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Les Patriotes de 1837@1838 - Lepailleur, François-Maurice (1806-1891)
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Lepailleur, François-Maurice (1806-1891)
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Né à Varennes le 18 décembre 1806, François-Maurice Lepailleur est fils de notaire. Il s'installe à Châteauguay où il est huissier. Le 1er juin 1829, il prend pour épouse Adélaïde-Domitilde Cardinal qui est la sœur de Joseph-Cardinal, soit le chef patriote de Châteauguay. Il a deux fils qui se prénomment Jean-Baptiste et Alfred.

Lepailleur est l'un des 58 patriotes du Bas-Canada qui furent déportés en Australie en 1839. Son implication remonte à 1838 puisqu'il n'a pas participé aux premiers affrontements de 1837. " Dès le début de novembre 1838, il est à la tête de patriotes qui n'attendent que les secours américains pour livrer bataille aux forces britanniques. " (Lovell, 1839, Quatre-vingt-douze-93). Comme l'aide espérée ne vient pas et qu'ils souhaitent à tout prix l'indépendance de leur patrie, Lepailleur et les autres chefs, dont Cardinal et Duquet, décident de se procurer eux-mêmes des armes et des munitions. Avec 75 hommes, il marche de Châteauguay à Caughnawaga où ils souhaitent rafler les armes aux Amérindiens. Le coup échoue et 64 hommes sont capturés. Les prisonniers sont envoyés à Lachine, puis emprisonnés à Montréal. Le 28 novembre, il est traduit devant la cour martiale. Il fait partie du premier procès devant le tribunal du gouverneur Colborne. Le 8 décembre, " il est trouvé coupable de rébellion et condamné à mort. La sentence sera commuée en bannissement à vie en Australie " (Séguin, 1972, 13). Avant son départ, il laisse des lettres d'adieux à sa femme et à ses fils.

Le 28 septembre 1839, tout comme les 57 autres Patriotes du Bas-Canada, Lepailleur quitte sa terre natale à bord du Buffalo. Il connaît la misère durant les cinq mois que dure le voyage jusqu'aux terres australes. Dès la nouvelle de son départ, jusqu'à son retour en Amérique, il tient un journal quotidien. Il mentionne toujours la température ainsi que la journée de la semaine. Souvent, il n'écrit rien d'autre, ou bien à peine quelques phrases qui décrivent les faits marquants de sa journée. C'est aussi dans ce cahier qu'il tient ses comptes et le nombre de lettres qu'il envoie à son épouse. " 5 mars 1843. Dimanche. T.S. Écrit aujourd'hui une lettre pour Robert et une pour ma Chère Domitile. " (Lepailleur, 1843, 77). De plus, comme il est instruit, plusieurs de ses compagnons illettrés lui demandent d'écrire des lettres pour eux.

Durant son séjour en Australie, Lepailleur gagne sa vie comme peintre. Selon ses écrits, il ne manque pas de travail et se fait même des amis auprès des gens qui l'engagent. " ...Lepailleur travailla pour monsieur Neich, son grand ami, qui tenait un hôtel en face du camp de l'autre côté de Parramatta Road. " (Bergevin, 1991, 27). Tout ce travail, il le fait dans un seul but; pouvoir payer son billet de retour. Cela lui est possible le 8 juillet 1844 quand il s'embarque avec 27 autres patriotes en direction de Londres. Il y arrive 139 jours plus tard et se dirige vers New York, où il débarque le 13 janvier 1845. Il est de retour chez lui six jours plus tard.

Lepailleur est très heureux de revoir son épouse, mais il a tout perdu puisque sa maison a été brûlée par ordre de la Cour et ses biens ont été pillés. Pour s'en sortir, il reprend son métier d'huissier et déménage de Châteauguay à Montréal. Il fait une demande d'indemnisation suite aux pertes qu'il a subi, mais il ne reçoit rien parce qu'on le qualifie de rebelle.

En 1856, Lepailleur n'est pas au bout de ses peines puisque son épouse meurt en mai de cette année. Son meilleur ami et beau-frère Cardinal ayant été pendu le 21 décembre 1838, Lepailleur se marie donc une deuxième fois avec la veuve de celui-ci, Eugénie Saint-Germain. François-Maurice Lepailleur mourut le 20 mars 1891 à l'âge de 84 ans, dix semaines après François-Xavier Prieur qui, lui aussi, avait été déporté en Australie. Les douze dernières années de sa vie, il les a vécues chez l'un de ses fils sur la rue Sanguinet. " C'est là, rue Sanguinet à Montréal, que l'ont connu de nombreux admirateurs de ce digne vieillard, si doux, si bon, si affable, si gentilhomme, qui comptait autant d'amis que de connaissances! " (Saint-Elme, 1891). Lors de son enterrement, une foule nombreuse a tenu à lui rendre un dernier hommage en se joignant au cortège funèbre allant le reconduire au cimetière de la Côte-des-Neiges. Lepailleur repose en ces lieux avec d'autres des siens, dont Prieur et Cardinal. Aujourd'hui, dans l'Est de Montréal, on retrouve une rue ainsi qu'une place portant son nom dans un quartier où l'appellation des rues est à saveur patriotique.

TINA RIOUX

BERGEVIN, Henri, Les patriotes exilés en Australie en 1839, Joliette, La société de généalogie de Lanaudière, 1991, 52 p.; LEPAILLEUR, François-Maurice, Journal d'exil, la vie d'un patriote de 1838 déporté en Australie, présenté par Robert-Lionel Séguin, Montréal, éd. du Jour, 1972, 199 pages.; LOVELL, John, Trial of Joseph N. Cardinal, and others, to which are added, the argumentative in favour of the prisonners, and several other precioux documents,, Montréal, 1839, ?; SAINT-ELME, Jules, M.François-Maurice Lepailleur, décédé, Le monde illustré, Montréal, 4 avril 1891.; SÉGUIN, Robert-Lionel, préface d'un Journal d'exil, la vie d'un patriote de 1838 déporté en Australie François-Maurice Lepailleur, Montréal, éd. du Jour, 1972, 199 p.

 

Recherche parmi 15772 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



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