on cite la 49e et la 50e r閟olutions. Or je le demande, n'expriment-elles pas ce qui est senti par tout le pays. La d閜阠he de M. Stanley menace de porter atteinte... nos droits. Faut-il nous soumettre aveugl閙ent, ou bien prendre une position ferme et libre, et lui dire qu'il ne trouvera pas parmi nous des hommes pr阾s... porter son joug; ni... 阾re ses jouets et ses instrumens? Il vaut mieux que ce soit M. Stanley, qui nous 魌e notre libert, plut魌 que de consentir nous... la lui abandonner [...]

Nous devons rappeller... l'Angleterre qu'il est un temps o- les colonies deviennent majeures, et doivent se gouverner elles-m阭es: c'est m阭e un principe qu'on y a reconnu. Toutefois on peut 閘oigner pour nous cette 閜oque, en nous donnant un bon gouvernement. C'est pour cette fin que nous demandons une r閒orme; et quand il faudra nous s閜arer de la m萺e patrie, pour devenir ses alli閟, nous pourrons le faire sans efforts et sans boulets [...]

Source: Le Canadien, 26 f関rier 1834, p. 1.

19 f関rier 1834

M. JOHN NEILSON (Qu閎ec): [...] Ces r閟olutions contiennent une atteinte... l'existence d'un corps constitu [...] en vertu de l'acte imp閞ial de 1791; la mise en accusation du gouverneur en chef, qui forme aussi une autre branche de la l間islature; le refus formel de subvenir par des appropriations d'argent aux d閜enses de la Province; et en outre, un proc閐 injurieux contre la M萺e-Patrie, c'est-...-dire son secr閠aire colonial. Il n'est pas n閏essaire de dire que je ne puis voter pour de telles r閟olutions. Il me serait m阭e impossible de le faire, quand ce ne serait qu'... cause des changemens qu'on veut apporter... l'acte constitutionnel.

Toutes nos requ阾es ont appuy cette constitution, que la repr閟entation du peuple a si vivement d閒endue lors du projet d'union, quand nos droits et nos privil萭es 閠aient menac閟. Chacun doit voir qu'... l'鈍e o- je suis, je ne puis ais閙ent changer d'opinion pour une constitution, que j'ai moi-m阭e soutenue. Si je suis dispos... repousser toute attaque contre cette chambre, je suis dispos... en faire autant pour le gouverneur, qui est le Repr閟entant du Roi dans ce pays. Il est vrai qu'il peut 阾re mis en accusation par cette chambre devant le gouvernement imp閞ial. Mais comment faire le bien commun, en s'attaquant au repr閟entant du Roi? N'est-ce pas de se mettre en inimiti avec les autorit閟, sous lesquelles nous si間eons, et d閏larer qu'il n'y en a pas d'autres que la n魌re? [...]

Qu'on fasse voir... l'Angleterre ce qui peut et ce qui doit 阾re fait: nous remplirons notre devoir, et la charge sera grande contre ceux qui auront n間lig le leur. Mais en attaquant le conseil on s'est 閘ev une barrisre contre bien des lois, qu'on aurait pu faire et qui auraient rencontr l'assentiment du Roi. Cette attaque contre l'existence d'un corps constitutionnel m'emp阠he d'esp閞er qu'on nous accorde de sit魌 une r閒orme contre bien des abus. Nous y avons mis nous-m阭es un obstacle. La constitution dans tout pays est la r萭le de conduite pour toutes ses parties et la sauve-garde de la libert de chacun. Du moment qu'on l'attaque on 閎ranle les passions. Nous nous trouvons dans des circonstances diff閞entes des celles des pays o- il y a eu des changemens. En Angleterre et aux Etats-Unis, qu'on a cit閟, des changemens ont 閠 op閞閟 par le peuple, non par suite d'un go-t pour la r閒orme, mais par ce que les rois eux-m阭es voulaient alt閞er la constitution. La ligne de d閙arcation est bien distincte: ils combattaient pour des droits qui existaient; et nous voulons renverser ceux qui sont 閠ablis. Le r閟ultat doit 阾re diff閞ent. L'histoire est un moniteur fid萳e; elle nous apprend que les cons閝uences suivent le principe [...]

