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Les Patriotes de 1837@1838 - 1849 : Montr閍l compl鑤ement cirque !
 ANALYSE 
     
1849 : Montr閍l compl鑤ement cirque !
Article diffus depuis le 8 janvier 2011
 


Dans le cadre de ses projets d抋grandissement, le mus閑 de la Pointe--Calli鑢e a re鐄 mandat en mai 2010 de mettre en valeur le site historique du parlement de Montr閍l, occup l抙eure actuelle par un terrain de stationnement. Parions que l抜nterpr閠ation donner aux 関閚ements de 1849 donnera lieu de nombreux d閎ats.

Gilles Laporte,
Professeur d抙istoire au c間ep du Vieux Montr閍l

L掗pique ann閑 1849 repr閟ente bien le clou de la mise en sc鑞e inaugur閑 en 1840 par l扐cte d扷nion, un r間ime bancal et inique, d抏mbl閑 destin placer le Canada fran鏰is en minorit vis--vis sa voisine ontarienne. Le grand cirque de l扷nion est d抋illeurs ambulant puisqu抜l change pas moins de huit fois de capitale en 30 ans, donnant notamment des repr閟entations Kingston (1841-43), Toronto (1850-51, 1856-59), Qu閎ec (1852-55, 1860-66), Ottawa (1866) et bien s鹯 Montr閍l (1844-49) o son chapiteau est incendi par un public apparemment ulc閞 du spectacle offert l扐ssembl閑 l間islative du Canada-Uni

La victoire des R閒ormistes aux 閘ections de 1848 marquait du coup celle du principe de la responsabilit minist閞ielle, depuis dix ans le cheval de bataille d抏x-patriotes tels LaFontaine, Morin et Duvernay,qui y voient ultimement le triomphe des principes lib閞aux et la preuve que l扷nion peut  produire un r閟ultat tout oppos celui qu抏n attendait son auteur . L抋poth閛se r閒ormiste est cependant g鈉h閑 par le retour de l抏nfant prodigue, Louis-Joseph Papineau, rentr de Paris en 1845 et lui aussi 閘u en 1848. Pour ce dernier, ce gouvernement responsable n抏st qu抲ne com閐ie tant que l扷nion n抋ura pas 閠 dissoute. Flanqu de jeunes d閜ut閟 r閜ublicains les Rouges Papineau entend bien faire d閞aper la mise en sc鑞e du gouvernement LaFontaine-Baldwin et conjurer la mascarade r閒ormiste. Mais d閖 en sous-main l抜mmense prestige du Tribun est 間ratign par le persiflage d抙ommes de LaFontaine, tel Hector Langevin, qui se demande tout haut  ce que nous ont au juste apport ses discours enflamm閟 sinon l抏mprisonnement et l抏xil [匽 ? D抋illeurs, [匽 o 閠iez-vous M. Papineau quand nous supportions seuls le choc de la soldatesque en 1837 ?  l抋utre bout du spectre politique, les marchands anglais de Montr閍l, tories ultraconservateurs, frustr閟 par la victoire des R閒ormistes, choqu閟 par l抋bandon des pr閒閞ences douani鑢es par la Grande-Bretagne (abolition les Corn Laws en 1846) et 閚erv閟 par la crise 閏onomique.

