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Les Patriotes de 1837@1838 - Le vieux patriote (1887), po鑝e de Louis Fr閏hette
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Le vieux patriote (1887), po鑝e de Louis Fr閏hette
Article diffus depuis le 28 juin 2010
 




Moi, mes enfants, j掗tais un 玴atriote, un vrai!
Je n抏n disconviens pas; et, tant que je vivrai,
On ne me verra point m抏n vanter confesse
Je sais bien qu抋ujourd抙ui maint des n魌res professe
De trouver insens ce que nous f頼es l.
Point d抋rmes, point de chefs, c抏st ceci, c抏st cela;
On pr閠end que c掗tait faire d抲n mal un pire
Que de se r関olter. Tout 鏰, c抏st bon dire,
Lorsque la chose est faite et qu抩n sait ce qu抩n sait!
Ces sages-l, je puis vous dire ce que c抏st;
莂 me conna顃, allez; c抏st un vieux qui vous parle,
Nous en avions ailleurs, mais surtout Saint-Charle [sic].
Ah! la sagesse m阭e! et pleins de bons conseils.
Si tous les Canadiens eussent 閠 pareils,
On en aurait moins vu debout qu掄 quatre pattes.
Nous les nommions torys, chouayens, bureaucrates;
Avec bien d抋utres noms peu propres, je l抋dmets.

Ces gens-l, voyez-vous, cela ne meurt jamais;
Et si, ce dont je doute, ils ont une 鈓e rendre,
Le bon Dieu n抋 pas l抋ir bien press de la prendre.
D抋illeurs il en revient; on en voit tous les jours.
Aussit魌 les loups pris, ils connaissent les tours;
Moisson faite, ils sont l pour gruger la r閏olte.
J抏n ai connu qui nous poussaient la r関olte,
Et qui, le lendemain de nos premiers malheurs,
Nous traitaient de brigands, d抋ssassins, de voleurs,
Ou qui criaient : Je vous l抋vais bien dit! Ah! dame,
On aurait pu bourrer la nef de Notre-Dame,
Apr鑣 l抋ffaire, avec ces beaux proph鑤es-l!
L en poussait partout, en veux-tu en voil!
Qu抩n me montre un pouvoir qui frappe ou qui mus鑜e,
Je vous en fournirai de ces faiseurs de z鑜e!

Et puis n抋vions-nous pas les souples, les rampants,
Les d閘ateurs pay閟, les mouchards, les serpents?
Ces Judas d抋utrefois, je les retrouve encore.
Tout ce qui les anime et ce qui les d関ore,
C抏st le bas int閞阾, l抜nstinct mat閞iel.
Ils pullulaient autour du gibet de Riel ;
Les noms seuls sont chang閟. Quand le cruel Colborne
Incendiait nos bourgs, leur joie 閠ait sans borne.
Ils disaient, en voyant se dresser l掗chafaud,
Alors comme aujourd抙ui : C抏st tr鑣 bien, il le faut!
On doit d閒endre l抩rdre et venger la morale!
Et puis, dame, il faut voir la mine doctorale
Qu抜ls prennent pour vous dire un tas d抋bsurdit閟
De cette force-l. Pour eux, les l鈉het閟
Ne comptent pas; allez, je les ai vus l挏uvre;
Il en est qui rendraient des points la couleuvre
Pour faire en serpentant leur tortueux chemin.
Et puis, messieurs vous font passer l抏xamen!
Quand on ne peut comme eux se faire tous les r鬺es,
On n抏st que des cerveaux br鹟閟, ou bien des dr鬺es
Charmant d抋voir affaire de pareils grands c渦rs!

Mais laissons de c魌 rancunes et rancoeurs.
Je voulais, mes enfants, tout bonnement vous dire
Que j掗tais patriote alors, et pas pour rire!
J抏n ai vu la Bermude , un pays, en passant,
Sans pareil pour qui veut faire du mauvais sang;
Un pays bien choisi pour abrutir un homme;
Eh bien, mes compagnons pourront vous dire comme
J抋i toujours 閠 fier, en mes plus durs instants,
D抋voir 閠 comme eux l抲n des fous de mon temps!
Je me moque du reste. Et puis, voyons, que diantre!
Si nous 閠ions rest閟, comme on dit, plat ventre,
Ainsi que j抏n connais, courb閟 sous le m閜ris
De ceux qui voulaient nous asservir tout prix;
Si nous eussions subi la politique adroite
Dont on cherche leurrer les peuples qu抩n exploite;
Que dis-je! Non contents du titre de sujets,
Si nous avions servi les perfides projets
De ceux qui nous voulaient donner celui d抏sclaves,
Dites-moi donc un peu, que serions-nous, mes braves?

Quand furent 閜uis閟 tous les autres moyens,
Nous avons dit un jour : Aux armes citoyens!
Nous n抋vions pas, c抏st vrai, de tr鑣 grandes ressources!
Nous avions m阭e un peu le diable dans nos bourses;
Il fallait 阾re enfin joliment aux abois,
Avec de vieux fusils et des canons de bois
Pour d閏larer ainsi la guerre l扐ngleterre;
Mais des hommes de c渦r ne pouvaient plus se taire.
Plut魌 que sous le joug plier sans coup f閞ir,
Nous avons tous jug閟 qu抜l valait mieux mourir.

Le premier r閟ultat fut terrible sans doute;
Bien du sang g閚閞eux fut vers sur la route;
Sur les foyers d閠ruits, bien des yeux ont pleur;
Mais, malgr nos revers, peuple r間閚閞,
Nous avons su montrer que l抙eure en soit b閚ie!
Ce que peut un vaincu contre la tyrannie.

Au reste, l抩n a vu le parlement anglais
Qui ne vient pas souvent pleurer dans nos gilets,
Et qu抩n accuse peu de choyer ses victimes
D閏larer par le fait nos griefs l間itimes.
Les droits qu抩n r閏lamait, il les reconnut tous!
Et l抩n nous traite encor de dr鬺es et de fous!
Mais l抜nsens qui bl鈓e avec tant d抋ssurance,
Si l抩n ne lui fait plus crime d抋imer la France,
S抜l n抋 plus sous le joug passer en tremblant,
S抜l poss鑔e le sol, s抜l mange du pain blanc,
S抜l peut seul, son gr, taxer son patrimoine,
S抜l vend qui lui pla顃 son orge ou son avoine,
Si des torts d抋utrefois il a bien vu la fin,
S抜l peut parler sa langue, et s抜l est libre enfin,
Il aura beau hausser encor plus les 閜aules,
Il le devra toujours ces fous, ces dr鬺es!

Oui, mes enfants, j掗tais un patriote, un vrai;
Et jusques la mort, je m抏n applaudirai!

Mise en texte : M閘anie Plourde

 

Recherche parmi 15772 individus impliqu閟 dans les r閎ellions de 1837-1838.

 



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