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Les Patriotes de 1837@1838 - Le parti patriote et les Philosophic Radicals anglais (1834-38)
 ANALYSE 
     
Le parti patriote et les Philosophic Radicals anglais (1834-38)
Article diffus depuis le 20 mai 2000
 


John Arthur Roebuck. Homme politique, n Madras, aux Indes, le 28 d閏embre 1802, cinqui鑝e fils d扙benezer Roebuck, administrateur civil aux Indes, et de Zipporah Tickell, d閏閐 Londres, en Angleterre, le 30 novembre 1879.

Bien plus qu'en France ou aux 蓆ats-Unis, c'est en Grande-Bretagne m阭e que les strat鑗es du parti patriote tentent de nouer des liens hors des fronti鑢es du Bas-Canada. Les Patriotes estiment, juste titre, que c'est l que seront prises les d閏isions importantes concernant leur programme et ils ambitionnent que les rivalit閟 au sein du Parlement anglais et du gouvernement whig de Lord Melbourne permettent d'y faire avancer la cause canadienne. Depuis le projet d'union de 1822, la strat間ie anglaise du parti canadien avait g閚閞alement consist envoyer des d閘間u閟 Canadiens et de leur donner mandat de contacter tous ceux qui, au Parlement anglais, pouvaient 阾re sensibles aux arguments des Canadiens. C'est ainsi qu'il faut envisager les missions Papineau-Neilson en 1823, Neilson-Viger-Cuvillier en 1828 et surtout la mission de Denis-Benjamin Viger entre 1832 et 1834. compter cependant du d閜魌 des 92 R閟olutions au d閎ut de 1834, et suite la radicalisation du mouvement qui s'ensuit, le parti patriote d閏ide de s'appuyer d閟ormais sur des Britanniques, mieux au fait de la politique en Angleterre et essentiellement issus du groupe des radicaux. La r閒orme 閘ectorale de 1832 avait permis l'閙ergence d'un groupe de d閜ut閟, g閚閞alement issus de la classe moyenne et fortement teint閟 par les th鑣es utilitaristes et lib閞ales de Jeremy Bentham et de David Ricardo. Les Philosophic Radicals d閚oncent le poids politique de l'aristocratie traditionnelle et ils r閏lament une d閙ocratisation de la vie politique et certaines r閒ormes sociales. Ce groupe de d閜ut閟 n'arrivera cependant pas se constituer en parti cause de son trop petit nombre et de son manque de coh閟ion, alors que ses membres lui 閏happent, autant vers la droite des Whigs au pouvoir que vers la gauche du mouvement chartiste. Leur 閏hec 閘ectoral en juillet 1837 et le d閜art pour le Canada au d閎ut de 1838 de Lord Durham, celui-l m阭e qu'on pr閟entait comme chef possible de cette formation, marquent d'ailleurs le d閏lin rapide du mouvement radical anglais.

Il faut d'abord reconstituer le contexte et bien situer ceux qui, en Angleterre, d閒endent la cause de la majorit de l'assembl閑 du Bas-Canada. C'est Augustin-Norbert Morin qui est charg de porter en Angleterre le texte des 92 R閟olutions et la p閠ition qui l'accompagne. Il quitte Londres le 19 ao鹴 1834 et est de retour Montr閍l le 5 octobre. Pour sa part, Denis-Benjamin Viger, depuis deux ans d閘間u en Angleterre, rentre Montr閍l le 1er novembre. Imm閐iatement apr鑣 la fi鑦re 閘ectorale de l'automne 1834 on songe envoyer de nouveaux 閙issaires en Angleterre. C'est d閟ormais des Britanniques qu'on va confier cette t鈉he. Robert Nelson et Henry S. Chapman quittent Montr閍l le 24 d閏embre destination de New York, en route pour Londres. Chapman en particulier doit entrer en contact avec les Radicaux anglais et irlandais, et particuli鑢ement avec John A. Roebuck, afin de mieux sensibiliser l'opinion anglaise la crise canadienne et d'informer le Comit de correspondance des progr鑣 de la cause canadienne en Grande-Bretagne. Une somme de 300 lui est d'ailleurs attribu閑 m阭e le budget du Comit. Chapman et Nelson sont pied d'oeuvre le 9 mars 1835, en train de distribuer dans le hall du Parlement des copies du texte d'une p閠ition de citoyens canadiens. La pr閟entation de cette p閠ition par Roebuck donne lieu ce jour-l un long d閎at aux Communes, puis, le lendemain, la Chambre des Lords. Nelson est de retour Montr閍l d鑣 le printemps de 1835, mais le mandat de Chapman sera renouvel. Il doit d閟ormais oeuvrer titre de secr閠aire de Roebuck, informer le Comit de correspondance et alimenter la presse britannique en articles sur le Canada.

