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Les Patriotes de 1837@1838 - Juin 1832 - La crise du choléra
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Juin 1832 - La crise du choléra
Article diffusé depuis le 10 mars 2000
 




L'impact social, économique et politique du choléra sur la population du Haut et du Bas-Canada sera perçue encore longtemps après que la maladie ait quitté le pays et l'imagination de la population restera fortement marquée par ce court mais intense épisode de la vie canadienne.

Vue aujourd'hui comme une des épidémies les plus dévastatrices de l'histoire du Canada avec les épidémie de typhus et de tuberculose qui avaient fait rage au dix-huitième siècle, l'épidémie de choléra sera toutefois la plus dévastatrice. Le cholera morbus, originaire d'Asie, avait rapidement atteint l'Europe en 1830, pour finalement arriver au Canada en 1832. C'est par l'arrivée à Québec d'un nombre impressionnant d'immigrants européens, environ 28 204 en 1832 (Godfrey, 1968:annexes) que la maladie a fait son entrée au Canada. Malgré les précautions prises par le gouvernement qui avait suivi sa progression en Europe par le biais de spécialistes envoyés sur le continent, le choléra fera des nombreuses victimes au Bas, comme au Haut-Canada. Dès 1831, le Conseil exécutif établit au Canada une quarantaine pour les bateaux qui entrent dans le port de Québec. En effet Grosse- Ile, une île près de Québec, devient un arrêt obligatoire pour les bateaux qui doivent être inspectés par les agents des bureaux de santé avant de poursuivre leur voyage. Les passagers de bateaux infectés doivent se laver et laver leurs baguages pendant que les bateaux sont désinfectés et que les gens atteints sont transportés dans des hôpitaux ou des cabanes réservés aux malades. Le gouvernement Aylmer crée également les bureaux de santé dont la principale fonction est d'assurer la prévention de la maladie. Les officiers des bureaux de santé tentent d'assainir les villes et d'informer les gens sur l'importance d'une bonne hygiène et d'une alimentation saine. Le choléra cause aux médecins de l'époque beaucoup de problèmes quant à son traitement. Comme il est même difficile de détecter le cholérique, étant donné le grande nombre et la diversité des symptômes, les médecins sont désemparés et aucun traitement efficace n'est connu. Le choléra frappe rapidement et sans prévenir, ce qui fait que les médecins n'ont pas le temps de traiter les patients et ceux-ci meurent, dans la plupart des cas, en 12 à 24 heures. Celui qui était frappé de la maladie tombait sans connaissance. Bientôt les vomissements et les déjections alvines se déclaraient; le malade éprouvait des coliques violentes, des crampes; il était saisi d'un froid glacial qui s'emparait de tous ses membres, peu de temps après il avait cessé de vivre (Bourdelais, 1987:59). Cet extrait d'une lettre émise par le Consul de France en 1830, résume la progression moyenne de la maladie et, pendant longtemps, c'est à peu près tout ce que l'on peut en dire. Les médecins ne savent pas comment elle se transmet, ne savent pas davantage comment la traiter, de sorte que pratiquement tous les traitements connus sont essayés sur les patients. Ce qui s'avère un traitement efficace chez un patient semble en tuer un autre et ce qui en tue un paraît aider l'autre. Persuadés que la maladie se propage dans l'air tellement sa progression est rapide, on va jusqu'à faire brûler du goudron et de la paille afin d'assainir l'air. L'eau est également vue comme porteur du germe, mais les conditions d'insalubrité des villes rend impossible l'approvisionnement en eau potable. Comme le prouveront les études ultérieures, l'eau était effectivement un des moyens de propagation de la maladie. Les pousées épidémiques de choléra sont associées à la réunion de deux conditions: eaux d'approvisionnement insalubres ou fortement exposées à la contamination; habitudes de défécation et installations d'évacuation des excreta favorisant la transmission (O.M.S, 1970: 95). La rapidité d'action et la virulence du choléra effraient la population, les médecins sont partagés sur les traitements qu'ils prodiguent et les membres du gouvernement ne savent plus où concentrer les efforts pour arrêter la progression de la maladie. Un des majeurs problèmes reliés au choléra est aussi le fait que le porteur du germe peut l'être pendant quelques jours sans en ressentir les symptômes, et donc, transmettre la maladie aux gens avec qui il entre en contact. C'est donc, entre autres, une des raisons qui font que le choléra ait réussit à atteindre la population même si des moyens pour éviter la contagion avait été mis en place dès la fin de l'année 1831.