Rideau ! Apr鑣 plusieurs ann閑s de tergiversations, la loi indemnisant les victimes des  dommages collat閞aux  caus閟 par l抋rm閑 anglaise en 1837 et 1838 est enfin pr阾e. Fin tacticien, LaFontaine veut de la sorte montrer aux Canadiens fran鏰is qu抲n gouvernement responsable peut concr鑤ement leur 阾re profitable. Les 10 000 livres qui y sont allou閑s sont pourtant bien modestes, d抋utant que sont rigoureusement exclus du calcul les demandeurs soup鏾nn閟 d抋ffiliations avec d抋nciens  rebelles . Vot閑 au terme d抲ne s閍nce tumultueuse, la loi re鏾it la sanction du gouverneur Elgin le 25 avril 1849. Aux yeux des tories c抏n est trop. Excit閟 par les appels belliqueux de la Montreal Gazette qui commande  to all True Britons  de r閟ister au  French Domination , c抏st une foule de  hooligans  enrag閟 qui fait irruption dans l抏nceinte du parlement, l掗difice du march Sainte-Anne, et chasse les d閜ut閟 閜ouvant閟. Bient魌, des flammes surgissent sous les vocif閞ations. Un portrait repr閟entant Papineau est furieusement mutil, tandis qu扐llan McNab sauve in extremis celui de la reine Victoria. Avant une heure, l掗difice entier est en flammes, emportant du coup les archives parlementaires, la m閙oire du Qu閎ec depuis la Nouvelle-France. Inutile de compter sur les sapeurs pour combattre le brasier, le chef des services d抜ncendie de la Ville, Alfred Perry, est lui-m阭e la t阾e des incendiaires ! Le lendemain, les 閙eutiers se pr閏ipitent chez LaFontaine, dont la r閟idence est saccag閑 de fond en comble, br鹟ent les 閏uries et d閞acinent m閠hodiquement les arbres du verger. L掗meute ne conna顃 pas de r閜it durant les jours suivants. Son Excellence Lord Elgin est injuri閑 sous une pluie de l間umes pourris et de rats morts, de m阭e les d閜ut閟, dont les maisons sont saccag閑s sous le regard complaisant d抲ne police qui va jusqu掄 lib閞er les individus arr阾閟 la veille afin de calmer la foule. L掗meute couve pourtant encore des mois, tandis que d閜ut閟 et ministres campent dans le d閏or improvis du march Bonsecours o l抋rm閑 monte la garde jour et nuit. Finalement personne ne sera jug pour les crimes commis. Le gouvernement r閒ormiste en sortira aur閛l des stigmates du martyre et, LaFontaine, avec son titre de Sir la pairie anglaise. Pourtant, leurs adversaires ne d閏ol鑢ent pas et pr閜arent pour l抋utomne un nouveau rebondissement.

En octobre, 1500 anglophones ultraconservateurs clament dans le Manifeste annexionniste leur d閟ir de rompre avec la Grande-Bretagne et que le Canada se joigne l抲nion am閞icaine pour, disent-ils,  demeurer Anglais quitte ne plus 阾re Britanniques . Ils d閚oncent ainsi l抋bandon des lois protectionnistes par la Grande-Bretagne, la cause de leur ruine selon eux, et l抏mprise des francophones sur le Parlement du Canada. Parmi eux, la meilleure soci閠 anglo-saxonne de Montr閍l, dont pas moins de trois Molson, le raffineur de sucre John Redpath, le brasseur William Dow, le bijoutier Alfred Savage (Birks), l抋rmateur John Torrance, le sp閏ulateur Alexander T. Galt et l抋rtiste-peintre Cornelius Krieghoff. En octobre, ils sont rejoints par un ar閛page de jeunes Rouges, h閞itiers des patriotes, emball閟 l抜d閑 de rompre avec la Grande-Bretagne et d掗tablir  un nouvel 閠at souverain qui [pourra] s抋llier, sous le beau nom d掗tat du Canada, la colossale R閜ublique du Nouveau-Monde  : Antoine-Aim Dorion, Louis-Antoine Dessaulles, Napol閛n Aubin et encore des peintres, Joseph L間ar et Antoine Plamondon, ajoutant encore au bigarr du tableau. Autour d捝douard-Raymond Fabre, les annexionnistes prennent m阭e le contr鬺e de la Ville de Montr閍l au d閎ut de l抋nn閑 suivante. Coup de th殁tre, Louis-Joseph Papineau lui-m阭e se rallie et signe le Manifeste annexionniste, c魌e c魌e avec les Moffat, Molson et Redpath, l抩ccasion de l抲ne des plus incroyables tragi-com閐ies de l抙istoire canadienne. Ainsi mont閑 sur des chapeaux de roues, la coalition annexionniste ne passera m阭e pas travers l抙iver. Elle aura en attendant laiss dans les annales montr閍laises le souvenir d抲ne ann閑 ubuesque, riche en paradoxes, o il sembla bien, pour reprendre le mot de Tach, que  le dernier coup de canon tir pour le maintien de la puissance anglaise en Am閞ique le serait par un bras canadien .

Pour en savoir plus :
B蒁ARD, 蓃ic, Les R閒ormistes. Une g閚閞ation canadienne-fran鏰ise au milieu du XIXe si鑓le. Montr閍l, Bor閍l, 2009. 414 p.
DESCH蔔ES, Gaston, Une capitale 閜h閙鑢e. Montr閍l et les 関閚ements tragiques de 1849. Qu閎ec, Septentrion, 1999. 160 p.
MONET, Jacques, La Premi鑢e R関olution tranquille, Montr閍l, Fides, 1981. 502 p.
PARADIS, Jean-Marc, Augustin-Norbert Morin, 1803-1865, Qu閎ec, Septentrion, 2005. 318 p.

 

Recherche parmi 15772 individus impliqu閟 dans les r閎ellions de 1837-1838.

 



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