Mais en Angleterre des groupes de pression d閖 actifs et bien organis閟 soutiennent plut魌 les int閞阾s des marchands de bois, des compagnies de terres et la Clique du ch鈚eau. Un lobby assez actif et tr鑣 attentif aux questions coloniales est celui du Timber Trade, qui bataille pour le maintien des tarifs pr閒閞entiels sur le bois canadien, au d閠riment du bois provenant de la Mer Baltique. Ce qui donne sa force au lobby des marchands de bois, c'est son alliance avec la Society of Ship-owners, peut-阾re l'association commerciale la mieux organis閑 de l'Angleterre au XIXe si鑓le. Ce lobby est farouchement oppos au programme patriote. Chapman le d閏rira comme as noisy and active, as they are ignorant. Les autres groupes de pression ayant des int閞阾s commerciaux en Grande-Bretagne disposaient d'un pouvoir limit sur les orientations de la politique coloniale. Le secteur des p阠heries et la Hudson's Bay Company par exemple avaient peu de d閒enseurs au Parlement. On compte enfin une kyrielle d'entreprises, le plus souvent d'ampleur familiale, qui m鑞ent des affaires d'un c魌 et de l'autre de l'Atlantique, mais in the colonies such merchants might become big fish but at Westminster they were pretty small fry. Au cours des ann閑s 1830, des entreprises financi鑢es 閠endent leurs tentacules travers l'Am閞ique du Nord britannique. En 1836, la Bank of British North America est lanc閑 avec l'appui de puissants moyens financiers. Les grandes compagnies de terres sont li閑s ce groupe financier et se voient conc閐er cette 閜oque de vastes monopoles fonciers. Ce groupe s'alliera aux marchands de bois et d閒endra avec eux un syst鑝e protectionniste et oligarchique au Canada. partir de 1810, ces int閞阾s avaient commenc se regrouper dans le Canada Club. En 1831, des membres de ce club fondent la North American Colonial Association qui regroupe des int閞阾s autant dans les domaines financier, foncier que commercial et qui contr鬺e, en outre, trois journaux londoniens : The Morning Herald, The London Post et le Morning Chronicle. Les porte-paroles officiels de cette association aux Communes sont George Richard Robinson (Worchester), Patrick M. Stewart (Lancaster), Henry Bliss et surtout Nathaniel Gould, qui votent sous la banni鑢e Whig. Le lobby anti-patriote pouvait aussi compter sur l'appui occasionnel du puissant groupe de pression de l'蒰lise 閠ablie d'Angleterre.

c魌 de ce puissant r閟eau d'int閞阾s, le lobby patriote repr閟ente peu de choses et se situe presque exclusivement au sein du mouvement radical, auquel la r閒orme 閘ectorale de 1832 a permis de prendre une trentaine de si鑗es (9% de la Chambre des communes). part quelques liens 閜isodiques avec le mouvement chartiste, les nationalistes irlandais et quelques Whigs r閒ormistes comme Henry Labouchere et Edward Ellice, l'essentiel des appuis patriotes provient de quelques journalistes et d閜ut閟 de tendance radicale. Cette relation privil間i閑 remonte l'閜oque de la lutte contre le projet d'union de 1822, alors que James Mackintosh d閒endit la position du parti canadien. partir de la session de 1834, certains Radicaux vont de plus en plus s'int閞esser aux questions canadiennes et les Roebuck, Hume, Leader ou Molesworth questionnent l'occasion le gouvernement sur sa politique canadienne.

Lorsqu'on parle de la d閒ense des id閑s patriotes en Angleterre, on songe surtout John Arthur Roebuck, le d閜ut de Bath depuis 1832. Roebuck v閏u une dizaine d'ann閑s dans le Haut-Canada, mais il ne s'int閞esse au cas particulier du Bas-Canada qu'apr鑣 une rencontre avec Pierre de Sales Laterri鑢e, puis avec Denis-Benjamin Viger, vers 1833. On reconna顃 souvent Roebuck comme celui qui pr閟enta les 92 R閟olutions la Chambre des Communes, mais c'est pourtant Joseph Hume qui le fit. C'est toutefois l'intervention subs閝uente du d閜ut de Bath, le 15 avril 1834, qui entra頽e la mise sur pied de la Comission Grey-Gibbs que devait pr閟ider le gouverneur Gosford. La bataille autour de la nomination de Roebuck comme agent officiel de la Chambre d'assembl閑 a surtout eu lieu au Canada o le Conseil l間islatif s'y oppose vigoureusement. Le projet de loi relatif l'agent en Grande-Bretagne fut plusieurs fois vot, puis rejet par le Conseil. Toutefois, suite un vote unilat閞al de la Chambre, Papineau annonce Roebuck, le 25 mars 1835, qu'il peut d閟ormais agir en tant qu'agent officiel de l'Assembl閑 du Bas-Canada. Ce n'est que le 8 septembre suivant que Lord Glenelg, secr閠aire aux colonies, autorise Roebuck s'exprimer au nom de la majorit parlementaire du Bas-Canada. Les honoraires pr関us pour Roebuck sont de 600 par ann閑, plus 500 pour les d閜enses contingentes. En fait, cause de la guerre des subsides qui se poursuit au Bas-Canada, Roebuck ne re鏾it plus rien d鑣 1836. La longue lutte juridique entreprise par Roebuck ne trouvera son terme que dix ans plus tard. Reste que le d閜ut britannique est demeur fid鑜e son mandat, m阭e si les ressources lui font cruellement d閒aut pour promouvoir la cause patriote en Angleterre.

