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Les Patriotes de 1837@1838 - <I>PAPINEAU LE DEMI-DIEU. </I> Analyse du film de Louis-Georges Carrier
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PAPINEAU LE DEMI-DIEU. Analyse du film de Louis-Georges Carrier
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Né en 1929 à Détroit, aux États-Unis, Louis-Georges Carrier arrive au Canada à l'âge de cinq ans. Après avoir obtenu une licence en lettres à l'Université de Montréal, il entre au service de Radio-Canada, comme réalisateur à la radio, collaborant au théâtre radiophonique de Radio-Collège et Nouveautés dramatiques. Grand homme de théâtre, il sera également reconnu à ce titre à la télévision où, à partir de 1954, il y sera réalisateur, notamment de télé-théâtres. C'est avec cette expérience de télévision et de théâtre qu'il s'engage dans la réalisation au cinéma. Il commencera par tourner trois films pour l'Office National du Film. Louis-Joseph Papineau -le demi-dieu sera le dernier des trois. Cette œuvre cinématographique s'avère donc très théâtrale.

L'histoire, qui se déroule en janvier 1835, met en relief la "grève de la députation" que Louis-Joseph Papineau tient à Québec afin de faire plier le gouverneur Aylmer aux exigences du Parti patriote. Il accuse principalement le gouvernement d'abandonner le libre exercice du pouvoir au Conseil législatif dont les membres ne sont pas élus par le peuple. Mais à l'intérieur même de leur rang, les Patriotes sont aux prises avec des divergences d'opinion. Alors que la confiance en Papineau des Lafontaine, Rodier et Bourdage, qui sont de la région de Montréal, semble inébranlable, Elzéar Bédard, qui est maire de Québec, demeure très réflexif. Finalement Papineau perd son pari mais rien n'est terminé. En fait, il ne s'agit que d'un prélude à la guerre.

Le rapport du film de Carrier avec les rébellions est simple. Celles-ci sont le fruit de nombreuses querelles et tensions entre le Parti patriote et la Couronne. La guerre des subsides, entre le Conseil exécutif et l'Assemblée, avait mené à la grève de la députation. Il s'agissait de l'un des principaux moyens de pression pour les Patriotes afin de se faire entendre. (Fauteux, 1950: 13). Car, dans les faits, le vote de la liste civile, en l'occurrence le budget, appartenait aux membres de l'Assemblée. Ainsi, leur seule force était de ne pas voter cette liste. Et, avec la grève de la députation, le Conseil était dans l'impasse. Compte tenu de la tension qui régnait en 1834, notamment en raison du dépôt des Quatre-vingt-douze Résolutions, la situation ne pouvait que s'aggraver. Les rébellions ne sont après tout que le résultat de toutes ces tensions. Le film de Carrier reflète une période critique dans la chronologie des rébellions et en présente les jalons. La rigueur historique semble assurée dans ce film, notamment avec la participation, à titre de conseiller, de Guy Frégault, qui était à l'époque directeur du Département d'histoire de l'Université d'Ottawa. Quoiqu'il n'ait pas été un spécialiste des rébellions, celui-ci était réputé pour être un historien appliquant rigoureusement la méthodologie (Frégault, 1976: 176).

Comme Carrier élabore sa structure narrative de manière théâtrale, on remarque qu'il fait un emploi simple de la caméra, n'employant que très peu de figures de style, mis à part une séquence notable où le principe de contre-plongée surélève la grandeur de Papineau et, par le fait même, où les plongées suivantes amoindrissent ses acolytes, en l'occurrence les Bourdage, Lafontaine, Bédard et Rodier. En aucun autre endroit sa prestance de demi-dieu est aussi évidente. Par conséquent, cette scène met aussi en valeur le statut de grand orateur et de leader de Papineau, et présente celui-ci comme le principal pivot des événements.

Le récit est fortement concentré autour du débat entre les partisans de Papineau. Ceux-ci sont divisés, n'étant pas tous d'accord avec lui. Elzéar Bédard, notamment, sera subtilement considéré comme traître lorsqu'il acceptera de rencontrer Lord Aylmer. Mais, motivé par sa femme qui anime le débat, il demeure réflexif. Celle-ci semble redouter les conséquences de l'attitude radicale de Papineau. Quant à son mari, Aylmer lui démontrera que Québec, dépendante du commerce maritime, souffrirait à long terme de la grève de la députation. La dernière scène du film présente Papineau, le demi-dieu, en train de discourir auprès des Bédard, Bourdage, Rodier et Lafontaine. Bédard tente d'influencer Papineau, qui se résignera cette fois. Nous ne pouvons remettre en cause que Papineau était l'âme des Patriotes, mais ici Carrier nous le présente comme si tous les événements tournaient autour de lui; comme si, sans sa présence constante, rien n'aurait pu se produire.

Michaël Tremblay

FAUTEUX, A., Les patriotes de 1837-38, Montréal, Éditions des Dix, 1950; FRÉGAULT, Guy, Chronique des années perdues, Ottawa, Leméac, 1976, 250 p.; Les patriotes de 1837-38,

LESAGE, Marc et Francine TARDIF, Trente ans de Révolution tranquille, Montréal, Bellarmin, 1989, 223 p.; HIS 4582 1837-38: Les rébellions.

 


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