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Les Patriotes de 1837@1838 - Le comt de l'ACADIE vers 1837
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Le comt de l'ACADIE vers 1837
Article diffus depuis le 04 novembre 2000
 




Le comt 閘ectoral de l'Acadie, officiellement constitu suite la r閒orme du 5 octobre 1829, couvre un vaste territoire s'閠endant sur trente-deux kilom鑤res le long de la rive occidentale du Richelieu. D閘imit au sud par la fronti鑢e am閞icaine, il est voisin du comt de Laprairie au nord-ouest et de celui de Chambly au nord-est. Le comt est aussi bord l'ouest par la seigneurie de Beauharnois et le township d'Hemmingford, sa largeur variant consid閞ablement, passant par endroit de vingt-cinq treize kilom鑤res [Gendron, 1986 : 42 ; Courville, 1988 : 51]. Il regroupe, l'閜oque des R閎ellions, six seigneuries, propos desquelles nous reviendrons plus loin, ainsi qu'un petit territoire en franc et commun soccage (Babyville et Sherrington). Le comt couvre 間alement les paroisses de Saint-Cyprien, Saint-Valentin et Saint-蒬ouard, en plus de recouper certaines parties des paroisses de Saint-R閙i, Sainte-Marguerite-de-Blairfindie et Saint-Philippe. Colonis閑 suite la guerre d'Ind閜endance am閞icaine, la r間ion, si elle devient un lieu d'閠ablissement privil間i dans les d閏ennies pr閏閐ant les R閎ellions, pr閟ente toutefois une structure socio-閏onomique peu diversifi閑 et nettement domin閑 par le secteur agricole [Gendron, 1986 : 54, 62].
Le comt, couvert par endroit de marais et de mar閏ages, appara顃 間alement assez peu d閒rich par rapport aux normes bas-canadiennes ; il semble que les conditions difficiles d'閠ablissement pour les colons expliqueraient en partie ce " retard " [Gendron, 1986 : 63, 64]. La r間ion pr閟ente d'ailleurs un d関eloppement tr鑣 in間al, autant entre ses diff閞entes seigneuries qu'entre les cultivateurs d'un m阭e fief. Si le comt de l'Acadie peut certes se vanter de compter plusieurs cultivateurs prosp鑢es parmi ses 11 419 r閟idants (1831), les conditions d'existence demeurent toutefois difficiles pour un grand nombre d'habitants, le r間ime seigneurial 閠ant tout particuli鑢ement accablant pour le comt [Grenon, 1986 : 63, 64 ; Greer, 1997 : 43]. Les seigneurs de l'endroit, par leur exceptionnelle avidit [Greer, 1997 : 43], font peser de lourdes charges 閏onomiques autant sur les censitaires que sur les non-propri閠aires. L'endettement des habitants de l'Acadie apparaissant comme un ph閚om鑞e chronique dans la r間ion [Gendron, 1986 : 77]. Les seigneurs contribuant tr鑣 certainement l'enracinement de la mis鑢e dans l'Acadie, la question seigneuriale y devient un th鑝e politique de premi鑢e importance et " il est certain que les rapports entre les habitants et les seigneurs se d閠閞iorent dans l'Acadie apr鑣 1835 " [Greer, 1997 : 243], comme en font foi les sept p閠itions anti-seigneuriales pr閟ent閑s l'Assembl閑 par le comt entre 1831 et 1836 [Gendron, 1986 : 79, 121, 124, 130]. Partag entre sa majorit canadienne-fran鏰ise catholique (72,3 % des chefs de famille en 1831[Gendron, 1986 : 53]) et sa forte minorit anglophone, le comt sera 間alement le lieu de frictions entre groupes linguistiques [Greer, 1997 : 146]. Ainsi, bien qu'il fut l'un des principaux foyers du radicalisme sous l'influence des Patriotes radicaux, le comt se pr閟ente tr鑣 certainement comme l'arch閠ype de la situation dans le district de Montr閍l [Gendron, 1986 : 142 ; Greer, 1997 : 43, 55].

Un simple regard sur l'ensemble des seigneuries du comt convainc cependant qu'il est bien hasardeux de tenter un portrait global de la r間ion, tant les in間alit閟 entre les diff閞ents fiefs sont marqu閑s. Les seigneuries de De L閞y et de Lacolle, bien que propri閠閟 du m阭e homme, William Penderleath Christie, illustrent magnifiquement cet 閠at de fait : l'une (De L閞y) pr閟ente un fort peuplement (5 437 hab. en 1831), presque exclusivement franco-catholique, alors que l'autre (Lacolle), moins peupl閑 (2150 hab.), offre une composition sociale domin閑 par les anglo-protestants (63%). Les deux ont cependant en commun d'阾re les seules du comt avoir 閠 conc閐閑s une premi鑢e fois sous le r間ime fran鏰is et d'阾re administr閑s par l'agent William McGinnis [Gendron, 1986 : 44 46 ; Greer, 1997 : 43]. Si les Am閞icains loyalistes de Lacolle t閙oignent d'une agriculture en plein essor, ils n'en paient pas moins les redevances seigneuriales les plus 閘ev閑s de tout le Bas-Canada dans les ann閑s 1830 alors que les habitants de De L閞y ont d souffrir, en 1835, le douloureux 閜isode du recouvrement des arr閞ages [Greer, 1997 : 44].