Quoique Roebuck soit au centre de toutes les activit閟 pro-patriote en Angleterre, d'autres d閜ut閟 sont aussi engag閟 dans cette cause. Parmi ceux-ci, le d閒enseur le plus assidu des libert閟 canadiennes est Joseph Hume, un v閠閞an des luttes parlementaires et, apr鑣 1830, d閜ut de Middlesex. Il 閠ait depuis 1832 l'agent de la Chambre d'assembl閑 du Haut-Canada et pr閟entait, en son nom, des p閠itions et interrogeait le gouvernement sur l'administration des gouverneurs Colborne puis Head. Hume est avant tout un d閒enseur des libert閟 coloniales et sa grande id閑 est de voir un jour les colonies repr閟ent閑s Westminster. Favorable aux revendications patriotes, Hume est cependant oppos Roebuck et aux radicaux les plus durs dans les probl鑝es de politique int閞ieure. Il d閟irait tout prix que les Radicaux puissent acc閐er au pouvoir ex閏utif pour y promouvoir certaines r閒ormes d閙ocratiques, m阭e au prix d'une alliance avec le gouvernement whig. John Temple Leader, le jeune d閜ut de Westminster depuis 1835, d閒endra 間alement le point de vue patriote la Chambre. Tout comme Hume, nourri par l'閏onomie politique de Adam Smith, il entrevoit l'ind閜endance comme l'aboutissement normal des relations entre l'Angleterre et le Canada. If an amical separation be effected now, it will render them sure friends to England, and convert their country from a burdensome colony into a most profitable free market for our manufactures, and a better and a more inviting field than now for emigration. Leader est selon Chapman un excellent orateur, tr鑣 populaire la Chambre. C'est par ailleurs lui qui, apr鑣 la d閒aite 閘ectorale de Roebuck en juillet 1837, s'occupera principalement de d閒endre aux Communes les int閞阾s des Bas-Canadiens. Le baron Henry Peter Brougham est, avec Hume, un autre v閠閞an de la politique britannique. Issu de la grande tradition whig de Wilberforce et de Lord Holland, Brougham avait fini par rompre avec Melbourne et tenait la House of Lords une politique ind閜endante. Il est virtuellement le seul d閒enseur des id閑s patriotes la chambre haute. Un appui plus important encore vient du grand leader irlandais Daniel O'Connell qui, aux Communes, commande le vote d'une trentaine de d閜ut閟 irlandais. Selon Chapman, Mr. O'Connell perceives that the Canadian minority is precisely similar to the Irish minority. La relation entre les Radicaux et les d閜ut閟 irlandais est complexe au moment des R閎ellions, en particulier cause d'un Irish Poor Law Bill que les Radicaux souhaitent appuyer. Par cons閝uent, si les Irlandais de O'Connell ont vot avec les Radicaux pour s'opposer aux R閟olutions Russell en f関rier 1837, ils les laissent tomber quelques mois plus tard et appuient le gouvernement en janvier 1838 quand il suspend la constitution du Bas-Canada. Le lobby pro-patriote peut enfin compter sur l'appui de quelques d閜ut閟 de second plan comme William Clay (Tower Hamlets), Thomas Wakley (Finsbury), Henry George Ward (Bridgeport), William Ewart (Liverpool) et surtout George Grote, hell閚iste distingu de grande r閜utation et Sir William Molesworth, un intime de Lord Durham. En tout, une quinzaine de d閜ut閟.

