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Les Patriotes de 1837@1838 - <i>Le médecin du peuple</I>. De 1812 à 1842, Wolfred Nelson commente l'époque. Une recension de Jean Chartier, Le Devoir, 4 avril 1999
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Le médecin du peuple. De 1812 à 1842, Wolfred Nelson commente l'époque. Une recension de Jean Chartier, Le Devoir, 4 avril 1999
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




ÉCRITS D'UN PATRIOTE

Wolfred Nelson

Édition préparée par Georges Aubin

Comeau & Nadeau

Montréal, 1998,177 pages

Le docteur Wolfred Nelson de Saint-Denis a eu un destin exceptionnel. Il se démarqua dès 1827 quand il interrompit le gouverneur Dalhousie, lors d'une assemblée électorale, pour lui rappeler son devoir de réserve, puis il obtint surtout la seule victoire de l'insurrection de 1837.

Dès lors, un journal tory le surnomma même le "loup rouge" (Wolf Red) tandis que les paysans dans les campagnes donnaient les prénoms d'Alfred et de Wolfred à un grand nombre de nouveau-nés du Bas-Canada. Il était devenu l'idole du peuple.

Pourtant, son père avait été commissaire aux vivres de la Marine royale à South Shields, immigré à Sorel, et sa mère avait des parents royalistes venus des rives de l'Hudson. Lui était né à Montréal en 1791 mais il se lia aux gens du peuple qu'il soigna dans le bourg de Saint-Denis dès l'âge de vingt ans.

De plus, il épousa Charlotte-Josèphe Fleurimont de Boucherville, la petite-fille du marquis de Fleurimont, un officier français blessé aux plaines d'Abraham. Elle vivait à Verchères chez son oncle François-Xavier Malhiot, marchand, depuis la mort de son père. Bref, Wolfred Nelson rayonnait dans la campagne française, de Saint-Denis à Verchères en passant par Saint-Ours et Sorel.

Georges Aubin publie dans la précieuse collection Comeau & Nadeau, éditeurs, Wolfred Nelson, Écrits d'un patriote. On n'a pas retrouvé le journal de prison de Nelson. Il a malheureusement disparu. Mais ses collaborations à La Minerve et à des journaux américains, de même que ses lettres a Louis-Joseph Papineau et à Ludger Duvernay en disent long sur l'homme.

Le député

Dès 1824, il fut accusé d'avoir incité à commettre des outrages à Saint-Ours. Il devint l'agent de La Minerve pour le bourg de Saint-Denis et se fit élire en 1827 à William Henry, nom donné par les loyalistes à Sorel. Il gagna l'élection par quatre voix et vota pour Louis-Joseph Papineau comme orateur de la Chambre.

En 1829, il fit un discours mordant dans lequel il condamnait les gouverneurs du Canada: "Tout sujet loyal de l'Angleterre devrait se tenir prêt à sauter au collet de ces créatures de la tyrannie." Nelson ne se représenta pas aux élections.

Georges Aubin signale qu'il fit construire un moulin à farine au ruisseau Laprade à Saint-Ours, puis un moulin sur la rivière du Pot-au-Beurre à Sorel. Puis, il s'associa à Louis-Fleury Deschambault, avocat et seigneur de Saint-Denis, pour construire une distillerie. Bref, le docteur Nelson était très impliqué dans la région. Il écrivit encore pour dénoncer "l'administration désastreuse du pauvre Comte Dalhousie".

En 1832, â luttait contre le choléra. Après l'élection de Daniel Tracey, l'éditeur de l'Irish Vindicator, le journal allié des Patriotes, les tories déclenchent l'émeute à Montréal. Cette année-là, le frère de Nelson est défait par de Bleury. A Saint-Ours, Wolfred Nelson allait déclarer un an avant l'insurrection: "M. de Bleury ose nous menacer, de vingt mille hommes de troupes, cavalerie et tout leur attirail, ceci est aussi inconvenant qu'inconséquent et méchant."

Sa déposition à la prison de Montréal, le 23 décembre 1837, montre de quel bois il se chauffe en ces termes: "Que le jeudi 23 novembre dernier" vers 2 heures du matin, un individu a été emmené à sa maison de Saint-Denis. Il était trempé et glacé jusqu'aux os; il a dit qu'il s'appelait George Weir; il n'était pas en uniforme mais en habit bourgeois. Le déposant a présenté audit Weir un verre d'alcool qu'il a pris. Le déposant a mis près d'un poêle chaud et lui a offert du thé et son lit." On fait un mauvais sort à cet officier déguisé en civil après les insultes et la tentative d'évasion de celui-ci. Au lendemain de la victoire de Saint-Denis, dès le 24 novembre 1837, Wolfred Nelson est emprisonné.

L'incendie

Dès le 2 décembre 1837, le colonel Gore fait incendier sa résidence, sa distillerie et ses quatre fermes: Nelson est emprisonné, ruiné, puis, au bout de six mois, déporté. Il parlera du sort des Patriotes qui lui rappelle le destin des Acadiens.

Le 4 avril 1838, Wolfred Nelson écrit de prison: "Les prisonniers d'État ont été envoyés en cellule durant quinze jours, sans lit ni aucune espèce de confort, et autorisés à ne prendre que du pain et de l'eau [...] Tous les prisonniers, une fois arrêtés et emmenés à Montréal, ont été traités de la manière la plus barbare, particulièrement à l'Ile-aux-Noix où les autorités ont refusé de leur donner à manger."

Il décrit leur sort ainsi: "Ils étaient ligotés ensemble jour et nuit et ne pouvaient satisfaire leurs besoins personnels autrement qu'en s'allongeant ou en s'assoyant tous ensemble. Dans le cachot de l'Ile-aux-Noix, on a refusé de leur donner une botte de paille pour colmater les brèches qui laissaient entrer [...] une grande quantité de froid la nuit."

Le gouverneur Colborne expédie Nelson avec d'autres prisonniers politiques aux Bermudes pour les éloigner définitivement, mais de là il réussit à passer en Virginie. Peu après, le docteur Nelson fait une démarche auprès du président des Etats-Unis, Van Buren, avec Louis-Joseph Papineau.

Le récit de juin 1839

De son exil à Plattsburgh, à la demande d'Amédée Papineau, il écrit sur la bataille de Saint-Denis un récit extraordinaire daté du 7 juin 1839:

"La Bataille a commencé à neuf heures du matin; elle a duré jusqu'à 4 du soir; alors les troupes ont pris la fuite et fort en désordre! Ils perdirent beaucoup de monde [...]. Nous n'étions pas au delà de 150 hommes, armés de 119 fusils de toutes sortes, dont 57 seuls ont pu faire feu. Craignant un assault, j'ai fait monté quantité de pierres, bois, etc, dans le 2e étage pour hurter sur les assaillans; nous avions aussi une 40ne de fourches de fer, quelques piques et sabres, de sorte que la tentative aura été sanglante."

Après trois années d'exil forcé à Plattsburgh, il revient à Montréal pour soigner le typhus. Bientôt, il va faire faillite. N'est-il pas étrange qu'une colonne Nelson ait été érigée place Jacques-Cartier mais qu'elle soit plutôt dédiée à l'autre Nelson, Horatio Nelson, qui n'a jamais mis les pieds au Canada mais qui a vaincu la France à Trafalgar?

 


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