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Les Patriotes de 1837@1838 - Bédard, Pierre-Stanislas
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Bédard, Pierre-Stanislas
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Issu d'une famille rurale et paysanne de Charlebourg, Pierre-Stanislas Bédard sera le premier de sa famille à jouer un rôle dans la destinée canadienne-française au dix-neuvième siècle. Joseph-Isidore, un de ses fils deviendra député de Saguenay ainsi que son frère Elzéar, celui-là même qui présenta les Quatre-vingt-douze Résolutions à l'Assemblée législative en février 1834 (Dionne, 1909 :161;221).

Pierre-Stanislas Bédard appartient à la première génération de politiciens canadiens-français à avoir défendu la cause nationale. Il démontre une pleine confiance envers les institutions britanniques, le roi et son gouverneur, qu'il voit comme étant " la personne sacrée de sa Majesté et [les Canadiens se doivent de] lui appliquer les mêmes maximes " (Dionne, 1909 : 38).

Fils de paysan, Bédard opta plutôt pour une carrière professionnelle et fut reçu avocat en 1790. Selon Dionne (1909 : 8) " quelques années de pratique lui suffirent pour obtenir la réputation incontestée de premier avocat de son temps ". Il est passionné de droit constitutionnel. Bédard est un des premiers hommes politiques à avancer l'idée de responsabilité ministérielle (Chapais, 1923 : 117). Il dénonce les " personnages de marque occupant de très hautes charges, lesquels, tout irresponsables qu'ils fussent, conseillaient le gouverneur en petit comité. Mais qui, dit-il, eût osé venir devant la Chambre ou devant le public, et dire : "C'est moi qui ai conseillé le gouverneur en telle et telle circonstance ? " " (Dionne, 1909 :38-39). Cependant, Ouellet (DBC, vol VI : 46) soutient que " Bédard n'est pas tellement enchanté par la carrière qu'il a choisie ". C'est dans l'arène politique qu'il retrouve un environnement qui lui sied davantage. Il est élu pour la première fois en 1792 dans le comté de Northumburland, qu'il représentera jusqu'en 1808 Il représente ensuite la basse-ville de Québec, puis le comté de Surrey jusqu'en 1812. D'un milieu modeste, Bédard devient à partir de 1805 le principal définisseur de l'idéologie du Parti canadien s'adressant aux classes moyennes canadiennes-françaises. Il est de ceux qui croient au puissant pouvoir de la presse sur l'opinion. Bédard est un ardent défenseur de la liberté de presse. " C'est cette liberté de presse qui rend la constitution d'Angleterre propre à faire le bonheur des peuples qui sont sous sa protection " (Dionne, 1909 : 47). Avec Taschereau et Blanchet, il écrit au Canadien, fondé en novembre 1806, où il défend les intérêts des Canadiens à l'intérieur de la constitution britannique. C'est à travers ses textes dans Le Canadien que la pensée politique de Bédard s'affirme et se précise. Il salue cette constitution où " tout le monde est à sa place, [où] le peuple a ses droits [et où] les grands ne peuvent pas aller au-delà des bornes que la loi met à leur autorité " (Le Canadien, 4 novembre 1809 dans DBC, vol VI : 47). Ce sont ces droits du peuple et les abus de ces " grands " qu'il s'affaira à mettre au jour à travers son journal. Adversaire du Courier de Québec et du Quebec Mercury, Bédard s'attire les foudres des dirigeants coloniaux en affirmant à propos de la constitution de 1791, qu'il juge " la plus capable de faire notre bonheur " que " malheureusement, la manière dont elle est administrée, jusqu'ici, lui donne un effet bien opposé à cette intention " (DBC, vol VI : 48). Le gouverneur Craig, sous la pression des bureaucrates, fit saisir Le Canadien le 17 mars 1810 et perquisitionner ses locaux. Le 19, Bédard fut arrêté, en compagnie de Taschereau et Blanchet, tous trois propriétaires du journal, et accusés de menées traîtresses (Dionne, 1909 : 102). Ses deux associés sont relâchés quelques temps plus tard pour des raisons de santé; Bédard demeura seul incarcéré. Bien que le gouverneur lui proposa la liberté en échange d'une demande de pardon, confession d'une faute non commise selon lui, Bédard continua de clamer qu'il ne sortirait de prison " que lorsqu'un corps de jurés aura bien et dûment déclaré [son] innocence " (Dionne, 1909 : 113). Après une année de détention, devant l'impasse, le gouverneur fit expulser de prison Bédard qui refusait toujours de sortir sans procès juste. En 1812, il accepta d'être nommé juge à Trois-Rivières, le privant ainsi de pouvoir de siéger à l'Assemblée législative. Il regrettera plus tard cette décision. Pierre-Stanislas Bédard mourut le 26 avril 1829 des suites d'une maladie qu'il avait contractée lors de son séjour en prison.

François Bellemare

CHAPAIS, Thomas. Cours d'histoire du Canada, tome IV 1833-1841, Québec, Librairie Garneau, 1923.; DIONNE, N.-É.. Pierre Bédard et ses fils, Québec, Laflamme et Proulx, 1909.; OUELLET, Fernand. Bédard, Pierre-Stanislas, DBC. Vol VI : 45-53.

 


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