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Les Patriotes de 1837@1838 - La mont閑 du pouvoir cl閞ical apr鑣 l掗chec patriote
 ANALYSE 
     
La mont閑 du pouvoir cl閞ical apr鑣 l掗chec patriote
Article diffus depuis le 3 décembre 2006
 


Mgr Ignace Bourget (1799-1885)

La premi鑢e d閏ennie qui suit les r閎ellions est une p閞iode de changements. Nous nous concentrerons ici sur les nouvelles id閑s politiques, l抜nfluence grandissante du clerg catholique dans la vie sociale et politique.

Durant les r閎ellions, Mgr Lartigue, premier 関阸ue de Montr閍l et son coadjuteur, Ignace Bourget, participent activement aux diverses phases des 関閚ements. Lartigue voit alors l捝glise comme une hi閞archie antid閙ocratique et soumise l抋utorit du pape, ce qui mine un peu ses relations avec le pouvoir politique (VOISINE, 1984 : 14). Suite au d閏鑣 de l掗v阸ue de Montr閍l, en 1840, Bourget prend sa rel鑦e la t阾e du dioc鑣e. C抏st une t鈉he qu抜l conna顃 bien puisqu抜l est le secr閠aire de Mgr Lartigue depuis 1821.

Au plan de l掗ducation, la p閞iode allant de 1826 1836, est caract閞is閑 par ce qu抩n nomme la querelle propos des 蒫oles de Syndic. L捝tat se dote ainsi d抲n syst鑝e d掗ducation public pour pallier l抋nalphab閠isme mais qui inqui鑤e le clerg propos de l抜ng閞ence des la頲s dans l掗ducation des Chr閠iens. C抏st tout d抋bord la bourgeoisie anglophone qui fait des pressions sur la Grande-Bretagne pour 閠ablir ce syst鑝e public et gratuit parce qu抏lle est fatigu閑 d抏nvoyer ses ouailles s抜nstruire l掗tranger et qu抏lle est consciente de l抜mportance de l掗ducation afin de produire une main-d挏uvre qualifi閑. Ainsi, le plan 閠ablit comprend une 閏ole primaire et secondaire dans chaque paroisse ou canton et l抜mplantation d抲ne universit en Qu閎ec, ce qui encore une fois, fait craindre le pire l掗v阸ue catholique qu閎閏ois, Mgr Hubert, pour le salut de l掆me de ses fid鑜es et craint que l抜nstruction m鑞e ses brebis sur un chemin contraire la foi et la morale catholique. (DUFOUR, 1996 : 36) La loi de 1829, sur les 閏oles de syndics m鑞e plusieurs autres lois et on perfectionne toujours le syst鑝e suite aux pressions r閜閠閑s des parents. En 1836, la loi sur les 閏oles de syndic n抏st pas renouvel閑, ce qui a pour cons閝uence l抋rr阾 des subventions du gouvernement. Ainsi, la collaboration entre paroissiens est mise profit car les quelques 閏oles qui peuvent rester en fonction le doivent surtout aux contributions financi鑢es des parents ou de l抏nsemble des paroissiens et des citoyens. (DUFOUR, 1996 : 93). Malgr les plaintes r閜閠閑s des parents pour le r閠ablissement des 蒫oles de syndic, le surintendant Charles Buller propose en 1838 un nouveau plan d掗ducation pour le Canada-Uni et visant fonder de nouvelles 閏oles o anglophones et francophones seraient 閐uqu閟 ensembles, afin de permettre l抙armonie et la compr閔ension mutuelle et, plus long terme, l抋nglicisation des Canadiens-fran鏰is. (DUFOUR, 1996 : 97) Le d閟ir d抋ssimilation des canadiens-fran鏰is est toujours un enjeu politique. De plus, ce plan inclut la collaboration financi鑢e des parents et des propri閠aires terriens, par le biais d抲ne taxe scolaire, pour 関iter au gouvernement d抋ssumer les frais d抲n tel syst鑝e d掗ducation. Le mode de financement propos suscite le m閏ontentement g閚閞al du clerg, tant protestant que catholique qui voit d抲n mauvais oeil de laisser l掗ducation aux mains de l捝tat. (DUFOUR, 1996 : 99).

