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Les Patriotes de 1837@1838 - <i>LA COMPLAINTE DES HIVERS ROUGES.</i> Une analyse de la pièce de Roland Lepage
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LA COMPLAINTE DES HIVERS ROUGES. Une analyse de la pièce de Roland Lepage
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Roland Lepage est né à Québec le 31 octobre 1928. Il fait ses études classiques au Petit séminaire de Québec où il un baccalauréat ès art en 1947 (Laberge, 1987 : 170). En 1949, il obtient sa licence en lettres à l'Université Laval. Il débute sa carrière théâtrale avec les Comédiens de la Nef au théâtre de Québec, mais joue aussi dans les théâtres de Montréal. Il ira en France (1949-51) pour y étudier l'art dramatique au Centre dramatique de Bordeaux. À son retour, il anime la troupe de comédiens de Québec et participe à de nombreuses émissions de théâtre radiophonique. En 1956, il devient comédien et auteur de textes pour Radio-Canada, participant plus particulièrement à des émissions pour enfants.. En 1978, sa pièce Le Temps d'une vie reçoit le " Chalmers Canadian Play Award ", décerné pour la meilleure pièce canadienne présentée à Toronto. Roland Lepage est membre de l'Union des artistes. Ses autres œuvres sont La complainte des hivers rouges (1974), La Pétaudière 1975, Le Théâtre sur commande (1975) et Icare : fantaisie mythologique pour enfants (1979).

C'est en 1974 que paraît la pièce La complainte des hivers rouges. Roland Lepage avait auparavant, en automne 1973, reçu une commande de l'École nationale du Théâtre pour l'écriture d'une pièce historique, mais le projet avorta. Peu de temps après, un professeur de l'École, Michelle Rossignol, demande à Lepage une pièce de style historique, mais dans le genre " complainte ". Le texte devra être adapté pour un groupe de 5 hommes et 4 femmes. " Exaspéré par la victoire libérale encore toute récente, Lepage complète en un mois sa pièce la plus engagée, La complainte des hivers rouges. " ( Laberge, 1987 : 171). Aussi sent-on à travers l'œuvre la tendance nationaliste propre à l'auteur. La pièce est jouée la première fois au Studio du Monument national le 27 mars 1974. Elle fut certes reprise par des comédiens différents, mais n'a jamais été rééditée. La pièce ne semble pas avoir été reprise depuis 1980. (Laberge, 1987 : 171).

La Complainte pourrait se résumer à un récit, une narration plus ou moins chronologique des événements de 1837-1838. Les faits historiques racontent les malheurs des habitants du Bas-Canada pendant les hivers de la fin des années 1830 : les humiliations infligées par l'armée anglaise, la destruction des villages, les trahisons, les traitements cruels, les arrestations, jusqu'à la pendaison des Patriotes. La pièce met en scène neuf acteurs qui racontent, qui chantent et qui jouent les Rébellions. Le texte est écrit dans la langue populaire, décochant des expressions typiques du pays ( " Y a les riches, qui étaient cont' ec' qui risquait d'leû faire pard' leûr argent. "), utilisant aussi l'anglais lorsque des personnages de l'armée britannique sont incarnés. Il n'y a pas de héros dans la Complainte : les 9 comédiens incarnent tour à tour des personnages différents (parfois célèbres, comme Chénier, Cardinal, Lorimier et Duquet) dans des situations changeantes. Il n'y a pas non plus d'intrigue générale, mais plusieurs faits plus ou moins importants qui ont caractérisé le mouvement révolutionnaire (batailles de St-Denis et de St-Charles, massacre de St-Eustache, incendie de St-Benoit, meurtre de l'espion Chartrand, position de l'Église catholique, arrestations et procès des Patriotes, suppliques aux autorités anglaises, etc). La pièce se termine toutefois de la même façon que les rébellions se sont éteintes, c'est-à-dire par la pendaison de 12 patriotes à Montréal.

Pour écrire son œuvre, Roland Lepage s'est inspiré du livre de Laurent-Olivier David, Les Patriotes de 1837-1838. Tout au long du récit, Lepage utilise plusieurs documents célèbres, comme les sermons imposés par Mgr Lartigue, la dernière lettre de Lorimier, les supplications des femmes au gouverneur Colborne et à sa femme, etc. Par contre, les faits sont en quelques sortes racontés par les habitants du Bas-Canada eux-mêmes, il ne sont donc pas empreints d'une totale objectivité. Yves Laberge, dans son article sur la Complainte, dit cependant que la pièce demeure un œuvre importante car elle comble ingénieusement les lacunes de certains cours d'histoire nationale. (Laberge, 1987 : 171). Plusieurs éléments qu'on omet souvent de raconter, comme les trahisons ou les humiliations infligées au peuple français, sont ici bien mis en valeurs.

Lorsque l'on regarde le contexte dans lequel la pièce a été écrite, il est plus facile de saisir le sentiment nationaliste qui animait l'auteur. En effet, l'œuvre a été écrite " au lendemain du scrutin provincial du 29 octobre 1973 " (Laberge, 1987 : 171), élection emportée par le Parti libéral, ou, selon Lepage, les Rouges. Dans son œuvre, Lepage essaie-t-il de montrer que le peuple canadien-français fut et est encore victime de son gouvernement? La complainte politique sur laquelle se termine la pièce montre plutôt le Québec comme une nation qui sera toujours soumise à une autre, un peuple résigné à son sort et qui essaie d'en tirer le meilleur parti possible.

Joëlle Morin

LÉGARÉ, Yvon, Dictionnaire des écrivains québécois contemporains, 1970-1982, Québec ; Amérique, Québec, 1983 :; LABERGE, Yves, dans Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, T. 5 : 1970-1975, " La ; complainte des hivers rouges ", Fides, Montréal, 1987, pp : 170-171; LEPAGE, Roland, La complainte des hivers rouges, Leméac, 1974, 101p., coll. " Répertoire québécois ".

 


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