Bien plus qu' la Chambre des Communes, l'Angleterre patriote bourdonne surtout autour du secr閠aire de Roebuck, Henry Samuel Chapman. N en 1803 au sud de Londres, Chapman fait son apprentissage comme marchand Amsterdam, puis Qu閎ec compter de 1823. Jusqu'en 1834, il fait chaque hiver la travers閑 vers l'Angleterre o il fr閝uente les cercles radicaux. En f関rier 1833, il fonde Montr閍l le tout premier quotidien de l'histoire du Canada, le Montreal Daily Advertiser, journal essentiellement commercial consacr aux nouvelles caract鑢e 閏onomique. Le d閜魌 des 92 R閟olutions en f関rier 1834, et surtout la victoire patriote aux 閘ections de 1834, lui font brusquement prendre conscience des v閞itables enjeux de la crise bas-canadienne. Dans un 閐itorial fracassant qui sera ensuite r閕mprim en fran鏰is puis r殚dit pour l'Angleterre, What is the Result of the Canadian Election ?, Chapman constate que la crise bas-canadienne ne rev阾 nullement une nature ethnique et que deux grands principes s'opposent en fait : le principe aristocratique et le principe d閙ocratique. L'oligarchie politique et les marchands protectionnistes d'une part et le parti patriote d'autre part, ce dernier regroupant autant des Canadiens que des Anglais. Dans ses nombreux autres textes sur la question, Chapman aura l'occasion de peaufiner sa pens閑. Dans cette vision bipolaire il n'y aucune place pour les mod閞閟, que ce soit en Angleterre ou au Canada. Il d閚once donc autant les Whigs anglais que ceux qui, au Canada, forment l'aile conciliatrice du parti patriote. Chapman constate en fait que la lutte des Philosophicl Radicals anglais - h閞itiers des Lumi鑢es et qui d閒endent la d閙ocratie, le libre-閏hange et certaines r閒ormes sociales - est semblable celle entreprise par le mouvement patriote de Louis-Joseph Papineau. Reni par ses commanditaires tories, Chapman doit promptement abandonner la publication du Daily Advertiser. Il devient alors disponible pour le parti patriote et accepte de lui servir d'閙issaire en Grande-Bretagne.

en croire le mandat confi par le Comit de correspondance, la mission de Chapman devait se terminer avec la fin de la session de 1835. En fait, son mandat sera renouvel. Le 8 septembre 1835, 閙anent du Comit de correspondance des f閘icitations pour Henry S. Chapman pour s'阾re si bien acquitt de sa mission en Angleterre. Du m阭e souffle, on vote le versement d'une somme suppl閙entaire de 50 aux 300 livres d閖 vers閑s, pour subvenir au surplus de ses d閜enses contingentes en ex閏ution de la dite mission. Contrairement aux honoraires de Roebuck, agent officiel, ceux de Chapman n'ont pas 阾re autoris閑s par le Conseil et sont la charge du Comit de correspondance, et donc du parti patriote. Apr鑣 1836 cependant, le salaire du secr閠aire de Roebuck passe par les d閜enses contingentes de l'agent officiel With or without pay, or the hope of it.... En tant que secr閠aire, Chapman s'occupe entre autres de faire parvenir la Chambre d'assembl閑 les DOCUMENTS officiels du gouvernement britannique. C'est lui qui re鏾it les lettres de Papineau et des autres chefs patriotes, les achemine Roebuck ou les fait publier dans la presse britannique, qui d閜ouille la presse canadienne et 閠rang鑢e et qui approvisionne les d閜ut閟 radicaux et irlandais en dossiers et DOCUMENTS portant sur le Canada. La contribution la plus remarquable de Chapman aux affaires canadiennes demeure toutefois la rubrique qu'il assume, durant presque trois ans, dans les pages du Vindicator de Montr閍l. Chapman entreprend d'閏rire au Canada d鑣 le 29 janvier 1835, soit cinq jours apr鑣 son arriv閑 en Angleterre. Ses lettres, paraissent chaque semaine avec une 閠onnante r間ularit. Au total, 125 lettres paraissent jusqu'au saccage du Vindicator, le 6 novembre 1837. Cette rubrique marqu閑 Private correspondance occupe une place pr閜ond閞ante dans le Vindicator. Pour Le Canadien, Chapman est davantage un co閐iteur qu'un simple correspondant. Ces lettres sont d'ailleurs l'occasion traduites et publi閑s par le journal de Parent, L'蒫ho du Pays et, bien s鹯, La Minerve.

Le travail de Chapman est indissociable de celui d'un collaborateur de longue date : Samuel Revans. Celui-ci est n Kennington en 1803 d'un p鑢e m閐ecin, qui s'occupait de la famille de Chapman incidemment. En fait, les deux hommes sont li閟 depuis leur prime enfance. Revans arrive Qu閎ec pour la premi鑢e fois en 1823 et y pratique le commerce de marchandises s鑓hes, r閍lisant, lui aussi, de nombreux allers et retours entre l'Am閞ique et l'Europe. C'est lui qui acquiert en 1833 le mat閞iel d'imprimerie pour aider Chapman lancer le Montreal Daily Adverstiser et qui assume les pertes lors de la liquidation. Apr鑣 le d閜art d閒initif de Chapman comme d閘間u en l'Angleterre, Revans continue servir d'agent commercial, tout en restant intimement m阬 la politique, autant aux c魌閟 des Radicaux que des Patriotes. Son fr鑢e John Revans est un libre-閏hangiste convaincu, futur membre de la Anti-Corn Law Association de Richard Cobden. Son nom est parfois attach aux initiatives pro-patriotes en Angleterre. Enfin, Thomas Falconer est issu d'une des grandes familles de Bath. Le mariage de Roebuck avec Harrietta Falconer et l'appui de sa famille furent des atouts pr閏ieux pour Roebuck lors de l'閘ection de 1832. Falconer est re鐄 au barreau en 1830. Il a 32 ans au moment des R閎ellions et tient au centre de Londres un modeste cabinet, mais il passe le plus clair de son temps militer aux c魌閟 des Radicaux. En 1838, enthousiasm par la r閟istance de MacKenzie Navy Island, Falconer projette de s'y rendre, mais il ne s閖ournera au Canada qu'en 1840.

