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Les Patriotes de 1837@1838 - Le comté de ROUVILLE vers 1837
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Le comté de ROUVILLE vers 1837
Article diffusé depuis le 04 novembre 2000
 




Le comté de Rouville, nommé en l'honneur de Jean-Baptiste Hertel de Rouville (1668-1722), fut créé en 1829. Avant cette date, Rouville faisait partie du comté de Bedford. Situé dans la Vallée-du-Richelieu, le comté de Rouville s'étend de la frontière américaine, à partir du Lac Champlain, jusqu'à la localité de Saint-Hilaire. Il est bordé à l'Ouest par la rivière Richelieu, la principale voie de communication et de transport de la région. Il est délimité à l'Est par les comtés de Saint-Hyacinthe, Shefford et Missisquoi. Le comté fait partie du district de Montréal et compte sept seigneuries: Rouville, Monnoir, Chambly-Est, Bleury, Sabrevois, Noyan et Foucault. Les six principales paroisses du comté, situées pour la plupart sur les rives du Richelieu, sont : Saint-Hilaire, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Mathias, Sainte-Marie-de-Monnoir, Saint-Athanase et Saint-Georges. On y retrouve surtout une grande plaine défrichée le long du Richelieu et trois montagnes : Saint-Hilaire, Rougemont, St-Grégoire; ainsi que trois rivières importantes : le Richelieu, la Rivière des Hurons et la Rivière du Sud.

Le comté de Rouville se divise en deux grandes régions. Au nord s'est établie une solide tradition agricole, rurale, catholique et de souche française dans le Bas-Richelieu. Cette région a été l'un des principaux bastions des Patriotes durant la Rébellion de 1837 (Filion, 1984 : 2). Dans la partie sud du comté, on retrouve dans le Haut-Richelieu une communauté d'origine et de culture anglo-américaine, protestante et loyale à la mère patrie britannique (Filion, 1984 : 2). En 1831, le comté de Rouville compte 18 115 habitants (Girod, 1835 :14).

Le comté de Rouville est considéré comme l'un des centres agricoles les plus importants au Québec en raison de la fertilité de ses sols. Le blé, la farine et les céréales sont les trois principaux produits agricoles du comté. À partir de 1810, la culture de la pomme y est commercialisée, surtout à Saint-Hilaire. Tout comme le reste du Bas-Canada, le comté de Rouville est grandement touché par la crise agricole des années 1830. Selon Ouellet (1966 : 333-336), la hausse des prix agricoles, la rouille et une épidémie de mouches à blé provoquent la famine dans la région. D'autre part, le commerce du bois s'est développé en raison des ressources forestières relativement importantes du comté.

L'industrie textile connaît un boom important avec la crise de 1837 alors que la décision des Patriotes de se vêtir d'étoffes du pays favorise l'éclosion de manufactures de laine (Lacoursière et Bizier, 1981 : 1455), en particulier à Saint-Mathias. À l'époque des troubles de 1837-1838, Saint-Mathias, avec ses trois quais très achalandés, est d'ailleurs considéré comme le carrefour commercial du comté de Rouville (Ministère des affaires culturelles du Québec, 1981 : 17). Le commerce fluvial entraîne une certaine prospérité pour le comté.

Au début des années 1830, Jean-Baptiste René Hertel de Rouville, seigneur du comté de Rouville, est député du comté à l'Assemblée législative; il est même appelé à siéger au Conseil législatif, mais est perçu comme un traître par le parti des Patriotes. De Rouville se montre donc hostile au mouvement de révolte et met ses gens en garde contre les agitateurs (Cardinal, 1987 : 25).

Lors des élections de 1834, on constate la forte polarisation du vote des Canadiens français à l'Assemblée législative. À cet égard, " les mêmes tendances se retrouvent dans le comté de Rouville où Th. Lemay, un dissident du parti, et B. Holmes affrontent P. Carreau et le Dr Bardy. Là encore les Patriotes gagnent les deux sièges " (Ouellet, 1976 : 364). Il n'y a aucun membre du Conseil législatif qui provienne du comté. De plus, en 1833, on retrouve neuf juges de paix dans le comté (Girod, 1835 :16).

Après les élections de 1834, il y a de nombreuses assemblées qui sont tenues dans le comté de Rouville, autant du côté des Loyaux que des Patriotes. Dans un premier temps, des partisans loyaux se réunissent à Clarenceville (Saint-Georges) le 12 mars 1834. Les citoyens de cette localité ont organisé une assemblée afin de protester contre les Quatre-vingt-douze Résolutions. Cette assemblée est présidée par Conrad Derck. Albert Chapman et Reuben Taylor sont les deux autres principaux acteurs de cette réunion. Trois ans plus tard, le 13 octobre 1837, les citoyens du comté de Rouville tiennent une importante assemblée à Clarenceville. Cette assemblée a pour but de lutter contre les tentatives des sujets infidèles à la Grande-Bretagne qui tentent d'affaiblir et de rompre les liens avec l'Empire britannique et on propose même de suspendre l'Assemblée législative. Puis le 8 novembre 1837 les citoyens de Clarenceville organisent une autre assemblée afin de faire signer une pétition de loyauté destiné gouvernement. Ils recueillent 353 signatures. Enfin, le 30 novembre 1837, il y a une assemblée devant la porte de l'Église de Sainte-Marie-de-Monnoir (PATRIOTES, 2000).

