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Les Patriotes de 1837@1838 - <i>Habitants et patriotes,</I> par Allan Greer (Boréal, Montréal, 1997,372 pages) recension de GILLES LESAGE. LE DEVOIR, 28.02.98
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Habitants et patriotes, par Allan Greer (Boréal, Montréal, 1997,372 pages) recension de GILLES LESAGE. LE DEVOIR, 28.02.98
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Tout comme pour Louis Riel dans l'Ouest canadien, le second regard d'historiens anglophones sur les Patriotes remet en question nombre d'idées reçues sur des événements cruciaux de la trame de ce pays.

Ainsi, l'examen que fait Allan Greer dedans les campagnes du Bas-Canada révèle que les "masses" ont joué un rôle beaucoup plus important que celui que les historiens ont bien voulu leur attribuer à ce jour. Il lui est apparu que la campagne contre le gouvernement colonial "était alimentée par une certaine forme de républicanisme populaire qui avait de profondes racines dans le passé des Canadiens-français".

"Des institutions comme la milice et la paroisse avaient largement contribué à façonner le mouvement, et les coutumes entourant le charivari et la fête de mai offraient des modèles d'action collective contre les représentants locaux du régime colonial".

Le professeur d'histoire à l'université de Toronto fait bien ressortir (tout comme Stéphane Kelly dans La Petite Loterie, aussi publié chez Boréal) que la paysannerie n'a jamais constitué une force politique indépendante. "Son intervention de 1837 se manifeste surtout à travers un mouvement patriote dominé par un corps de politiciens et de journalistes issus principalement des professions libérales." Qu'on qualifie les événements de 1837-38 de "Troubles" ou de "Rébellion", le chercheur émet l'hypothèse que le Canada traversa alors une crise révolutionnaire classique. Les conditions économiques prévalant en 1837, de même que les dynamiques sociales et les principes politiques invoqués, suscitent des comparaisons avec d'autres révolutions survenues dans le "monde Atlantique". En outre, les événements se déroulèrent au Bas-Canada suivant une logique dialectique familière à ceux qui étudient les révolutions.

Au lieu de se concentrer sur les "vedettes", tel Papineau, comme la plupart le font, l'historien torontois se concentre d'abord et avant tout sur les "habitants", les paysans canadiens-français qui composèrent avec les travailleurs agricoles et les artisans, l'écrasante majorité des insurgés patriotes en 1837-38. Ces "improbables rebelles", comme il les appelle, ne s'étaient jamais signalés par leur militantisme antigouvernemental, jamais ils n'avaient mené d'action collective violente. Précipités à l'avant-scène d'une crise politique qu'ils n'avaient pas amorcée eux-mêmes, les habitants pacifiques - "Pommes de terre", a-t-on dit d'eux avec mépris - sont devenus une force politique significative. La défaite fut funeste, la répression sans merci.

C'est le grand mérite de M. Greer de le faire ressortir avec éclat. Pas surprenant que l'Institut d'histoire de l'Amérique française ait attribué son prix Lionel-Groulx à la version originale de cet ouvrage paru en 1994 sous le titre de The Patriote and the People. La traduction de Christiane Teasdale comprend des notes abondantes et un index complet. Un document troublant et émouvant sur l'importance d'un vieux sac de toile...

 


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