Le curieux d閏oupage des quatre autres seigneuries en 1820, m阭e le canton de Sherrington, lui-m阭e 閞ig le 22 f関rier 1809, se veut la solution gouvernementale au litige opposant le seigneur de Lasalle aux propri閠aires l間itimes du canton. Au moment des troubles, la seigneurie de Saint-Georges (2198 hab. presque exclusivement franco-catholiques en 1831) est la propri閠 du seigneur Fran鏾is Languedoc, d閜ut du comt de 1831 1834 et c閘鑒re chouayen, celles de Twaite (346 hab. majoritairement franco-catholiques) et de Saint-James (502 hab. et v閞itable mosa飍ue ethnique) appartiennent depuis 1825 l'avocat montr閍lais John Boston, important loyal, alors que celle de Saint-Normand (437 hab. plus de 90% franco-catholiques) est le fief de Collin McCallum depuis 1835. Notons d'autre part que le paiement de droits d'entr閑 substantiels pour les nouveaux colons se pr閟ente alors comme la norme dans l'ensemble des ces concessions [Gendron, 1986 : 46 50 ; Greer, 1997 : 44]. Il semble bien que les exactions seigneuriales aient 閠, du moins dans les ann閑s 1830, la principale constante liant les diff閞entes seigneuries du comt de l'Acadie.

Avec 398 individus patriotes retrac閟, le comt de l'Acadie se montre fermement mobilis, particuli鑢ement dans la paroisse de Saint-Cyprien et dans le village de Napierville [Gendron, 1986 : 85], place forte de la petite-bourgeoisie canadienne-fran鏰ise de l'endroit [Bernard, 1983 : 297], d'ailleurs sur-repr閟ent閑 dans le mouvement local. Nous basant sur la liste de 2100 noms de patriotes compil閑 par Bernard [1983 : 296 299], nous avons toutefois pu 閠ablir que l'effectif patriote dans le comt se compose d'une 閏rasante majorit d'" habitants " (91% pour le comt alors que Saint-Valentin et Lacolle 閠ablissent des sommets avec respectivement 97 et 96 %). Notons d'autre part que les anglophones souffrent d'une s関鑢e sous-repr閟entation au sein de l'organisation patriote de ce comt. Un jeune m閐ecin de Napierville, Cyrille-Hector-Olivier C魌, et un paysan prosp鑢e de quarante-deux ans de Pointe--la-Mule, Lucien Gagnon, se m閞itent sans l'ombre d'un doute le titre de haut-dirigeants des rebelles dans l'Acadie. Le premier sera non seulement d閜ut du comt partir de 1834, au jeune 鈍e de 24 ans, mais 間alement un acteur de premier plan lors des soul鑦ements de 1837 et 1838, entre autres comme g閚閞al et tr閟orier du camp de Napierville. Sous le pseudonyme d'" Agricola ", il introduira de plus au niveau provincial la position radicale sur la tenure [Greer, 1997 : 249]. Lucien Gagnon, r閜ut pour son caract鑢e violent, ne lui c閐era que peu d'influence ; on en fait d'ailleurs le principal organisateur du ralliement de Pointe--la-Mule et un important recruteur des Fr鑢es chasseurs [Gendron, 1986 : 90, 91].

Particuli鑢ement mobilis, d'un c魌 comme de l'autre, le comt de l'Acadie fut le th殁tre de nombreux affrontements et manifestations durant la p閞iode des troubles de 1837-1838. Nous passerons ici en revue les plus important d'entre eux. Le 17 juillet 1837 fut certes un jour faste dans l'Acadie. Non seulement se tint l'" Assembl閑 anti-coercitive du comt de l'Acadie ", la plus importante manifestation patriote avoir eu lieu dans le comt en 1837 (quatre milles participants selon La Minerve), mais 間alement un rassemblement loyal, organis au village de Napierville par Joseph Brisset et les seigneurs Fran鏾is Languedoc et John Boston. L'assembl閑 patriote compta pour sa part sur la pr閟ence de Papineau, O'Callaghan, T.S. Brown, C魌, Gagnon et Merritt Hotchkiss, lui aussi d閜ut du comt depuis 1834, qui pr閟id鑢ent l'adoption de vingt r閟olutions, dont une particuli鑢ement s関鑢e l'endroit du r間ime seigneurial [Gendron, 1986 : 156 ; Greer, 1997 : 254-255].