Le groupe autour de Chapman est impliqu dans bien d'autres causes que celle des Patriotes. Leurs noms sont souvent associ閟 aux grands r閒ormistes de leur temps : David Ricardo, John Stuart Mill, John Bowring et Edward Gibbon Wakefield. On les retrouve dans des luttes comme celle de la taxe sur la presse p閞iodique, la fameuse Tax on knowledge, de la repr閟entation municipale, de l'abolition des bourgs pourris et de la d閒ense de la Pologne opprim閑. L'implication la plus remarquable de ce groupe demeure la publication, en 1835 et 1836, des Pamphlets for the People, 閐it閟 par Roebuck. Trente-six num閞os de ces brochures paraissent chaque semaine entre le 11 juin 1835 et le 11 f関rier 1836. On y retrouve la collaboration de Radicaux prestigieux : William Allen, Robert Hammesley et Francis Place. Chapman y publie pas moins de 27 articles portant surtout sur le suffrage universel, la taxe sur la presse et la colonisation. Chapman collabore aussi The London Review et The London and Westminster Review. La diversit des champs d'int閞阾 de ces individus montre combien leur action pro-canadienne doit 阾re envisag閑 l'int閞ieur d'une action plus globale, visant une transformation de la soci閠.

L'une des plus importantes initiatives alors prises par les Radicaux propos du Bas-Canada est la tenue d'une grande assembl閑 ouvri鑢e le 3 avril 1837. Elle avait 閠 organis閑 par la London Working Men's Association, qui formait alors le noyau dur du mouvement chartiste. Le d閜魌 des R閟olutions Russell a occup une bonne partie des travaux de la Chambre des Communes en f関rier 1837 et les organisations ouvri鑢es suivent avec un grand int閞阾 les questions d閎attues la Chambre. Cette assembl閑 visait donc d閚oncer les R閟olutions de Sir John Russell, vues comme une nouvelle manifestation de l'arbitraire aristocratique, et que les d閜ut閟 radicaux s'av閞aient incapables de contrecarrer. Les orateurs et le ton des discours laissent d'ailleurs entendre que ces derniers 閠aient intimement li閟 l'organisation. Les principaux orateurs furent William Lovett, pr閟ident de l'association, William Molesworth et John Temple Leader, deux d閜ut閟 radicaux, et Henry S. Chapman, secr閠aire de l'agence canadienne.

Les premiers rapports sur les r閎ellions commencent arriver en Angleterre la mi-d閏embre de 1837. Chapman et Roebuck sont alors Londres. Samuel Revans, lui, est au Bas-Canada et participe quelques assembl閑s patriotes. Il gagne cependant les 蓆ats-Unis d鑣 les premiers coups de feu et est de retour en Angleterre au d閎ut de 1838. Les Radicaux sont surpris mais non pas d殓us par le d閏lenchement de la violence. Cela a en fait un effet tonifiant sur leur travail. La presse anglaise s'int閞esse subitement aux affaires canadiennes et les Radicaux n'ont aucun mal faire para顃re une s閞ie d'articles dans The Sun de Londres. Les communications avec le Canada deviennent cependant tr鑣 difficiles une fois amorc閑 la R閎ellion et on doit utiliser des subterfuges compliqu閟 pour 関iter qu'une lettre imprudemment adress閑 n'aide l'arm閑 retracer un patriote en fuite.

Les Radicaux organisent aussi, le 4 janvier 1838, le plus grand rassemblement pro-patriote avoir eu lieu en Grande-Bretagne. De trois quatre mille personnes se seraient mass閑s ce jour-l au Crown and Anchor Tavern Stand de Londres, afin d'assister une autre assembl閑 de la London Working Men's Association. Roebuck, Molesworth, Lovett, Leader, Harvey, O'Connor et Chapman s'adressent successivement la foule. Selon Chapman, When it was mentioned that the peasantry had beaten the troops at St.Denis, they gave three Cheers for the brave Canadians. This meeting will give the tone to the country [...] and I am glad to say a general feeling of sympathy is growing at in your favour. Un comit est mis sur pied suite cette assembl閑, on fait imprimer 50 000 copies du compte rendu des discours et on lance la publication d'un p閞iodique sur la question canadienne : The Canadian Portfolio.

