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Les Patriotes de 1837@1838 - Le Rapport Durham et l'union des Canadas
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Le Rapport Durham et l'union des Canadas
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Les parlementaires britanniques sont donc amenés, dès 1838, à se pencher sur les causes des soulèvements simultanés du Haut et du Bas-Canada et plus particulièrement sur les revendications des rebelles. Le gouvernement charge donc un enquêteur de faire le tour de toutes les provinces britanniques de l'Amérique du Nord, de produire un rapport et de proposer des solutions aux problèmes existants. La tâche est confiée à John George Lambton, Lord Durham, parlementaire considéré comme libéral radical en raison de ses nombreuses luttes pour la défense des classes défavorisées.

Entouré d'assistants qu'il a lui-même recrutés, Durham effectue son enquête en 1838, entre les deux rébellions. Bien qu'il ne demeure que 5 mois au Canada, il parvient tout-de-même à mener une enquête appronfondie. Précisons d'abord que le Rapport Durham s'intéresse à l'ensemble des colonies britanniques d'Amérique du Nord. Se ralliant en cela à une opinion de plus en plus en vogue en Angleterre, Durham propose d'accorder la responsabilité ministérielle aux provinces et de les faire évoluer sur le chemin de l'autonomie tout en demeurant, cependant, à l'intérieur d'un Commonwealth britannique. Ce British North America serait donc en mesure de mieux résister aux pressions constantes en provenance des États-Unis et, en raison des libertés obtenues, serait davantage attaché à la couronne britannique.

Dans l'application de son plan, seule la question bas-canadienne fait hésiter Durham. Reconnaissant la justesse des revendications des Canadiens français, il admet toutefois que leur avenir national est incertain, pour ne pas dire sans espoir. Toute autre race que la race anglaise y apparaît dans un état d'infériorité. C'est pour les tirer de cette infériorité que je veux donner aux Canadiens notre caractère anglais. En se séparant de l'Empire britannique, ils retomberaient presque automatiquement sous la coupe d'une autre puissance, probablement les États-Unis. En demeurant au sein de l'Empire, ils sont encore une fois en situation de minorité. Pour éviter que les tensions déjà existantes ne dégénèrent en crise raciale, Durham propose l'assimilation de la population française d'Amérique. Je n'entretiens aucun doute au sujet du caractère national qui doit être donné au Bas-Canada; ce doit être celui de l'Empire britannique... affirme-t'il dans son rapport. Pour lui, cette idée s'avère fort avantageuse puisqu'elle sortirait les Canadiens français de cette infériorité sans espoir et les intégrerait complètement à la culture anglaise qui, en ce milieu de XIXe siècle, domine l'Amérique du Nord. Pour Durham, l'assimilation passe par la subordination politique. Il s'agit de placer l'élément francophone dans un état d'infériorité numérique à l'Assemblée. Écartant l'idée d'union fédérale, Durham suggère la mise en oeuvre d'un projet depuis longtemps proposé par les marchands anglo-canadiens, celui de l'Union du Haut-Canada et du Bas-Canada. Si l'on estime, écrit-il, exactement la population du Haut-Canada à 400 000 âmes, les Anglais du Bas-Canada à 150 000 et les Francais à 400 000, l'union des deux provinces ne donnerait pas seulement une majorité anglaise absolue, mais une majorité qui s'accroîtrait annuellement par une immigration anglaise. Pour Durham, cette union faciliterait une assimilation naturelle et sans contrainte. Une fois le processus d'intégration complété, le projet d'union fédérale de toutes les provinces de l'Amérique du Nord britannique pourra être appliqué.

Le gouvernement britannique se dit prêt à soutenir les recommandations de Durham à condition que les provinces concernées l'acceptent. L'Assemblée et le Conseil législatif du Haut-Canada appuient massivement ce projet qui permettrait à leur province d'éponger son imposante dette (car les dettes du Haut et du Bas-Canada seront fondues) et de profiter des avantages économiques offerts par la vallée du Saint-Laurent. Au Bas-Canada, la réaction est moins enthousiaste. Après avoir vu en Durham un nouveau Messie , plusieurs Canadiens français déchantent quand ils prennent connaissance des solutions proposées. La résistance s'organise autour du clergé, qui croit voir ses institutions menacées. Cependant, étant privés de leurs principaux chefs politiques, exilés ou emprisonnés, et d'une Assemblée législative, suspendue en 1838, les Canadiens français se voient imposer l'Union. Le projet est adopté par un Conseil spécial convoqué par le nouveau gouverneur Poulett Thompson. L'Acte d'Union, sanctionné par la reine Victoria, entre en vigueur le 10 février 1841.

 


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