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Les Patriotes de 1837@1838 - <I>Le Richelieu héroïque.</I> Analyse du roman de Marie-Claire Daveluy
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Le Richelieu héroïque. Analyse du roman de Marie-Claire Daveluy
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Née à Montréal en 1880, Marie-Claire Daveluy commence sa carrière en 1917 comme bibliothécaire. Pionnière de ce domaine, elle participe activement à la fondation de l'École de bibliothécaires à l'Université de Montréal et de l'Association canadienne des bibliothécaires de langue française; elle est aussi la première femme à devenir membre de la Société d'histoire de Montréal (Bibliothèque Nationale du Canada). Sa carrière d'écrivain fut assez prolifique puisqu'en plus du roman Le Richelieu héroïque, dont il est question dans cet article, elle rédige plusieurs autres œuvres: Une révolte au pays des fées, Sur les ailes de l'oiseau bleu, Les aventures de Perrine et Charlot ou encore les deux suites au livre Le Richelieu héroïque, c'est-à-dire, Michel et Josephte dans la tourmente et Le mariage de Josephte.

Le roman qui nous intéresse prit forme lors des années 1937-1938, période où une panoplie de livre sur les Patriotes fut publiée. Cette œuvre est destinée aux jeunes "pour aider à la formation patriotique de nos enfants" (Daveluy, 1945 : 7). Suivant cette optique, elle tente de rendre hommage aux "Canadiens vaillants qui ont lutté pour la reconnaissance de nos droits politiques" (Daveluy, 1945 : 7). Ce livre est rédigé de manière claire et concise et contient un véritable manuel d'histoire agrémenté de romances, d'intrigues et de héros fictifs. En utilisant des phrases et des paragraphes courts, elle facilite beaucoup la lecture. De plus, la longueur respectable du récit (250 pages) et la richesse en informations historiques sur les rébellions de 1837-1838 contribuent à rendre la lecture encore plus intéressante.

Dans cette histoire fictive, Daveluy expose plusieurs considérations historiques. Ce faisant, elle décrit certains personnages importants des troubles ainsi que leur contribution respective (Papineau, Nelson, Charles-Ovide Perrault, La Fontaine, Wetherall, etc). Daveluy tente aussi de souligner l'importance d'événements particuliers dans le déroulement des troubles (bataille de St-Charles, l'Assemblée des Six-Comtés, la création des Fils de la Liberté, les Résolutions Russell, etc). De plus, elle respecte fidèlement le cadre chronologique, tout en mentionnant les dates précises associées aux événements. Historiquement, le cadre social des troubles ne fait pas non plus défaut. En effet, la campagne, ses acteurs principaux et même l'économie agraire sont bien décrits par Daveluy, ce qui donne au lecteur une meilleure compréhension de l'organisation sociale de l'époque. Elle montre notamment comment les professionnels canadiens-français (avocats, notaires et médecins) sont réellement une fenêtre sur le monde pour les paysans, leur montrant ce qui est en train de se passer à travers le Québec et ailleurs.

L'histoire met en scène la famille Précourt qui vit dans la paroisse de St-Denis, dans la vallée du Richelieu. Olivier, un jeune avocat qui serait prêt à donner sa vie pour la cause des Patriotes, nous amène à l'intérieur des discussions et des événements des troubles. Olivier s'affaire aussi à séduire sa bien-aimée Mathilde qui, au grand bonheur de son père, est courtisée par un "bureaucrate" (Daveluy, 1945 : 109). Cette histoire d'amour prend une grande place dans le récit. Dans ce contexte gravitent de nombreux autres personnages, notamment un petit garçon du nom de Michel qu'Olivier prendra sous son aile. Michel et la jeune sœur d'Olivier Josephte, seront les héros de la suite de ce livre : Michel et Josephte dans la tourmente. À cela s'ajoutent aussi de bonnes discussions politiques entre des personnages importants de l'histoire du Canada comme le docteur Nelson, Lafontaine et Papineau. C'est à la fin de l'affrontement de St-Charles que l'histoire se termine alors que le héros, Olivier, est emprisonné dans une "pauvre maison du village de St-Charles, qui avait échappé par miracle à l'incendie qui faisait rage partout." (Daveluy, 1945 : 247). Ironiquement, c'est par le bureaucrate qui aspirait à gagner le cœur de sa Mathilde qu'il est arrêté, immédiatement après s'être fait brutaliser par autre soldat.

Daveluy démontre une vision très positive des Patriotes. Par exemple, elle utilise souvent, en décrivant un ou des Patriotes, les qualificatifs " brave " (Daveluy, 1945 : 231), " courage " (Daveluy, 1945 : 101); elle parle encore de leur " grand cœur " (Daveluy, 1945 : p.141). Tout ceci contribue à présenter les Patriotes comme de grands héros de l'histoire du Québe. L'auteur confirme elle-même cette impression dans la préface lorsqu'elle écrit :"- Souvenons nous des heures tragiques de 1837! Souvenons nous des gestes poignants des Patriotes! Ils furent sincères, souvent déchirés en leur conscience chrétienne, résolus, courageux, et... si malheureux! Ils signèrent de leur sang une révolte durement provoquée. " (Daveluy, 1945 : 7).

Patrick Beaulieu

Bibliothèque Nationale du Canada http://www.nlcbnc.ca/digiproj/ women/edaveluy.htm; DAVELUY, Marie-Claire, Le Richelieu héroïque, Montréal, Librairie Granger Frères Limitée, 1945. 250 pages.

 


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