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Les Patriotes de 1837@1838 - Tracey, Daniel
 BIOGRAPHIE 
     
Tracey, Daniel
Article diffus depuis le 20 mai 2000
 




M閐ecin, propri閠aire et r閐acteur en chef du journal le Vindicator, homme politique. Figure embl閙atique des R閎ellions de 1837-1838, nous savons pourtant peu de chose de cet homme dont la br鑦e pr閟ence en sol canadien (1825-1832) allait marquer notre histoire. Sa date de naissance nous est ainsi inconnue, mais il serait n en Irlande vers 1794 dans le comt de King (DBC, 1966 : 864). Son 閜itaphe indique cependant qu'il 閠ait natif de Roscrea, dans le comt de Tipperary (BHR, 1927 : 492). Il serait fils de Denys ou Michael Tracey, marchand, et d'Ann Manford ou Mainfold. Issu d'une famille catholique et tr鑣 t魌 orphelin, il aurait 閠 recueilli avec son fr鑢e John et sa s渦r Ann par un de ses oncles. A l'鈍e de vingt ans, en 1814, nous le retrouvons au Trinity College de l'University of Dublin d'o il gradue pour entreprendre vraisemblablement des 閠udes de m閐ecine au Royal College of Surgeon de Dublin. Admis la pratique de la m閐ecine et de la chirurgie qu'il pratique dans cette ville, son talent est vite reconnu. On lui attribue cependant une grande hostilit envers le gouvernement britannique, qui exerce alors un pouvoir despotique sur les catholiques irlandais. Peut-阾re pouss par la surpopulation, la famine ou la situation politique en Irlande, Daniel Tracey arrive Montr閍l en 1825 accompagn de son fr鑢e et de sa s渦r.

Daniel Tracey met peu de temps faire sa marque dans son nouveau milieu. Toujours hostile au gouvernement britannique, il trouve dans ce Bas-Canada en pleine mutation un terrain fertile o exprimer son m閏ontentement. Catholique et Irlandais, il devient rapidement une figure importante de la communaut irlandaise de Montr閍l. Quoique difficilement chiffrable, cette communaut ne cesse d'augmenter en nombre depuis 1818 alors que l'immigration des Irlandais se fait de plus en plus intense Qu閎ec et Montr閍l. Bien que de langue anglaise, les Irlandais se d閏ouvrent rapidement des affinit閟 avec les Canadiens fran鏰is travers leurs aspirations nationales et leur confession religieuse commune.

Daniel Tracey d関eloppe ainsi rapidement un int閞阾 pour la politique. En d閏embre 1827, deux ans peine apr鑣 son arriv閑 au Bas-Canada, il participe activement au mouvement de protestation contre le gouverneur Dalhousie qui refuse de reconna顃re la nomination de Louis-Joseph Papineau comme pr閟ident de la Chambre d'Assembl閑. Cette d閏ision provoque un toll. Partout des assembl閑s s'organisent et des p閠itions se mettent en branle. A cette occasion, Daniel Tracey re鏾it la signature de 400 Irlandais de la rivi鑢e du Nord, dans le comt d'York " demandant le rappel de Son Excellence George, comte de Dalhousie, le gouverneur actuel " (Lacoursi鑢e, 1996 : 242). Un an plus tard, le 12 d閏embre 1828, Daniel Tracey fonde un journal bi-hebdomadaire, l'Irish Vindicator and Canada General Advertiser qui deviendra le Vindicator and Canadian Advertiser, mieux connu sous son diminutif le Vindicator. D閒enseur la fois de la cause irlandaise et des Canadiens fran鏰is, ce journal politique d'inspiration lib閞ale, dont la devise est " Justice to all classes; monopolies and exclusive privileges to none ", s'inscrit dans la continuit du Canadian Spectator et de son journaliste irlandais Jocelyn Waller. Il se r関鑜e rapidement aussi revendicateur et audacieux que le journal La Minerve de Ludger Duvernay. Daniel Tracey et son coll鑗ue et ami, le docteur Edmund Bailey O'Callaghan, qui agit comme 閐iteur-adjoint, sont de fervents admirateurs de Louis-Joseph Papineau, qu'ils consid鑢ent comme le Daniel O'Connell des Canadiens fran鏰is. Deux 関閚ements vont permettre Daniel Tracey de laisser sa trace dans l'HISTORIOGRAPHIE des r閎ellions. Le premier est son arrestation pour diffamation envers le Conseil l間islatif et, le second, son 閘ection comme d閜ut du Quartier-Ouest de Montr閍l.