Simultan閙ent, on observe en Europe, notamment en France et en Italie, des mouvements similaires et l抜mplantation de l抲ltramontanisme. Ce n抏st qu掄 partir des ann閑s 1840 que l抲ltramontanisme arrive au Qu閎ec. Les journaux cl閞icaux qu閎閏ois portent une attention particuli鑢e ce qui se passe en Europe. L掗v阸ue de Montr閍l restructure alors l捝glise et accro顃 son ascendant sur ses concitoyens. Afin de r閟orber le sentiment d抋bandon des membres du clerg, Mgr Bourget entreprend de faire venir des communaut閟 religieuses d扙urope pour pallier le manque d effectif cl閞icaux et entretient une correspondance officielle avec bon nombre d抏ntre elles. Mgr Bourget se rend ainsi en Italie et en France chercher l抋ppui de ses homologues et recruter des Congr間ations pour les faire venir au Qu閎ec. La similitude est telle que Nadia Eid affirme : La lutte que se sont livr閟 mutuellement l捝glise et l捝tat au XIXe si鑓le, aussi bien en Europe qu抋u Canada-fran鏰is, n抋 閠 en fait qu抲ne transposition, au niveau des institutions, d抲ne opposition fondamentale entre deux groupes sociaux aux int閞阾s divergents, soit le clerg, d抲ne part, et la bourgeoisie, d抋utre part. (EID, 1978 : 26)

D抋bord m閒iant Mgr Bourget face l抋lliance r閒ormiste autour de Louis-Hyppolite LaFontaine, Bourget, accorde finalement sa confiance ce dernier alors qu抜l devient chef du gouvernement en 1842. Le clerg se voit r閏ompens cette m阭e ann閑 de sa patience puisque les congr間ations religieuses arrivent d扙urope, surtout de France. Selon Pierre Savard et Eid, l抜mplantation de l抲ltramontanisme est rendue possible par l抋rriv閑 de ces congr間ations fran鏰ises, des liens renforc閟 avec Rome et par la popularit du nouveau Pape, Pie-IX. (EID, 1978 : 31)

En parall鑜e, la petite bourgeoisie canadienne-fran鏰ise voit alors un avantage s抋llier au clerg afin de consolider sa position face la puissante bourgeoisie britannique qui d閠ient, elle, les cordons de la bourse. Le clerg affirme son devoir de s抋ssurer d抲ne collaboration du peuple et donc, cherche des appuis politiques aupr鑣 de la Petite Bourgeoisie Canadienne-fran鏰iseMgr Bourget, est sans doute l抲n des premiers leaders eccl閟iastiques saisir l抜mportance de cette entreprise comme facteur d抜nt間ration et de coh閟ion la fois id閛logique et administrative au sein de la communaut religieuse canadienne. (EID, 1978 : 32) La loi sur l抜nstruction publique est adopt閑 en 1841 et le surintendant Meilleur est 閘u en 1842 (VOISINE, 1984 : 29). Elle apporte quelques modifications mineures la proposition de Buller, pour contenter les opposants. Cependant, les conclusions sont peu prometteuses : peu d掗coles sont fond閑s et les r閍lit閟 rurales locales emp阠hent souvent leur construction et leur financement (DUFOUR, 1996 : 101). Le gouvernement adopte donc en 1842 l Acte pour l掗tablissement et le soutient des 閏oles communes dont l抜mplantation s抋v鑢e positive puisque le surintendant Meilleur note d閖 en 1843 un plus grand int閞阾 des parents pour l掗ducation. (DUFOUR, 1996 :102)