Deux mois plus tard (10 sept. 1837), l'" Assembl閑 des Francs-Tenanciers du comt de l'Acadie " se proposa plut魌 de d閚oncer avec force les destitutions des officiers de milice et autres magistrats et de faire pression sur les Loyaux tout en c閘閎rant les d閙issionnaires patriotes. D'ailleurs, la suite de cette assembl閑 et dans le cadre d'un r閛rganisation locale de la milice, une s閞ie de charivaris, attribu閟 la gouverne de C.H.O. C魌, bouscula l'ordre des campagne du comt, l'un des plus atteint par cette forme de contestation populaire. Comptent au nombre des victimes, le lieutenant de milice Dudley Flowers, le cur Amiot de Napierville et le docteur Timol閛n Quesnel, magistrat du comt [Gendron, 1986 : 158, 159 ; Greer, 1997 : 213, 219, 222, 224, 242 ; Senior, 1997 : 52, 61]. Au chapitre des assembl閑s, soulignons finalement qu'une d閘間ation de l'Acadie gagna Saint-Charles la derni鑢e minute le 23 octobre 1837, compl閠ant ainsi les cadres de la c閘鑒re Assembl閑 des Six-comt閟 ; l'appel aux armes de C魌 y causera par ailleurs un grand malaise parmi les auditeurs patriotes plus mod閞閟 [Gendron, 1986 : 89].

Sur le plan des op閞ations dites militaires, Pointe--la-Mule, anim閑 entre autres par Gagnon, C魌 et Fran鏾is Paradis, sera le centre de l'agitation et des principales initiatives des Patriotes du comt en 1837 [Gendron, 1986 : 161]. Les petits coups de mains des rebelles de l'endroit, visant surtout intimider et d閟armer les Loyaux, feront d'ailleurs dire au capitaine George Phillpotts, dans un rapport fait Colborne, que : l'Acadie, " la situation est 閜ouvantable. " [Senior, 1997 : 79] Un mandat d'arr阾 sera incidemment d閘ivr l'adresse du docteur C魌. Pointe--la-Mule deviendra, d鑣 la mi-novembre, le lieu d'un camp arm organis d'o ses dirigeants oserons planifier une attaque contre les soldats de Saint-Jean. R閍listes, ils choisiront plut魌 de gagner les 蓆ats-Unis la recherche d'armes (20 nov. 1837). Un autre groupe d'insurg閟, men par Fran鏾is Nicolas et Amable Daunais, planifiera lui aussi une perc閑 vers Saint-Jean une semaine plus tard, mais, par un triste revirement de situation, ex閏utera plut魌 un homme qui passait pour 阾re la solde du gouvernement. Ce m阭e rassemblement de Pointe--la-Mule sera 間alement la base du contingent de patriotes qui sera d閒ait, le 6 d閏embre 1837 Moore's Corner, par les trois cents volontaires loyaux du capitaine Oran J. Kemp [Senior, 1997 : 144, 154]. Ce revers patriote mettra un terme au soul鑦ement de 1837 ; trois cents Glengarry Highlanders occuperont Napierville d鑣 f関rier 1838 [Gendron, 1986 : 161].

Le comt de l'Acadie tiendra en 1838 un r鬺e de premier plan dans la tentative de Robert Nelson, la t阾e des r閒ugi閟 et volontaires am閞icains, d'envahir le sud bas-canadien pour ensuite marcher sur Montr閍l. Le village de Napierville, t阾e de pont de l'invasion o la majorit des Chasseurs devaient converger, deviendra incidemment le lieu du plus important rassemblement patriote de l'ensemble des R閎ellions de 1837-1838 [Gendron, 1986 : 168]. Ainsi, de 1500 5000 Chasseurs (voil la gamme des estim閟) gagneront la paroisse de Saint-Cyprien, guid閟 par le large drapeau deux 閠oiles bleues flottant au mai du capitaine de milice local [Greer, 1997 : 305]. Une centaine de loyaux seront alors emprisonn閟, parmi lesquels on compte les capitaines de milice C. Fortin et P. Gamelin ainsi que les marchands T. Thompson, W. Wilson, L. Odell et Orange Tyler ; tous seront lib閞閟 le 10 novembre 1838 par les troupes de Colborne. Il est 間alement noter qu'une premi鑢e conspiration dirig閑 contre l'閠at-major du camp de Napierville se joua d鑣 le 4 novembre 1838, jour m阭e de l'arriv閑 de Nelson [Senior, 1997 : 249]. Le probl鑝e de l'approvisionnement, aussi bien en armes qu'en denr閑s alimentaires, freinera davantage encore l'organisation du camp.