Pour leur part, partisans patriotes se réunissent à quelques reprises à Sainte-Marie-de-Monnoir. Le 9 février 1833, les électeurs de M. Rainville s'adressent aux électeurs du comté leur demandant d'appuyer Ludger Duvernay. Le 8 mars 1834, le docteur François-Joseph Davignon tient une assemblée chez lui. Cette assemblée qui est présidée par Étienne Poulin a pour but de promouvoir les Quatre-vingt-douze Résolutions. Puis, le 10 mars 1834, Antoine-Eusèbe Bardy préside une assemblée à l'hôtel Henderson de Saint-Athanase qui réunit des paroissiens du comté de Rouville. Les participants de cette réunion signent une pétition en faveur des Quatre-vingt-douze Résolutions. Quelques jours plus tard, on fait la lecture des résolutions prises à Saint-Athanase (le 10 mars 1834) sur le parvis des Églises du comté de Rouville. Le 30 avril 1834, Patrick Murray, un cultivateur de Sainte-Marie-de-Monnoir, est l'hôte d'une assemblée destinée aux habitants irlandais du sud-ouest. Cette réunion concerne la pétition de Montréal du 7 avril 1834. Le 22 juillet 1835, il y a une assemblée chez Édouard Vancelette. Ce dernier préside cette assemblée qui a pour but de former une branche de l'association montréalaise réformiste pour le comté de Rouville et de nommer des officiers dans cette nouvelle organisation. Joseph Gariepy (vice-président), Charles Mongeon (Trésorier) ainsi que Dugas et Dacier (secrétaires) sont présents à cette réunion.

La plus importante assemblée tenue dans le comté de Rouville est celle de Saint-Athanase le 5 novembre 1837. C'est F.-J. Davignon qui l'organise. Elle est convoquée par : " des personnes d'opinion différente dans la politique de cette Province aux fins d'aviser aux moyens de conciliation entre les parties Patriotes et Constitutionnels " (Archives nationales du Québec, E-99-100). Les 24 propositions réformistes qui sont présentées concernent la composition du Conseil législatif, le contrôle de la liste civile ainsi que l'abolition du régime seigneurial. Les principaux acteurs de cette assemblée sont : Thimothée Franchère (président), Eustache Soupras et Gabriel Marchand (vices-présidents), F.-J. Davignon et Ls. M. Decoigne (secrétaires). Cette tentative de conciliation entre les Patriotes et les Constitutionnels échoue. Le 12 novembre 1837, il y a une assemblée à Sainte-Marie-de-Monnoir; elle est présidée par Pierre Carreau et Joseph Treffle Franchère en est le vice-président. (PATRIOTES, 2000).

Le 28 février 1838, six ou sept cents rebelles venus des États-Unis se réunissent au manoir Caldwell dans la seigneurie de Noyan (comté de Rouville). Robert Nelson qui préside ce rassemblement présente la Déclaration d'indépendance de la République du Bas-Canada. Cette déclaration vise à reconnaître l'autonomie complète du Bas-Canada envers la Grande-Bretagne. De plus, elle a pour but d'implanter un gouvernement de forme républicaine, d'établir le suffrage universel, le scrutin secret, de même que l'abolition de la tenure seigneuriale (Greer, 1997 : 301). Nelson fait aussi un appel au Peuple du Canada afin de poursuivre l'insurrection. Après avoir proclamé l'indépendance, les rebelles sont forcés de battre en retraite en raison de la présence d'un groupe de miliciens anglo-canadiens.

Durant les troubles de 1837-1838, le comté de Rouville est le théâtre de quelques perturbations importantes. Entre 1834 et 1838, la mobilisation des deux clans, patriote et loyaliste, est sensiblement égale quant au nombre de personnes mobilisées. Cependant, il y a plus d'événements qui sont organisés du côté patriote. Au cours des mois d'octobre et de novembre 1837, des dizaines de charivaris politiques se déroulent dans la vallée du Richelieu, dont un à St-Athanase (Greer, 1997 : 219). Lors du soulèvement de 1837, le quartier général d'une partie de la milice populaire des rebelles est installé à Saint-Mathias dans le comté de Rouville. Les principaux leaders des insurgés de cet endroit sont : le Dr François-Joseph Davignon (Sainte-Marie-de-Monnoir), les marchands Louis Marchand et Eustache Soupras de Saint-Mathias et l'étudiant en droit Édouard-Élisée Malhiot. Le 10 novembre 1837, une trentaine de rebelles de Saint-Athanase, dirigés par Pierre-Paul Demaray (St-Jean), F.-J. Davignon et Patrick Mckeenan (Saint-Athanase), attaquent des Loyaux qui se dirigent vers St-Jean. Puis, le 28 novembre, il y a une brève escarmouche à Saint-Mathias entre les troupes de l'armée britannique de Wetherall et un groupe de rebelles dirigé par Malhiot.

