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Les Patriotes de 1837@1838 - Papineau, Rosalie (1788-1857)
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Papineau, Rosalie (1788-1857)
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Rosalie Papineau est née le 18 février 1788 à Montréal. Fille cadette de joseph Papineau et Marie-Rosalie Cherrier et donc sœur de Louis-Joseph Papineau, elle décède à Saint-Hyacinthe le 5 août 1857. En février 1866, après un court " exil " dans la seigneurie " La Petite Nation ", elle prend pour époux un veuf de vingt-deux ans son aîné : Jean Dessaulles. Le couple habite immédiatement le manoir de la seigneurie de Saint-Hyacinthe. De ce mariage naissent trois enfants ; Louis-Antoine (1818), Rosalie-Eugénie (1824) et Georges-Casimir (1827). À la mort de son mari, elle devient propriétaire de la moitié de la seigneurie.

Souvent laissée seule puisque son mari est député du comté de Richelieu (1816-1829), elle prend une part active à l'expansion et au début de l'organisation de ce qui deviendra la ville de Saint-Hyacinthe (Dion, 1984: 292). Puis, toujours durant ses moments de " solitude ", Rosalie Papineau-Dessaulles trouve également le temps de correspondre avec son mari ainsi qu'avec son frère qui s'implique de plus en plus dans l'avenir politique du pays.

Tout au long de sa vie, la seigneuresse fait preuve de charité et de noblesse d'âme, ce qui lui vaut le surnom de " la Providence des Pauvres ". À ce titre, elle transforme son manoir de Saint-Hyacinthe en dispensaire et accueille les pauvres, les déshérités et les cholériques. Dans le même ordre d'idée, elle se fait " oiseleuse " et transforme les tourtes recueillies en de multiples ragoûts afin de les porter aux malades ou de les distribuer aux indigents. La tradition raconte que les tourtières de Mme Dessaulles étaient les meilleures entre toutes (Choquette, 1930: 85-86). Elle est également la fondatrice, et première présidente, du comité des Dames de la Charité (Dion, 1984:293).

Le dépôt des Quatre-vingt-douze résolutions entraîne la structuration de deux groupes opposés. Le climat s'envenime rapidement et, devant la crainte de violence, madame Jean Dessaulles écrit à Julie Papineau afin d'offrir l'hospitalité à elle et ses enfants (Parizeau,1975: 56). Puis, peu avant les insurrections, soit au courant de l'été 1837, la veuve de Jean Dessaulles est l'hôte de son frère Louis-Joseph. Cette visite ne passe pas sous silence. Plusieurs individus qui venaient tout juste de pratiquer un charivari à Sir John Colborne se rendent, sous l'impulsion de Thomas Bouthillier, en face de chez elle afin d'acclamer Papineau. Un mai est d'ailleurs planté en face de l'église dès le lendemain afin de souligner le passage de l'Orateur (Chabot, 1975: 212-213).

Lors des insurrections de 1837-1838, la seigneuresse Rosalie Papineau-Dessaulles appuie les rebelles (Dion, 1984: 292). Le manoir qu'elle habite sert de relais autant pour les insurgés en fuite vers les États-Unis que pour les régiments anglais en campagne qui doivent passer la nuit dans la seigneurie; soldats qui d'ailleurs fouillent à plusieurs reprises son domaine. En effet, ceux-ci ne sont pas sans connaître son lien de parenté avec le chef des rebelles. Malgré cette présence militaire, la mère de Louis-Antoine Dessaulles fournit son appui aux insurgés qui tentent de se soustraire à la justice; rôle qui, selon certains, était dévolu aux habitants de Saint-Hyacinthe (Filteau, 1980: 345). Ainsi, après la défaite de 1837, elle héberge durant près de deux mois son frère André-Augustin qui fut des combats de Saint-Denis et de Saint-Charles. Elle réitère pour son autre frère, Louis-Joseph, qui arrive le soir même de la bataille de Saint-Denis (23 novembre). Il y demeure peu de temps, moins d'une semaine, soit le temps nécessaire pour qu'il prépare, et qu'elle assure, sa fuite vers les États-Unis (Société, 1998: 77). Il en va de même pour Edmund Bailey O'Callaghan qui l'accompagne (Filteau, 1980: 348). Parmi les gens qu'elle accueille chez elle, on y retrouve la fille du docteur Wolfred Nelson de Saint-Denis qui arrive le lundi précédent la bataille de Saint-Denis (Choquette, 1930: 144), de même qu'Amédée Papineau, fils de Louis-Joseph, qui s'y rend suite aux événement de novembre 1837. Elle aide d'ailleurs ce dernier à fuir vers la frontière des États-Unis et ce, avec l'aide du directeur du collège de Saint-Hyacinthe ; J.C. Prince (Parizeau, 1976: 63-64).

Le rôle de Rosalie Papineau-Dessaulles lors des insurrections ne se résume pas qu'à accueillir et cacher passivement les rebelles en fuite vers les États-Unis. En effet, si on en croit le témoignage de Joseph Sicard, serviteur chez Rosalie Papineau-Dessaulles, cette dernière aurait fait parvenir " deux poches pleines de pains " aux insurgés de Saint-Charles (Choquette, 1930:143). Suite aux troubles et à l'atmosphère d'hostilité qu'elle sent autour d'elle, la seigneuresse quitte son manoir pour aller se réfugier chez son frère Toussaint. Elle revient un an plus tard afin de voir à ses finances et s'occuper des nécessiteux (Parizeau, 1975: 73). Cinq ans avant son décès, la seigneurie initiale est divisée en trois, une partie pour chacun des enfants. Puis, le 5 août 1857, cette femme méthodique, ordonnée et orientée vers le devoir et l'action qu'est Rosalie Papineau-Dessaulles rend l'âme. La seigneurie de Saint-Hyacinthe sera désormais administrée par Louis-Antoine Dessaulles.

Daniel Magnan

CHABOT, Richard, Le curé de campagne et la contestation locale au Québec de 1791 aux troubles de 1837-38, Montréal, Hurtubise, 1975, 242p.; CHOQUETTE, C.-P. Mgr, Histoire de la ville de Saint-Hyacinthe, Saint-Hyacinthe, Richer et Fils, 1930 :113-161.; DION, Jean-Noël (sous la dir. de), Saint-Hyacinthe, des vies des siècles, une histoire. 1757 à aujourd'hui, chapitre 1480 des Femmes Moose de Saint-Hyacinthe, 1984 :291-293. ; FILTEAU, Gérard, Histoire des Patriotes, Ville St-Laurent, Éditions Univers, 1980, 493p.; SOCIÉTÉ D'HISTOIRE RÉGIONALE DE SAINT-HYACINTHE, Saint-Hyacinthe 1748-1998, Sillery, Septentrion, 1998, 405p. ; PARIZEAU, Gérard, Les Dessaulles, seigneurs de Saint-Hyacinthe, Montréal, Fides, 1976, 159p.

 

Recherche parmi 15772 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



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