Le nombre exact des victimes du choléra entre les mois de juin et octobre 1832 reste obscur encore aujourd'hui. L'état d'alarme de l'époque et le désir de calmer la population faisant que les données recueillies sont incomplètes et inégales. Goeffrey Bilson, dans A darkened house. Cholera in Nineteenth-Century Canada amène que des études contemporaines ont permis d'évaluer le taux de mortalité de l'époque à 45.7 pour mille dans l'ensemble de la province contre une moyenne annuelle normale de 37 pour mille. Respectivement, les taux estimés pour Montréal et Québec sont de 74 pour mille et 82 pour mille. Le choléra touche plus gravement la population du Bas-Canada que celle du Haut-Canada, dont le nombre de décès attribuables au choléra est nettement inférieur(Bilson, 1980: annexes).

L'épidémie de choléra aura un impact considérable sur la vie politique canadienne car les bureaux de santé sont vus par les Canadiens français comme un lieu de corruption où les amis des dirigeants britanniques pouvaient obtenir des postes importants. La question de l'immigration avait elle-même causée des problèmes car devant le refus de limiter l'accès des immigrants au Canada par le gouvernement, certains dirigeants canadiens-français avaient accusé les britanniques de vouloir introduire le choléra au Bas-Canada afin de décimer la population canadienne-française. Dans un contexte de tensions déjà existantes dues aux élections partielles du mois de mai qui s'étaient terminées par la mort de trois patriotes après que l'armée britannique ait ouvert le feu, l'épidémie de choléra de 1832 vient enflammer les discours politiques des Canadiens français.

De cette épidémie resteront les bureaux de santé, les efforts pour éduquer la population face à l'importance de la salubrité dans les villes et des règles de quarantaines plus strictes. La loi de Quarantaine du 25 février 1832 sera révoquée en 1833, mais lorsque la maladie refait son apparition l'année suivante, on procède à la réouverture de Grosse Ile. Le choléra touchera encore le Canada dans les années 1849,1854 et1866 mais, ses effets seront plus limités grâce au respect plus sévère des règles de quarantaine.

Julie Cantoro

BILSON, Geoffrey, A darkened house. Cholera in Nineteenth-Century Canada, Toronto, UTP, 1980, 222 p).; BOURDELAIS, Patrice et Jean-Yves Raulot, Une peur bleue. Histoire du cholera en France 1832-1854, Paris, Payot, 1987, 310 p. ; GODFREY, Charles M., The Cholera Epidemics in Upper Canada 1832-1866, Toronto, Seccombe House, 1968, 72 p.; ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ, Genève, 1970, 141 p.

 


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Consulté 16509 fois depuis le 10 mars 200
 Emye  (12 février 2006)
Très bon arcticle, il va me permettre de bien comprendre certaine attitude des personnages du livre Le canard de bois de Louis Caron.
 nicolas  (14 novembre 2005)
ça répond a beaucoup de mes question sur l`épédémie de choléra merci mon travail va etre excellent!!
 Denis Ferland  (13 septembre 2005)
Merci, très intéressant et utile dans mon travail de session pour m`enligner
   (20 mars 2005)
vomanskole. fartoufe nôjî partusque. martuniä pourmoche.
   (20 mars 2005)
vomanskole. fartoufe nôjî partusque. martuniä pourmoche.

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