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Les Patriotes de 1837@1838 - Analogies entre les soulèvements polonais et patriote
 ANALYSE 
     
Analogies entre les soulèvements polonais et patriote
Article diffusé depuis le 29 juin 2010
 




Depuis l’époque des Patriotes, plusieurs ont tenté de tisser des liens entre les rébellions de 1837-1838 et d’autres luttes de libérations nationales ayant marqué cette époque. Bien qu’on soit tenté de penser rapidement aux différentes luttes d’indépendance qui ont eu lieu en Amérique du Sud, le cas le plus similaire à celui des Patriotes demeure certainement celui du soulèvement polonais qui a eu lieu au mois de novembre de 1830.

La première ressemblance que l’on observe entre ces deux nations est le fait qu’elles ont toutes les deux perdu leur indépendance au cours de l’histoire. D’un côté la nation canadienne-française subissait la conquête de l’Empire britannique (1754-1763) mettant fin à l’existence de la Nouvelle-France, de l’autre côté, le peuple polonais perdait son indépendance en 1772 suite à la partition de la Pologne cédant ainsi son territoire de la République des Deux Nations à l’Empire de Russie.

La deuxième ressemblance intéressante se situe au niveau du déclenchement des rébellions et du soulèvement. Dans les deux cas, l’élément déclencheur repose en partie sur un complot organisé par l’ennemi. Comme Gérard Filteau le développe bien dans l’introduction de son œuvre Histoire des Patriotes , le déclenchement de la rébellion Bas-Canadienne de 1837 s’explique par un complot britannique. Le radicalisme des Patriotes était justifié selon lui puisqu’ils avaient été poussés dans une situation où ils n’avaient maintenant plus le choix de se défendre contre la forte répression exercée sur leur nation. Il n’en demeure pas moins qu’en passant du juridique au militaire les Patriotes venaient de tomber dans le piège que leur tendaient leurs rivaux.

Du côté de la Pologne, une fausse rumeur fût lancée au sein de la population stipulant que l’armée polonaise était requise par la Russie pour réprimer les révolutions française et belge de 1830. Loin d’être loyal à l’Empire de Russie, le peuple polonais s’est soulevé contre elle afin de s’opposer à cette situation. C’est ce qui déclencha le soulèvement de novembre 1830. Encore une fois il s’agissait d’un complot de l’ennemi afin de pousser le combat sur le plan militaire afin d’obtenir la justification nécessaire pour passer à l’offensive et offrir une forte répression armée à sa colonie.

Une fois la lutte armée lancée, on constate rapidement que les Patriotes n’étaient pas préparés à prendre les armes comparativement aux loyaux qui s’y préparaient depuis l’échec électoral de 1834. Les Patriotes étaient bien doués pour les grands discours et pour la lutte électorale, mais le domaine militaire était loin d’être leur force. C’est un peu ce qui se passe également du côté de la Pologne alors qu’en février 1831 les Polonais font face à l’armée russe, une armée beaucoup plus nombreuse et expérimentée.

Les techniques de combats utilisées lors du soulèvement polonais ressemblent par contre beaucoup plus à celles utilisés lors de la rébellion Bas-Canadienne de 1838 qu’à celles de 1837. On parle d’ailleurs ici beaucoup plus d’une tentative de révolution que d’une simple résistance armée. Suite à l’annonce de la fausse rumeur qui continue le scénario de complot vu précédemment, un groupe d’hommes agissant sous le commandement de Piotr Wysocki s’empare du palais de Belvédère avec l’intention d’assassiner le grand-duc Constantin, commandant en chef de l’armée du royaume de Pologne. L’assassinat échoua, mais les rebelles réussirent tout de même avec l’aide de civils armés à prendre le contrôle de la ville de Varsovie, capitale de la Pologne depuis 1596.

Prendre le contrôle de Montréal par la force était également la stratégie envisagée par l’association des frères chasseurs lors de la rébellion de 1838. Alors que Robert Nelson quittait les États-Unis en direction de Napierville en compagnie d’une armée de quelques centaines d’hommes, les autres frères chasseurs habitant toujours le Bas-Canada créèrent en date du 3 novembre plusieurs soulèvements simultanés dans les villages au sud de Montréal. Même si le plan n’a pas fonctionné, principalement en raison de la défaite de la deuxième bataille de Lacolle, le plan des frères chasseurs constituait tout de même à réunir l’ensemble des forces patriotes dans le village de Napierville pour ensuite attaquer Montréal et prendre le contrôle de la ville avant l’hiver. Il y a donc certaines ressemblances avec le plan de Robert Nelson et celui de Piotr Wysocki.

Sinon il est encore possible de tisser d’autres liens entre le soulèvement polonais et les rébellions des patriotes en observant le résultat obtenu. Du côté patriote l’objectif de prendre le contrôle du Bas-Canada a échoué et s’est terminé par une forte répression. En avril 1838, 501 personnes sont incarcérées à Montréal, douze d’entre elles seront d’ailleurs pendues. Cette forte répression contre le mouvement patriote a eu pour effet de dissoudre le mouvement en poussant plusieurs d’entre eux en exil vers les États-Unis. C’est la même chose qui se passe du côté de la Pologne alors que la répression est encore plus violente. Le 25 février 1831 aura lieu la sanglante bataille de Grochow faisant plus de 7000 morts du côté polonais. Ce ne sera par contre qu’en septembre que le mouvement rebelle polonais sera totalement vaincu par l’armée russe. Encore une fois plusieurs fuiront le pays et partiront en exil vers la France afin d’échapper à la répression.

Bref, il parait évident qu’il existe plusieurs ressemblances entre l’histoire de la Pologne et celle du Québec. Par contre, il est important de noter que la Pologne, contrairement au Québec, a réussi à retrouver son indépendance en 1918. Est-ce que le Québec réussira à imiter la Pologne une fois de plus ? C’est la question que plusieurs se posent encore, près de deux cents ans après l’époque des Patriotes.

Sylvain Lemay

 


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