Tout de m阭e solidement install閟 Napierville, les rebelles se devaient cependant de maintenir ouvertes leurs lignes de communication avec les 蓆ats-Unis, source d'armes et de recrues qu'ils jugeaient inestimable. Bien au fait de cet objectif, les volontaires loyaux, tout particuli鑢ement ceux du Lacolle Frontier Volunteers, leur infligeront deux cuisants revers, d閒aites qui mettront un terme d閒initif aux chances du soul鑦ement de 1838. Le 7 novembre 1838, les volontaires de Lacolle 閏raseront en moins d'une demie-heure un contingent patriote de retour de Rouses' Point. C魌, Gagnon, le Fran鏰is Touvrey et le colonel polonais Oklowski perdront onze hommes avant de voir sept des leurs et tout leur armement tomber au mains des Loyaux. Les survivants auront presque tous la sagesse de gagner les 蓆ats-Unis [Senior, 1997 : 254]. La nouvelle de cet 閏hec et celle de l'arriv閑 imminente des 3 300 r間uliers de Colborne, ainsi que la fonte de ses effectifs (qui passeront de 1200 510 hommes) au camp de Napierville, pr閏ipit鑢ent Nelson dans sa d閏ision de gagner Odelltown par la force [Senior, 1997 : 255, 259]. Encore une fois victime de mutins, Nelson parviendra tout de m阭e Odelltown le 9 novembre, accompagn par pr鑣 d'un millier d'hommes. Apr鑣 deux heures et demie d'un combat o cinquante d'entre eux perdirent la vie, une grande majorit d'insurg閟 d間uerpirent vers Napierville l'approche des renforts volontaires venus de Clarenceville et d'Hemmingford. Malgr cinq morts, les Loyaux remport鑢ent cette bataille d閏isive, confirmant ainsi l'閏hec de l'insurrection de 1838 [Senior, 1997 : 256, 258]. Le lendemain, r閜閠ant le sc閚ario de 1837, Pierre-R閙i Narbonne signifia la reddition des rebelles Loop Odell, et ce avant m阭e que les forces de Colborne n'investissent Napierville [Gendron, 1986 : 177, 178].

Cependant, contrairement aux lendemains de 1837, la r閜ression sera brutale dans le comt de l'Acadie, particuli鑢ement Napierville, o quatre-vingt maisons seront d閠ruites [Greer, 1997 : 310], et dans la paroisse de Saint-Cyprien. Cent soixante-dix arrestations, souvent sommaires, viseront ainsi les insurg閟 patriotes [Gendron, 1986 : 178, 179]. L'agitation rebelle demeurera cependant : de nombreuses assembl閑s secr鑤es auront lieu Pointe--la-Mule au printemps 1839 et la seigneurie de Lacolle sera la cible toute d閟ign閑 d'incursions " punitives ", du mois de mars 1839 jusqu' la date tout de m阭e tardive de juin 1843.

la fois arch閠ype et mod鑜e particulier, le comt de l'Acadie repr閟ente certes un 閘閙ent important de l'閠ude des R閎ellions de 1837-1838. Sa structure socio-閏onomique particuli鑢e, le radicalisme de ses habitants comme de ses meneurs patriotes ainsi que l'importance des op閞ations militaires qui s'y sont d閞oul閑s sont autant d'閘閙ents qui placent le comt de l'Acadie l'avant-sc鑞e de la tourmente des ann閑s 1830 au Bas-Canada. La complexit des enjeux propres cette r間ion participe m阭e faire des R閎ellions un prisme travers lequel il est pertinent d'envisager le comt, bien que notre d閙arche se proposait de faire exactement le contraire. Curieux revirement...

Jean-Nicolas T閠reault

COURVILLE, Serge, dir., Paroisse et municipalit de la r間ion de Montr閍l au XIXe si鑓le (1825-1861), R閜ertoire documentaire et cartographique, Qu閎ec, PUL, 1988.; BERNARD, Jean-Paul, Les R閎ellions de 1837-1838, Montr閍l, Bor閍l Express, 1983 : 296 299.; GENDRON, Mario, Tenure seigneuriale et mouvement patriote : le cas du comt de l'Acadie, m閙oire pr閟ent l'Universit du Qu閎ec Montr閍l comme exigence partielle de la ma顃rise en histoire, 1986, 198 pages.; GREER, Allan, Habitants et Patriotes, La R閎ellion de 1837 dans les campagne du Bas-Canada, Montr閍l, Bor閍l, (1993) 1997, 370 pages.; SENIOR, Elinor Kyte, Les habits rouges et les Patriotes, Montr閍l, VLB 閐iteur, (1985) 1997, 310 pages.

 


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