En 1846, on abolit, suite de multiples plaintes des commissaires, les Conseils de districts municipaux. Ces plaintes sont d抋illeurs vivement condamn閑s par le surintendant Meilleur, mais nous y reviendrons plus loin. L捝glise gagne un peu de terrain puisqu抩n lui permet d抋gir titre de visiteur au sein de l抜nstruction. La nouvelle loi permet plus de libert quant au moment du paiement de la cotisation scolaire, mais les gens qui ne paieraient pas cette cotisation sont passibles d掙tre poursuivis en justice. Les plaintes sont g閚閞alement le d閟ir des plus riches qui entra頽ent les pauvres dans leurs luttes contre les nouvelles lois, et c抏st particuli鑢ement cet aspect que le surintendant d閜lore. Les moyens de pressions utilis閟 sont diverses, soit ils retirent leurs enfants de l掗cole, soit ils refusent d掗lire un commissaire ou encore, ce qui fera pencher l捝glise pour une taxe obligatoire, les gens ne paient pas la contribution volontaire. (DUFOUR, 1996 : 110-111) Puis, une nouvelle loi est adopt閑, en juin 1846, de fa鏾n satisfaire les opposants et diminuer le m閏ontentement de la population. D閟ormais, les 閏oles sont ind閜endantes des conseils municipaux, les seigneurs sont tax閟 proportionnellement leurs propri閠閟, cependant, une taxe obligatoire augment閑 est instaur閑. Cet affront rend la population encore plus en col鑢e. (DUFOUR, 1996 : 113) Nous nous interrogeons sur l抜nt閞阾 que porte l捝glise l掗ducation, pourquoi cette institution veut absolument intervenir aupr鑣 des jeunes gens? Eid explique que l掗cole est le lieu de la diffusion des id閛logies dominantes et que de cette fa鏾n, il est avantageux pour l捝glise de garder le contr鬺e sur l抏nseignement dispens, pour s抋ssurer de sa popularit. Mgr Bourget a contribu grandement l抋ffirmation des droits de l捝glise sur les paroisses, leur 閠ablissement, les 閏oles et les mariages, leurs refus et leurs c閘閎rations, et ce en d閜it et ind閜endamment de l捝tat. (EID, 1978 : 37) L掗ducation devait servir d抋bord former de bons chr閠iens et, de fa鏾n secondaire, des 阾res intelligents et instruits. (EID, 1978 : 201) La la颿isation europ閑nne gagne en popularit aupr鑣 des Rouges et d閜lait grandement au clerg, qui voit s掗carter tranquillement son pouvoir sur le peuple. Ces m阭es Rouges feront, en 1849, de l抋bolition de la d頼e, un enjeu 閘ectoral. Cette situation placerait le clerg en 閠at de crise 閏onomique et fait craindre le pire aux autorit閟 de l捝glise.

D鑣 1842, les J閟uites reviennent au Canada suite aux pressions de Mgr Bourget aupr鑣 de la Congr間ation en France. Les Congr間ations des Oblats de Marie-Immacul閑, des Dames du Sacr-C渦r et les religieuses du Bon-Pasteur d扐ngers, r閜ondent aussi l抋ppel. Le clerg est invit se romaniser et suivre la th閛logie de saint Alphonse de Liguori. (VOISINE, 1984 : 39) L捝tat cherche attirer les communaut閟 religieuses pour se d閏harger du fardeau de l掗ducation et des malades, toutefois on demande l抋ppui des la颿s pour faire vivre ces communaut閟. Sans le d関ouement des communaut閟 et des la颿s, l抏ntreprise de Mgr Bourget ne serait pas ce qu抏lle est. De tous les dioc鑣es, ceux de Qu閎ec et de Montr閍l 閠aient les mieux avantag閟 en personnel et en structures administratives. (VOISINE, 1984 : 65)

Les rapports entre le temporel et le spirituel se d閠閞iore compter de 1845. En effet la mont閑 d抲n groupe de jeunes lib閞aux autrement appel閟 les Rouges effraie la hi閞archie religieuse. Face aux Rouges, rass閞閚閟 par le retour d抏xil de Papineau cette m阭e ann閑, qui affirme le r鬺e de l掗ducation et du lib閞alisme dans l抏ssor de la nation canadienne-fran鏰ise, le pouvoir religieux rappelle que la nation se d閒init d抋bord comme un groupe uni par sa langue et sa religion communes. Il r閍ffirme l抏ngagement de la nation canadienne-fran鏰ise aupr鑣 de la France, qui a montr le chemin de l掗vang閘isation de la vall閑 du Saint-Laurent, mais aussi la fid閘it au roi d扐ngleterre, qui est le souverain l間itime sur cette m阭e nation. (EID, 1978 : 231)

C抏st en 1846 que Pie-IX entre en fonction, il est vu comme un souverain pontife plus enclin aux nouveaut閟 que son pr閐閏esseur. Mgr Bourget se rend alors Rome pour demander l掗tablissement de la province eccl閟iastique et recruter des religieux qui voudraient le suivre Montr閍l. Ses actions permettent entre autre d掗tablir le dioc鑣e de Toronto.

