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Les Patriotes de 1837@1838 - <I>Quand je serai parti vous vivrez encore.</I> Une analyse du film de Michel Brault
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Quand je serai parti vous vivrez encore. Une analyse du film de Michel Brault
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Quand je serai parti vous vivrez encore est le titre d'un long-métrage sorti en 1999, scénarisé et réalisé par Michel Brault (Montréal, 1928). Brault écrit la première version du scénario en 1980, inspiré par les résultats du référendum. En 1996, le projet se retrouve au centre d'une vaste controverse publique entourant le financement du film par Téléfilm Canada qui, parallèlement, refuse le projet 15 février 1839 de Pierre Falardeau (CONLOGUE, 1999:R-3; PERREAULT, 1999:C-2). L'approche de Brault s'inscrit dans le courant de pensée voulant que l'art puisse contribuer à l'identification nationale des Québécois par la diffusion de l'histoire du peuple et de ses défaites depuis la Conquête (LOISELLE, 1999:4). Il cherche donc à faire ressortir la souffrance et le désir de liberté des Patriotes de 1838, mais aussi l'abus de pouvoir dont ils ont été victimes par la répression, les emprisonnements, les procès devant une cour martiale, les pendaisons et les condamnations à l'exil. L'intention de Brault est historique, non politique (LANGLOIS, 1999:cwe-42).

Reconnu comme le chef de fil du cinéma direct au Québec, Brault jouit d'une importante notoriété au niveau international, a participé à la production d'environ 200 films, et est récipiendaire de plusieurs prix prestigieux dont celui de la mise en scène à Cannes en 1975 pour le film Les Ordres et le prix Albert-Tessier du gouvernement du Québec en 1986 pour l'ensemble de sa carrière (LOISELLE, 1999:4). Si ses documentaires ont fait école, il s'est aussi illustré en intégrant le savoir-faire du cinéma direct à la fiction. (COULOMBE, 1999:78).

Brault entretient beaucoup de scrupules face à l'histoire et choisit donc de réaliser une demie-fiction appuyée par une solide recherche (LOISELLE, 1999:5). Il met près de vingt ans à concrétiser son rêve de porter à l'écran le récit des Patriotes avec un budget très restreint pour un projet d'une telle envergure, soit quatre millions de dollars (COULOMBE, 1999:122). La plupart des personnages sont historiques (de Lorimier et les autres pendus, Colborne, Durham, etc...), mais c'est par le truchement d'un personnage de fiction, Francois-Xavier Bouchard, interprété par Francis Reddy, que Brault raconte leur histoire (LANGLOIS, 1999:cwe-42). Il axe son oeuvre sur la déroute d'une poignée d'insurgés canadiens-français face au pouvoir et à l'armée coloniale britannique. La narration du journal de Bouchard, qui est un peu le fil conducteur du film, est basée en grande partie sur les journaux authentiques de François-Xavier Prieur, Azario Archambault, d'un autre patriote anonyme, ainsi que des témoignages du révérend Borthwick, chapelain de la prison, et du militaire John Fraser (LOISELLE, 1999:6).

Le film se développe donc autour de Bouchard qui, en 1838, revient d'exil et s'engage dans l'organisation secrète des Frères chasseurs. Brault ne met en scène qu'un seul affrontement pour lequel il s'est inspiré de l'incursion de Robert Nelson à la frontière et des batailles de Napierville, Odelltown et Moore's Corner (LOISELLE, 1999:7). Dans les faits le soulèvement de 1838 s'est déroulé sur plusieurs jours et les affrontements entre quelques milliers de patriotes divisés en petits groupes ont été nombreux (LANGLOIS, 1999:cwe-42). Finalement Bouchard est capturé avec plusieurs de ses compatriotes. Jugés par un tribunal, 12 d'entre eux sont pendus à la porte de la prison. La mise en scène du procès des Patriotes met en lumière le rapport de force inégal existant entre les prisonniers démunis qui n'ont même pas droit à une défense adéquate et le pouvoir en place qui défend les intérêts d'une poignée de marchands (PERREAULT, 1999:C-2). À quelques détails près, tout ce qui est raconté dans le film est authentique, entre autres les dialogues de Lord Durham à qui Brault est très fidèle (LOISELLE, 1999:6). Tout au long du film on remarque l'attention portée au tissage, aux labours, à la traite, aux accents français de l'époque, britannique et irlandais impeccables (LOISELLE, 1999:7).

Parmi les films québécois annoncés en 1999 aucun n'est aussi attendu que celui de Brault (PERREAULT, 1999:C-2). La critique est unanime sur l'importance du sujet, l'effort minutieux de reconstitution, le souci du détail, la beauté des images de Sylvain Brault et le souffle lyrique du film (PERREAULT, 1999:C-2). Par contre, on a beaucoup reproché le ton, la mollesse du jeu des acteurs, l'ambiance de tristesse et de désespoir, ainsi que l'excès de méticulosité. En somme on considère le film comme une oeuvre hautement didactique qui porte à l'intense réflexion, tout en exprimant le regret que le film ne soit pas plus mobilisateur.

Claude Julie Bourque

COULOMBE, Michel, JEAN, Marcel, Dictionnaire du Cinéma québécois, Editions Boréal, Montréal, 1999, 3e édition: 78 à 82; CONLOGUE, Ray, Globe abd mail, the. "For Michel Brault, the era is over", Toronto, 1999,11,19: R-3; LANGLOIS, Claude, Journal de MONTRÉAL "Le noble et courageux combat des Patriotes de 1838", 1999.03.06: cwe-42; PERREAULT, Luc, La Presse, Montréal, "Une pâle copie des Ordres", 1999.03.13: C-2; LOISELLE, Marie-Claude, RACINE, Claude, 24 Images, #96, printemps 99 "Entretien avec Michel Brault": 4 à 11

 


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