Lors du soulèvement de 1838, il y a plusieurs loges des Frères chasseurs qui sont créées dans le comté de Rouville, entre autres à Sainte-Marie-de-Monnoir et à Saint-Athanase. Le 3 et 4 novembre 1838, il y a un bref rassemblement de rebelles à Saint-Mathias afin de préparer une attaque contre le fort Chambly. En même temps, " près de 300 Patriotes se rendirent au moulin Meigs " de Saint-Athanase où ils doivent trouver des armes pour ensuite prendre possession du village de Christieville (Iberville) le soir même (Fortin, 1988 66). Le 7 novembre, Saint-Athanase est le théâtre de quelques pillages et incendies. Le marchand Charles Mongeau, l'aubergiste François Macé et le boucher Jean-Baptiste Arcand sont les trois principales victimes de ces actes de vandalisme.

Suite aux troubles de 1838, Timothée Franchère, un commerçant de Saint-Mathias, est emprisonné pour sa participation à la rébellion. Puis, François Nicolas, un instituteur de Saint-Athanase, est parmi les douze rebelles qui sont pendus (Bernard, 1983 : 132).

Durant les années 1840 et 1850, le comté de Rouville connaît quelques difficultés sur la plan démographique puisque l'exode rural y est de plus en plus important. De plus, le commerce du blé est en déclin en raison de la fermeture des marchés extérieurs et de la concurrence grandissante du blé du Haut-Canada et du Middle West américain. La culture du foin connaît un essor important et le commerce du fourrage avec les États de la Nouvelle-Angleterre se développe. Le développement du chemin de fer et le commerce fluvial entraînent cependant une période de prospérité économique au tournant du 20ième siècle. (Ministère des affaires culturelles du Québec, 1981 : 9).

David Tessier

BERNARD, Jean-Paul, Les Rébellions de 1837-1838 : Les patriotes du Bas-Canada dans la mémoire collective et chez les historiens, Montréal, Éditions Boréal Express, 1983, 349 pages.; CARDINAL, Armand, " Saint-Hilaire et l'insurrection de 1837", Les cahiers d'histoire de la Société d'histoire de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire, no 22, fév.1987: 25-29.; FILION, Mario et collaborateurs, Itinéraire toponymique de la Vallée-du-Richelieum Études et recherches toponymiques, 10, Québec, Gouvernement du Québec, 1984, 61 pages).; FORTIN, Réal, La guerre des Patriotes : le long du Richelieu, Saint-Jean-sur-Richelieu, Éditions Mille Roches, 1988, 286 pages.; GIROD, Amury, Notes sur le Bas-Canada, Village Debartzch, imprimerie de J.P. Boucher-Belleville, 1835, 123 pages.; GREER, Allan, Habitants et Patriotes : La Rébellion de 1837 dans les campagnes du Bas-Canada, Montréal, Éditions Boréal Express, 1997, 370 pages.; LACOURSIÈRE, Jacques et Hélène-Andrée BIZIER, dir.gén. Yves Moquin, Nos Racines : l'histoire vivante des Québécois, chapitre 73 : Agriculture et industrie (1801-1840), St-Laurent, éditions T.L.M., 1981.; OUELLET, Fernand, Histoire économique et sociale du Québec 1760-1850 : structures et conjonctures, Montréal, Fides, coll. " Histoire économique et sociale du Canada français ", 1966, 639 pages.; OUELLET, Fernand, Le Bas-Canada 1791-1840 : Changements structuraux et crise, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1976, 541 pages.; Ministère des affaires culturelles du Québec, La Vallée du Richelieu : Introduction à l'histoire et au patrimoine, Québec, Gouvernement du Québec, 1981, 82 pages.

 


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Consulté 6393 fois depuis le 04 novembre
 Denis Tremblay  (13 avril 2013)
ma grand-mère etait une Davignon et elle avait de la parentée a sainte-angèle de monnoir
 Votre nom  (4 octobre 2006)

 Claude Lamoureux  (7 février 2006)
Bonjour, J`ai bien aimé tous les textes inscrit et surtout ça me renseigne beaucoup sur notre région....En fait, où serait situé ce fameux moulin Meigs à St-Athanase..ou bien où était situé ? Merci Claude
 Étudiante  (21 avril 2005)
On a beaucoup de nom mes pas assez d`information comme : Comment ils sont mort et des information intriguante et morbide ...
 J-P domingue  (20 novembre 2004)
Il a eu un M, j-P Robert qui a été député de Rouville de ----a-----.Merci. l`exposer est très bon donne beaucoup d,infromations.
 J-P domingue  (20 novembre 2004)
Il a eu un M, j-P Robert qui a été député de Rouville de ----a-----.Merci. l`exposer est très bon donne beaucoup d,infromations.

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