D抋utres 関閚ements politiques se pr閜arent durant les ann閑s qui suivent, Lord Elgin est nomm gouverneur au Canada-Uni, en 1847 et l抋nn閑 suivante, le gouvernement Lafontaine-Baldwin fonde, sur le principe de la responsabilit minist閞ielle, son propre conseil ex閏utif. (PROVENCHER, 2000 : 159-160) Suite la loi de juin 1846, des soul鑦ements populaires sont observ閟 lorsque des rumeurs laissent croire que le gouvernement n抋 plus d抋rgent pour payer les 閏oles au printemps 1848. (DUFOUR, 1996 : 116) Ces rumeurs conjugu閑s l抏stompement du mythe Pie-IX provoque une radicalisation du mouvement anticl閞ical des jeunes gens. Ce qui permet de faire craindre Mgr Bourget, en 1849, que tous les 閘閙ents sont en place pour donner lieu un retour des motivations qui ont men aux R閎ellions de 1837-1838. (VOISINE, 1984 : 117) Sujet qui est encore tr鑣 pr閟ent l抏sprit du peuple, puisque la loi de l抜ndemnisation des victimes de la r閎ellion est adopt閑. C抏st donc tout ce contexte qui m鑞era l掗meute de Montr閍l en 1849 qui ouvre la seconde moiti du XIXe si鑓le.(PROVENCHER, 2000 : 160)

CONCLUSIONN

En r閟um, nous avons ici tent de repr閟enter les diff閞ents 関閚ements qui ont marqu la d閏ennie qui suit les R閎ellions de 1837-1838 et surtout leurs cons閝uences sur ce qui se pr閜arait. Les crises r閜閠閑s du syst鑝e d掗ducation gratuit et public, qui a de la difficult s抜mplanter, les changements politiques, tant au niveau des id閛logies qu掄 celui des formes de gouvernement, ainsi que la crainte constante du clerg catholique de se faire 関incer et sa romanisation ultramontaine ont permis la mise en place des 閘閙ents de l掗meute de 1849. Tous ces 関閚ements sont non seulement la cons閝uence directe des r閎ellions mais, aussi celle du rapport Durham qui est venu annuler les efforts des canadiens-fran鏰is pour se faire reconna顃re comme une majorit ayant des droits. Ainsi, m阭e si nous ne connaissons pas encore toutes les motivations qui ont men aux r閎ellions, nous sommes en mesure d抋ffirmer que les luttes id閛logiques se sont poursuivies m阭e apr鑣 l抋rr阾 des hostilit閟 militaires.

Nous pouvons donc conclure que le peuple canadien-fran鏰is ne cherchait qu掄 s掗manciper tant au niveau politique, intellectuel que religieux et qu抜l allait y arriver par tous les moyens. Malgr tous les obstacles qu抜ls ont rencontr閟, les Canadiens-fran鏰is n抩nt pas subi l抋ssimilation et ont fini par voir reconnus certains de leurs droits. Il reste toutefois encore beaucoup accomplir pour permettre ce peuple, qu抩n a tant voulu angliciser, pour s抋ffirmer pleinement. Mais que cette question appartient un autre d閎at.



Caroline Roy-Blais



BIBLIOGRAPHIE

DUFOUR, Andr閑. Tous l掗cole , 蓆at, communaut閟 rurales et scolarisation au Qu閎ec de 1826 1859, HMH, Cahiers du Qu閎ec, Collection Psychop閐agogie, 1996, Canada, 271 pages.

Premi鑢e Partie : Un nouveau r閟eau d掗coles publiques, 1826-1836 , pages 35 90.

Deuxi鑝e Partie : Sous le signe de la r閟istance et de la contrainte, 1936-1849 , pages 91 166.

EID, Nadia F.  Le clerg et le pouvoir politique au Qu閎ec, une analyse de l抜d閛logie ultramontaine au milieu du XIXe si鑓le, HMH, Cahiers du Qu閎ec, Collection Histoire, 1978, Canada, 318 pages.

PROVENCHER, Jean. Chronologie du Qu閎ec 1534-2000, Un nouveau r間ime 1760-1867, Bor閍l Compact, 2000, Canada, pages 111 170.

VOISINE, Nive. Histoire du catholicisme qu閎閏ois, Les XVIIIe et XIXe si鑓les, TOME 2, R関eil et consolidation (1840-1898), Premi鑢e Partie : Le r関eil religieux (1840-1870), 1984, Canada, pages 13 200.

 

 

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