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Les Patriotes de 1837@1838 - La tournée de la seigneurie. Les cinq derniers pendus. Par Gilles Boileau. Paru dans <i>L'Éveil</i> (Terrebonne) le 10 avril 2000.
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La tournée de la seigneurie. Les cinq derniers pendus. Par Gilles Boileau. Paru dans L'Éveil (Terrebonne) le 10 avril 2000.
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




À la suite des tragiques évènements de 1837-1838, douze patriotes, après un procès inique et sommaire, furent condamnés à être pendus. Deux montèrent sur l'échafaud le 21 décembre 1838, cinq autres le 18 janvier 1839. Enfin, les cinq derniers furent pendus le 15 février 1839. Le destin a voulu qu'aucun de ces héros oubliés ne soit de Saint-Eustache. Nous avons emprunté au journal l'Aurore des Canadas le récit de ces tristes moments...

Mrs Charles Hindenlang, le Chevalier de Lorimier, Pierre Rémi Narbonne, François Nicolas et Amable Daunais ont été exécutés en face de la prison neuve. Ils s'avancèrent tous d'un pas ferme sur la plate-forme, d'où leurs âmes devaient s'envoler pour un monde meilleur. Hindenlang, beau jeune homme de 29 ans, parut le premier, avec la même grâce, la même assurance qu'il aurait pu montrer dans un salon. Il s'avança au devant de l'échafaud et adressa au peuple un discours que les journaux de cette ville n'ont pas voulu ou n'ont pu reproduire, sans doute à cause de l'effet qu'il aurait pu produire sur le public.

Nous nous abstiendrons aussi de le publier. Nous répéterons seulement ce que dit le Transcrip "qu'en mourant il était encore persuadé que la cause dans laquelle il s'était engagé était une bonne cause, qu'il niait au gouvernement anglais le droit de le mettre à mort et qu'il termina en disant d'une voix forte VIVE LA LIBERTÉ." Il avait, ainsi que les autres patients, les mains liées derrière le dos, de manière qu'il ne pouvait guère gesticuler qu'avec la tête; ce qu'il faisait pourtant avec beaucoup de grâce. En achevant, il se tourna vers les détenus politiques de la prison, qu'il avait priés de se tenir aux fenêtres, et leur fit un dernier signe d'adieu.

De Lorimier, qui a constamment parlé et écrit, dit-on, dans le sens des paroles d'Hindenlang, montra la même intrépidité que ses compagnons, mais ne parla pas, non plus que Daunais et Narbonne. Nicolas fit un discours assez long, où il déplorait les erreurs de sa vie, reconnaissait dans la mort qu'il allait souffrir la justice de Dieu qu'il avait souvent et grièvement offensé, recommandait aux parents de veiller sur leurs enfants, à ceux-ci d'écouter les avis de leurs parents et de suivre les préceptes de la religion. Toutes les personnes présentes que nous avons eu l'occasion de voir se sont accordées à dire qu'il n'avait fait aucune allusion au meurtre de Chartrand dont il a été accusé, ni à la politique, qu'il ne parla que de ses fautes en général.

Après ce discours, ils conversèrent encore quelque temps avec les différents ministres de leur religion et faisaient tous preuve d'une grande piété. Vers 9 heures, il se placèrent sur la trappe fatale et le bourreau fit les derniers préparatifs après lesquels le Provost Martial, Sergent de l'armée, qui remplit à peu près les fonctions de Shérif, donna le signal qui devait mettre le terme à leurs souffrances et à leurs vies. La mort fut à peu près instantanée chez Hindenlang et Nicolas; De Lorimier et Daunais parurent souffrir peu de temps.

Mais les souffrances de Narbonne furent longues et horribles. Comme un de ses bras avait été coupé, on n'avait pu sans doute le lier aussi bien que les autres; dans les convulsions de l'agonie, il détacha sa main avec laquelle il saisissait les objets environnants et parvint à déplacer la corde de sa vraie position. Il parvint même deux fois à atteindre une balustrade voisine et à s'y placer les pieds et deux fois il en fut repoussé.

 


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