Il semble que cinq num閞os du Canadian Portfolio soient parus entre le 4 et le 23 janvier 1838. Ils contiennent de nombreuses lettres que les Radicaux avaient fait para顃re sur le Canada dans la presse britannique, ainsi que des extraits de discours de Roebuck aux Communes. Chapman explique O'Callaghan que The object was to influence in some degree the early discussions in Parliament and to place the case fairly before the public. This they have accomplished to the full extent of their power which it must be confessed in the midst of so much prejudice is but small En effet, le vote le 29 janvier du Canada Government Bill, qui suspend la Constitution du Bas-Canada (alors que l'opposition radicale est r閐uite huit voix seulement contre 110), puis la nomination de Lord Durham comme gouverneur g閚閞al avaient consid閞ablement modifi la situation et rendaient inutile la campagne du Canadian Portfolio. Chapman conc鑔e cependant But there is another reason why they cannot be continued. Printing is expensive every where, as you know, your friends here are poor. If I had 300 I could have raised the whole country in favor of Canada.

Les d閜ut閟 radicaux reprennent rarement le textes des 92 R閟olutions lors de leurs allocutions. Il pr閒鑢ent s'en tenir quelques id閑s fortes que le public anglais est en mesure de comprendre. Ces grandes revendications, constamment tambourin閑s, se r閟ument quatre : un Conseil l間islatif 閘ectif, le contr鬺e complet de l'Assembl閑 l間islative sur les revenus et les d閜enses, l'abolition du Tenure Act et la concession l'Assembl閑 du Bas-Canada de la responsabilit de distribuer les terres de la Couronne. Dans la promotion de ces principes, les Radicaux anglais font constamment le lien entre leur propre combat et celui des d閜ut閟 patriotes. Pour eux, de chaque c魌 de l'Atlantique, le peuple et ses repr閟entants sont engag閟 dans une lutte contre l'aristocratie et les marchands monopolistes. C'est en particulier pour cette raison qu'on peut 関acuer toute la dimension nationale du probl鑝e canadien. Les radicaux sont aussi convaincus que les Canadiens n'ont rien attendre du gouvernement anglais tant que les Whigs seront au pouvoir. Ainsi, quand dans leurs textes ils emploient Party of the People, ils cr閑nt une identification parfaite entre eux et les Patriotes. Pas une fois, dans les lettres envoy閑s au Vindicator, ne retrouve-t-on l'expression parti patriote ou parti canadien. L'expression Party of the People permet la fois d'閠ablir un lien manifeste entre les radicaux anglais et canadiens et de les d閟igner, d'embl閑, comme les mandataires directs du peuple.

On peut se questionner sur l'int閞阾 des d閜ut閟 radicaux s'int閞esser aux affaires canadiennes. Selon leurs d閠racteurs tories : Lorsque les affaires du Canada vinrent sur le tapis dans le Parlement Imp閞ial, les Radicaux s'en empar鑢ent, parce que c'閠ait un champ qu'on pouvait exploiter contre le minist鑢e. Les Radicaux ne seraient pas f鈉h閟 qu'on puisse pousser votre province la r関olte, car ce serait un embarras de plus pour l'administration whig. Selon certains historiens, l'int閞阾 des Radicaux pour la question canadienne est en fait li閑 des consid閞ations de politique int閞ieure. En d閚on鏰nt l'oligarchie bas-canadienne, on vise aussi le pouvoir aristocratique anglais. Les Radicaux avaient g閚閞alement tendance voter en bloc contre le gouvernement sur les questions touchant le Canada, en particulier lors du d閎at sur les R閟olutions Russell o ils s'oppos鑢ent vigoureusement au gouvernement Melbourne. Le d閎at sur le Canada contribue donc donner au mouvement radical la coh閟ion et la vigueur n閏essaire pour se former en parti. Leur appui la cause patriote les place toutefois, le plus souvent, dans d'inconfortables minorit閟 et contribue leur ali閚er les whigs progressistes ; r閐uire leurs rangs mesure qu'ils se resserrent : We want no twilight reformers... 閏rit d'ailleurs Chapman. Des Whigs progressistes, comme Edward Ellice ou Henry Labouchere, ou plus pr鑣 de la pens閑 de John Stuart Mill, comme Charles Buller ou Lord Howick, furent d閟appoint閟 par les plus radicaux sur cette question et furent parmi les plus violemment attaqu閟 par Chapman et Roebuck, oppos閟 tout compromis avec le gouvernement. Buller 閏rit d'ailleurs Mill propos du Bas-Canada que Votre article nous a tous r閖ouis et notamment Lord Durham. J'approuve votre nouvelle attitude conservatrice et je fais mien votre principe relatif la n閏essit de limiter le pouvoir de la majorit. Sur la position prendre face la crise bas-canadienne, la correspondance entre Radicaux devient plus acerbe. Buller poursuit : Leader s'est vraiment conduit comme un 鈔e b鈚. Je suis heureux de constater que Molesworth continue bien agir. On me dit que Grote d閞aille tout fait ; sa mauvaise humeur, son manque de jugement, son ent阾ement ou l'influence de Ritoul en seraient-ils la cause ? Ces querelles contribu鑢ent faire 閏later le parti au moment m阭e o John Stuart Mill tentait de le mettre sur pied. La crise canadienne, selon ce dernier, suspends all united action among Radicals, [...] sets one portion of the friends of popular institutions at variance with another, and interrupts for the time all movements and all discussions tending to the great objects of domestic policy. Francis Parkes, un Radical mod閞 proche de Mill, va plus loin, pr閠endant que l'implication des Radicaux a pu nuire la cause patriote en Angleterre, puisque Unluckily, the advocates of the Lower Canadians here have damaged the cause. Pour lui, en effet, associer la lutte des Patriotes celle des Radicaux anglais fut une grossi鑢e erreur : They hailed the break out for its insurrectionary spirit and home effect - an ignorant and absurd rejoincing. Papineau 閏rit que : En choisissant notre agent dans l'opposition, nous prouverons que nous n'attendons plus rien de la bienveillance de Downing Street, mais seulement de ses craintes et telle est en effet la persuasion la plus g閚閞ale du moins aussi longtemps qu'il sera assi間 et occup par des Whigs et des Tories. Il s'agissait davantage de d閚oncer l'injustice que de r閏lamer des voies de r鑗lement, de ce c魌-ci et de l'autre de l'Atlantique. Ce jugement est confirm par la plupart des historiens, en particulier P. A. Buckner pour qui : In appointing 'tear 'Em Roebuck as their delegate, the Canadian party, as Papineau admitted, has emparked upon a policy of confrontation.

