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Les Patriotes de 1837@1838 - décembre 1837 - Affrontement de Moore's Corner
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décembre 1837 - Affrontement de Moore's Corner
Article diffusé depuis le 10 mars 2000
 




Moore's Corner: deux milles et demie à l'est de Philipsburg,là où la route de Swanton bifurque avec celle de Saint-Armand. Un groupe de Patriotes était passé aux États-Unispour s'y procurer des armes. Vers le 20 novembre ils voulurent tenter une incursion avec une centaine de fusils et deux canons.À huit heures du soir des éclaireurs loyalistes aperçurent le convoie avançant dans la nuit. Les Patriotes furent pris en embuscade. Ils retournèrent lefeu durant 20 minutes, mais la surprise de l'attaque les avait désorganisés. Ceux qui purent retraitèrent derrière la frontière, abandonnant le chargement d'armes. Lorsque le général Colborne apprit la sortie patriote il dépêcha 600 soldats et trois canons à Saint-Armand, mais l'attaque avait déjà été repoussée par des corps volontaires.


La bataille de Moore's Corner a lieu le 6 décembre 1837, à St-Armand, petit village situé à environ trois kilomètres à l'est de Philipsburg, au nord de la frontière, là où la route de Swanton bifurque avec celle de St-Armand. Après la défaite de St-Charles, plusieurs Patriotes se réfugient aux États-Unis dont Papineau, O'Callaghan, Davignon, Côté, Rodier, Gagnon et Robert Nelson (FORTIN, 1987:5). Ils improvisent une stratégie visant principalement à éviter les arrestations. Plusieurs événements s'enchaînent durant quelques jours: une échauffourée à St-Mathias (Pointe Olivier) le 28 novembre, suivie d'un raid sur Oka deux jours plus tard, la proclamation de la loi martiale le 5 décembre, la bataille de Moore's Corner le 6, puis la bataille de St-Eustache le 14 décembre et l'incendie de St-Benoît le 15.

Le soir du 6 décembre 1837 un groupe de 80 patriotes sous le commandement du docteur Cyrille Hector Octave Côté, fait une première tentative de rentrer en force au Canada à partir de Swanton au Vermont jusqu'à Moore's Corner (FORTIN, 1987:7; DUFFY, 1982:39). Ils veulent tenter cette incursion avec une centaine de fusils et un canon emprunté à la compagnie de milice du Vermont à Stowe (DUFFY, 1982: Quatre-vingt-douze). Ils avancent le long de la Baie de la Missisquoi avec deux drapeaux confectionnés par des dames de Swanton. Sont impliqués du côté patriote, outre le Docteur Côté, Julien Gagnon, cultivateur de la Pointe à la Mule qui rejoint les chefs exilés aux États-Unis vers la fin du mois de novembre et est chargé de rassembler une cinquantaine de Patriotes à Swanton, Pierre-Rémi Narbonne, peintre et huissier à St-Rémi et St-Edouard, aussi colonel à Odelltown l'année suivante et qui sera pendu le 15 février 1839, ainsi que Robert Bouchette. (FORTIN, 1987:9-17; DUFFY, 1982:92). Des éclaireurs loyalistes aperçoivent le convoi avançant dans la nuit. Ils barricadent l'église méthodiste de Philipsburg à l'angle de la route 133 et de la rue Montgomery, y entreposent des armes et des munitions et s'y reposent avant la bataille. Les Patriotes sont pris en embuscade par quelques centaines de loyalistes du comté de Missisquoi, commandés par le capitaine O.J. Kempt, dont les volontaires de Philipsburg, dirigés par Hiram Moore, qui les attendaient de pied ferme le long de la route de St-Armand (OURY, 1993:39; DUFFY, 1982:92 FORTIN,1987:6). La bataille ne dure qu'une vingtaine de minutes (DUFFY, 1982:92). Elle se déroule au centre du village, côté nord du pont, à l'angle du chemin Saint-Armand et du chemin St-Henri, devant la maison de Hiram Moore - qui est maintenant le bureau de poste de Saint-Armand - où sont détenus temporairement les Patriotes capturés le 6 décembre 1837. Abandonnant le chargement d'armes et le canon, la plupart des Patriotes peuvent retraiter derrière la frontière, à Swanton, dont Gagnon, atteint à deux reprises et qui sera aussi de la bataille d'Odelltown l'année suivante (FORTIN, 1987:20). Il y aura malgré tout un mort, trois blessés et un prisonnier patriote (DUFFY, 1982:62). Lorsqu'elle apprend la sortie patriote, l'armée dépêche 600 soldats et trois canons à Saint-Armand, mais l'attaque est déjà repoussée par les corps volontaires. Les Vermontais accueillent les Patriotes réfugiés et déclarent que, malgré les menaces des vils instruments du gouvernement tory, ils les aideront et les protégeront (DUFFY, 1982:92).

Certaines sources mentionnent la présence de deux canons du côté patriote (LES PATRIOTES, 2000). Pour ce qui est du nombre de patriotes impliqués, bien que la majorité des sources mentionnent le nombre approximatif de 80, on en suggère aussi 40 et jusqu'à cent Patriotes accompagnés de supporters américains (DUFFY, 1982:92).

L'événement s'inscrit dans une série d'escarmouches organisées par les Patriotes et leurs supporters américains à partir des États de New-York et du Vermont au cours de l'hiver 37-38 (DUFFY, 1982: 61). Il se veut un coup d'éclat, une diversion afin de brouiller les pistes à la suite du vol d'armes d'Elizabethtown et de détourner l'attention des préparatifs de St-Eustache. Bien qu'il résulte en une défaite cuisante, l'incident provoque la colère de l'opinion publique vermontaise et l'assemblée des philopatriotes américains à St-Albans, qui adoptent une série de résolutions visant à confirmer leur appui à la cause patriote; ils reprochent au Gouverneur Jennison d'avoir manqué à son devoir de protéger le Vermont, et dénoncent l'imposition de la loi martiale au Canada et les mesures telles que la fouille des Américains qui entrent dans la colonie britannique (DUFFY, 1982:92). Il est très représentatif de l'implication et de l'efficacité des groupes volontaires loyalistes de la région de Missisquoi qui ont joué un rôle majeur dans les batailles les opposant aux Patriotes et qui ont souvent réussi à mettre ces derniers en échec avant même que l'arme britannique ne s'implique. Aujourd'hui, des plaques commémoratives rappellent la bataille du 6 décembre 1837 devant l'hôtel de ville de St-Armand (Société nationale des Québécois Richelieu-Yamaska, comité des Patriotes de St-Armand), et le bureau de poste de St-Armand (Commission des monuments historiques du Québec) ainsi que devant l'église méthodiste de Philipsburg.

Claude Julie Bourque

FORTIN, Réal, Les Patriotes du haut-Richelieu et la bataille d'Odelltown, SNQ Richelieu-Saint-Laurent, 1987: 6-20).; OURY, Guy-Marie, Le Vermont au fil de l'histoire, Abbaye Saint-Pierre de Solsmes, Westfield, Vermont, 1993, 77 pages; DUFFY, John J, & MULLER, H, Nicholas III, An Anxious Democracy, aspects of the 1830's. Greenwood Press, Westport, Connecticut, 1982, 472 p.

 


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