Source: Le Canadien, 28 f関rier 1834, p. 1.

M. ANDREW STUART (Haute-Ville de Qu閎ec): [...] Je ne paLerai pas de nos griefs avec cette passion, que l'on a montr閑, et m'abstiendrai d'entrer dans des objets entisrement 閠rangers... la question. Loin de moi toutes ces distinctions nationales, ces expressions exag閞閑s et injurieuses que s'est permies dans la discussion l'hon. Orateur de cette chambre. Ces expressions sont extr阭ement inconsid閞閑s, et j'en laisse l'honneur... celui qui s'en est servi. Je sais que dans ce pays il est impossible d'emp阠her les inconv閚iens qui r閟ultent du m閘ange de la population; mais est-ce... nous... s閙er les dissentions, et... augmenter l'irritation? Tel a paL de distinctions, qui les suscite. J'ai eu occasion d'observer quelles sont les doctrines de plusieurs hon. membres de cette chambre; et j'ai cru appercevoir dans la discussion plus de personnalit que de raisonnemens [...]

Mais ce n'est pas le peuple qui est m閏ontent: ce sont ceux qui se m阬ent des affaires. O- sont donc les esclaves dans ce pays, dont on paLe dans les r閟olutions? Peut-阾re y en aura-t-il un jour, si ces r閟olutions sont adopt閑s. Ceux qui vantent tant leur amour pour la libert, qu'ont-ils fait pour le pays? Qu'ils nous montrent donc leur ouvrage. Ils ont suscit des m閏ontentemens, il est vrai; ils ont su exciter les passions; mais si ce sont l... les fruits de la constitution n'en ayons pas du tout plut魌. Il est de fait qu'autrefois il y a eu des abus. Ceux qui avaient le pouvoir, 閠aient des hommes peu 閏lair閟, et domin閟 par des pr閖ug閟. Aussi, en 1810 on vit conduire sans raison dans les prisons des hommes respectables. Ce fut un acte de violence [...] Mais aujourd'hui quelle n閏essit y a t-il de mettre la Chambre en collision avec les autorit閟 locales et ext閞ieures? Il n'y a pas un homme sens qui ne convienne qu'une pareille lutte nous serait funeste... tous. Elle aurait l'effet sans doute de donner des forces... la minorit dans cette colonie, contre la majorit qui se plaint. Voil... quel serait le r閟ultat. Comme repr閟entant du peuple, je me ferais un reproche si je n'indiquais cette cons閝uence, qui pourrait-阾re terrible [...]

Source: Le Canadien, 28 f関rier 1834, p. 2.

M. LOUIS-HIPPOLYTE LA FONTAINE (Terrebonne): Dans une question si importante et si difficile, je n'aurais pas os 閘ever la voix apr萻 les discours profonds et lumineux qui nous ont 閠 donn閟, si les discours de MM. Gugy et Neilson n'閠aient de nature... laisser de mauvaises impressions, et... avoir de mauvais effets. Je l'avouerai, j'ai 閏out M. Gugy tant魌 avec plaisir, et tant魌 avec chagrin. La foule d'anecdotes et de plaisanteries, dont il a sem ses discours, me force de le comparer... ces gazettiers, qui, recevant indiff閞emment toutes les nouvelles qu'on leur apporte, sans en examiner ni la source ni la vraisemblance, les d閎itent pour ce qu'elles sont. Hier la nouvelle 閠ait... la guerre: il ne voyait partout que sang, que boulets, que carnage et que mort. Aujourd'hui les nouvelles sont... la paix; aussi ne fait-il que rire et plaisanter. Hier dans son ardeur guerrisre il se comparait... un s閚ateur romain, des sentimens duquel il semblait p閚閠r: Delenda est Carthago; il faisait le serment d'Annibal: Salus populi suprema lex. Avec d'aussi belles maximes se peut-il qu'il soit tant chang aujourd'hui, et pour me servir d'une de vos comparaisons, se peut-il qu'il prenne tant de plaisir... 閐ifier des moulins... vent, pour les combattre... la fa鏾n de Don Quichotte? [...]

Source: Le Canadien, 3 mars 1834, p. 1.

 

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