La t鈉he confi閑 aux Radicaux par les Patriotes 閠ait donc ambigu. D'une part, on leur demandait de faire avancer la cause canadienne en Grande-Bretagne et, d'autre part, de ne faire aucune concession et d'attaquer le gouvernement whig sur l'ensemble de sa politique coloniale. Le pari ne pouvait avoir de sens que dans l'hypoth鑣e du progr鑣 du mouvement radical dans la m閠ropole elle-m阭e. mesure que s'effritent leurs forces aux Communes, en particulier apr鑣 les 閘ection de l'閠 1837, et que, par cons閝uent, diminue leur foi dans un r鑗lement politique, les Radicaux vont sugg閞er aux Patriotes de recourir l'action arm閑 comme seul moyen de faire avancer leur cause. L'閏latement d'un affrontement rev阾 aussi l'int閞阾 de plonger le gouvernement Melbourne dans l'embarras et de justifier les alarmes des Radicaux. D鑣 1835, le correspondant du Vindicator multiplie les appels la mobilisation et invite chaque paroisse organiser des groupes arm閟. En 1836, il consacre m阭e un long article un plan pour s'emparer de Montr閍l sans coup f閞ir. Remember that there are only 2000 soldiers scattered over a vast extent of country. En repoussant la collaboration des Whigs progressistes et en s'en tenant la ligne dure sur la question canadienne, tant qu'ils n'auraient pas acc鑣 l'ex閏utif, les Radicaux ont pu nuire un r鑗lement politique de la question canadienne. Coinc閟 entre leur mandat, leurs perceptions partisanes et leur lecture manich閑nne de la sc鑞e politique, ils vont donc rapidement voir dans l'usage de la force le seul moyen de d閚ouer l'impasse, en particulier mesure que d閏line l'influence de leur propre parti en Angleterre.

L'arriv閑 Londres, en janvier 1838, du leader patriote Louis-Hyppolyte LaFontaine est significative d'un changement d'orientation dans la strat間ie de certains r閒ormistes canadiens face la m閠ropole. D閟ormais, suite l'閏hec de la r閎ellion de l'automne 1837, les membres mod閞閟 du Parti patriote abandonnent la liaison avec les Radicaux et cherchent nouer des contacts plus constructifs avec le gouvernement anglais. Papineau et O'Callaghan, en fuite travers les 蓆ats-Unis, ne sont alors plus en mesure d'exercer leur ascendant. Ce changement se fera en particulier aux d閜ens de la strat間ie jusque l favoris閑 par Roebuck et Chapman.

Le 19 novembre 1837, LaFontaine avait 閏rit au gouverneur Lord Gosford pour le convaincre de convoquer l'Assembl閑 de toute urgence afin d'関iter l'escalade militaire qui semblait imminente. Devant le refus de Gosford de convoquer de nouveau l'Assembl閑, LaFontaine quitte Qu閎ec pour Londres, o il arrive la toute fin de 1837. L, il rencontre tous ceux qui militaient pour les libert閟 canadiennes : Chapman et Roebuck bien s鹯, mais aussi Hume, Brougham et Daniel O'Connell. Roebuck, qui n'閠ait plus alors d閜ut, fut tout de m阭e invit faire deux interventions, l'une la Chambre des Communes, l'autre la Chambre des Lords, afin d'exposer sa position sur la crise canadienne. LaFontaine assiste son discours devant les Lords, le 5 f関rier 1838. Dans la m阭e tribune se trouvaient Samuel Revans, Thomas Falconer et, assis juste derri鑢e Henry S. Chapman, Lord Durham lui-m阭e.