Dans un 閐itorial du Vindicator dat du 3 janvier 1832, Tracey propose, comme son coll鑗ue Duvernay de La Minerve, dans un article du 9 janvier, l'abolition du Conseil l間islatif qui constitue ses yeux une nuisance, une entrave la d閙ocratie. Ils sont tous deux arr阾閟 le 13 janvier suivant et conduit Qu閎ec. Reconnu pour sa grande susceptibilit - c'est tout de m阭e la premi鑢e fois que le Conseil l間islatif ordonne une arrestation (Mullally, 1934 : 40) - Daniel Tracey, qui assume enti鑢ement ses propos, est emprisonn du 17 janvier au 25 f関rier 1832. Une fois lib閞, il est accueilli en v閞itable h閞os national tout le long du trajet entre Qu閎ec et Montr閍l. Une foule consid閞able attend d'ailleurs nos deux hommes Montr閍l o ils re鏾ivent les salutations de Papineau ainsi qu'une m閐aille en or. Ce nouveau prestige acquis par Daniel Tracey lui assure l'appui de la population patriote alors qu'il se pr閟ente deux mois plus tard comme candidat une 閘ection partielle.

L'閘ection partielle du Quartier-Ouest du printemps 1832 est un 関閚ement-cl qui t閙oigne de l'acuit des probl鑝es ethniques, sociaux et politiques que vit alors le Bas-Canada. Elle d閎ute le 25 avril 1832 et vise remplacer le d閜ut d閙issionnaire John Fisher. Daniel Tracey se pr閟ente alors comme candidat. D閒enseur de la cause patriote, il est appuy par de nombreux Irlandais et par des Canadiens fran鏰is tels que Louis-Joseph Papineau, Louis-Hippolyte Lafontaine, C鬽e-S閞aphin Cherrier, Jacob De Witt ainsi que par la plupart des artisans, agriculteurs, charretiers et journaliers que comptait cette circonscription (Galarneau, 1979 : 573). Son programme est clair : il veut le contr鬺e de la liste civile, une r閒orme du Conseil l間islatif et il s'inqui鑤e des vis閑s de la British American Lands Company qui agirait contre les int閞阾s des Canadiens. Son opposant bureaucrate, Stanley Bagg, influent marchand anglais d'origine am閞icaine, est appuy par les Anglais, les 蒫ossais et quelques Canadiens. L'閘ection s'閠end sur 23 jours de scrutin marqu閟 par la violence entre partisans des deux groupes. Le vingt-deuxi鑝e jour de l'閘ection conna顃 un d閚ouement tragique et sanglant. Alors que Tracey m鑞e le scrutin par trois voix, les esprits s'閏hauffent sur la Place d'Armes et des magistrats supporteurs de Bagg font intervenir l'arm閑 britannique qui ouvre le feu sur la foule en laissant sans vie trois Canadiens fran鏰is. Le lendemain, le 22 mai 1832, Tracey re鏾it une voix de plus et est officiellement 閘u d閜ut du Quartier-Ouest.

Un mois plus tard, le chol閞a appara顃 Montr閍l. Daniel Tracey, ayant peine eu le temps de si間er l'Assembl閑, exerce sa profession de m閐ecin et soigne les victimes de la terrible maladie; il la contracte son tour et d閏鑔e le mois suivant, le 18 juillet 1832. C閘ibataire, il laisse dans le deuil son fr鑢e et sa s渦r. Son journal est rachet par 蒬ouard-Raymond Fabre qui en confie la direction son ami Edmund Bailey O'Callaghan. Au moment de rendre son dernier souffle, une foule de 400 500 personnes veillait sa porte. Ses derni鑢es paroles confirmaient l'amour qu'il portait la cause des Canadiens fran鏰is : " Dites-leur que mon dernier soupir et ma derni鑢e pens閑 iront pour eux " (Lacoursi鑢e,1996 : 277).

Normand Trudel

Galarneau, France, Tracey, Daniel, DBC, PUL, 1966, vol.6: 864-865.; Galarneau, France, L'閘ection dans le quartier-ouest de Montr閍l en 1832: analyse politico-sociale, RHAF, vol.32 (1978-1979), 4 :565-584.; Mullally, E. J., Dr. Daniel Tracey, a pioneer worker for responsible government in Canada, La Soci閠 canadienne d'histoire de l'蒰lise catholique, 2 (1932): 33-45.; Lapalice, Ovide, Le docteur Daniel Tracey, Bulletin des recherches historique, 33 (1927): 492-493.; Lacoursi鑢e, Jacques, Histoire populaire du Qu閎ec, tome 2, de 1791 1841, Montr閍l, Septentrion, 1996, 446 p.

 

Recherche parmi 15772 individus impliqu閟 dans les r閎ellions de 1837-1838.

 



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