D鑣 le d閎ut, les relations entre LaFontaine et les Radicaux furent mauvaises. LaFontaine 閠ait Londres lorsque fut vot閑 la nomination de Lord Durham comme haut-commissaire et il se d閏lara contre la strat間ie de certains Radicaux de s'opposer cette nomination. Pour lui, Durham 閠ait mieux plac que quiconque pour juger du probl鑝e politique canadien. J'attend beaucoup de l'administration de Lord Durham ; sous ses auspices, j'attends un meilleur avenir pour mon pays. cette 閜oque, Roebuck essaie de coordonner les efforts des Radicaux afin d'influencer les membres de la Commission Durham, de solliciter des audiences et de proposer des plans de r鑗lements. LaFontaine, lui, pratique sa propre diplomatie, fort distincte de celles des Radicaux. Il pr閒鑢e fr閝uenter les individus influents, mais d閠est閟 par l'entourage de Roebuck et de Chapman. Chapman n'appr閏ie pas du tout que LaFontaine did not communicated much with us but was in communication with Ellice. Samuel Revans ne cache pas sa r閜robation de voir ainsi LaFontaine ignorer les efforts d閜loy閟 par eux. Pour sa part, Thomas Falconer, reproche ouvertement LaFontaine de court-circuiter le travail des Radicaux. Il fr閝uente trop les Officials ; il serait m阭e all un souper chez Joseph Parkes, qui n'est rien de moins qu'un espion du gouvernement , 閏rit Falconer. Il y aurait rencontr des bureaucrates notoires et c'est eux que LaFontaine parle d'amnistie alors que nous, les vrais amis du Canada, poursuit Falconer, parlons d'amnistie depuis le d閎ut de la R閎ellion.

En fin de compte, les Radicaux ne seront ni complices ni solidaires de la diplomatie de LaFontaine en Angleterre. On peut imaginer que cet 閜isode contribua, au moment crucial qui pr閏鑔e le d閜art de la Commission Durham pour le Canada, miner en Angleterre la cr閐ibilit des Radicaux en tant que repr閟entants de la majorit des Canadiens. LaFontaine est de retour New York le 11 juin 1838. Probablement inform par les lettres de O'Callaghan, Papineau le convoque de toute urgence. Nous n'avons pas le compte rendu de cette entrevue mais le chef patriote avait s鹯ement de nombreuses critiques formuler son ancien lieutenant. On peut douter cependant de l'autorit dont pouvaient encore b閚閒icier l'閠 1838 Papineau et O'Callaghan, ceux-l m阭e qui 閠aient la principale caution des Radicaux anglais, propos des affaires du Bas-Canada. La mise sur pied de la Commission Durham correspond enfin une triple d閏eption pour les Philosophic Radicals. Elle rend d'abord inutile toute pression sur le gouvernement, puisque Durham est dot de pouvoirs discr閠ionnaires et 閠endus. Le d閜art de Durham r関鑜e aussi la profonde crise de leadership qui s関it l'int閞ieur du parti radical anglais, Durham 閠ant lui-m阭e le plus s閞ieux candidat la direction de ce parti qui va peu peu se morceler. Elle annonce enfin le triomphe des mod閞閟 au sein du parti patriote qui s'av鑢ent dispos閟 entreprendre le dialogue avec le gouvernement whig et qui vont bient魌 accepter de s'impliquer dans le r間ime de l'Union.

Le fait que ce soit au mouvement radical qu'on confie en Angleterre la t鈉he de d閒endre les int閞阾 canadiens entre 1834 et 1838 est caract閞istique de la radicalisation qui se produit alors au sein du Parti patriote. L'enjeu consiste alors d閏id閙ent combattre le pouvoir oligarchique et d'関entuellement affranchir le Canada de ses liens avec la Grande-Bretagne. Patriotes et Radicaux n'ont d'ailleurs aucun mal cette 閜oque faire le lien entre leurs combats respectifs. Il appert que les Radicaux formaient en fait une minorit grouillante et particuli鑢ement hostile au gouvernement whig et qu'on peut douter du caract鑢e constructif de leur action en Grande-Bretagne en faveur de la colonie du Bas-Canada. On peut m阭e douter que Papineau et les patriotes radicaux aient encore en 1837 attendu quelque progr鑣 de leur cause dans la m閠ropole. D鑣 lors, des deux c魌閟 de l'Atlantique, le recours aux armes a pu appara顃re comme la seule solution logique. Apr鑣 l'閏hec decependant - et l'閏lipse de Papineau - les Patriotes mod閞閟 reconsid鑢ent leurs liens avec les Radicaux et envisagent d閟ormais une action plus diffuse et plus coop閞ative aupr鑣 du gouvernement anglais. L'heure n'閠ait d閏id閙ent plus r閏lamer haut et fort, mais bien tenter de temp閞er la vengeance de la perfide Albion.

 

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