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Les Patriotes de 1837@1838 - Une journée des patriotes conjuguée au présent. Assumer la récupération de l’histoire par le politique fait aussi partie du devoir de mémoire
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Une journée des patriotes conjuguée au présent. Assumer la récupération de l’histoire par le politique fait aussi partie du devoir de mémoire
Article diffusé depuis le 13 mai 2004
 


Depuis vendredi 7 mai le drapeau patriote (vert, blanc et rouge) flotte au pied du monument aux patriotes, devant le siège social de la SAQ où furent pendus douze patriotes en 1838 et 1839. Un geste modeste qui traduit en fait la difficulté de nos institutions publiques à assumer tout le sens de ce dramatique épisode de notre histoire.

«Nous on fait de l’histoire, pas de la politique». Combien de fois en préparant les commémorations de la Journée nationale des Patriotes ais-je pu entendre cette remarque provenant du milieu des musées et de la recherche historique. Cette affirmation est en fait inopérante. Pis encore, elle ne sert ni l’histoire, ni un public avide de mieux comprendre le sens de la commémoration de la lutte patriote.



La fonction essentielle de l’histoire demeure d’éclairer et d’expliquer le présent en mettant en perspective les faits qui ont contribué à forger la société contemporaine. Nier que l’histoire ait prise sur le présent revient à en nier la fonction sociale. Elle devient alors «insignifiante», puisqu’on la dépouille de son sens premier, de son utilité dirions-nous.



Ce n’est ni une question de neutralité (d’ailleurs toujours factice), ni une question d’objectivité (souhaitable mais inaccessible). La mise en scène de l’histoire procède au départ de choix destinés à rendre compréhensibles à nos contemporains des enjeux débattus à d’autres époques et dans d’autres cadres institutionnels. Il est loisible par exemple de comparer le Conseil législatif de 1837 au Sénat canadien de 2004, puisqu’ils présentent tous deux des analogies utiles à la compréhension des faits historiques. Le récit historique est aussi devant l’obligation d’établir les prolongements contemporains d’un fait passé, ne serait-ce que pour le situer dans une perspective intelligible. On n'arrive donc jamais à se dépouiller des parallèles avec le présent, ne serait-ce que pour être compris du public. En prétendant le contraire, on réussit au mieux à produire un récit abstrait et désincarné. Au pire, l’historien ou le muséologue est trahi par ses choix implicites. En d’autres mots, le discours historique n’échappe pas à sa «récupération» par les enjeux du présent. Assumer cette récupération, tout en faisant en sorte d’en contrôler les ressorts, fait aussi partie du devoir de mémoire.



Il ne s’agit bien sûr pas de gommer la complexité inhérente à l’histoire afin de la rendre malléable aux mains d’un clan politique. L’historien doit plutôt s’assurer d’être présent pour que la vérité et la rigueur demeurent quand même bien servies. C’est en prétendant échapper à la perspective contemporaine qu’il nie sa responsabilité sociale et qu’il abandonne plus sûrement encore la matière de l’histoire aux démagogues.



Or nulle part cela n’est davantage vrai qu’à propos des Patriotes et des Rébellions de 1837-1838. Qu’on y pense, au Québec se publie bon an mal an une dizaine d’ouvrages sur ce sujet, des numéros spéciaux à répétition, sans compter une pléthore de sites web. Qu’on songe seulement que ces événements font vivre trois musées dans la seule région de Montréal, qu’au fil des années on a érigé d’innombrables monuments et qu’on tient deux commémorations annuelle, l’une le 23 novembre et l’autre à la mi-mai. On ne viendra pas ensuite prétendre qu’il s’agit là d’événements qu’on peut encapsuler dans leur stricte dimension historique ! Or, quand des intervenants de cette «industrie patriote» souhaitent eux-mêmes éviter toute allusion aux enjeux contemporains dans leur interprétation du passé, ils profitent purement et simplement de la légitime curiosité du public pour lui servir un plat insipide dont nous sortons tous perdants. L’histoire est de toute façon régulièrement mêlée au débat politique. Qu’on songe récemment à la réhabilitation d’un Louis Riel où à la reconnaissance de «l’erreur historique» envers le peuple acadien. À plus forte raison à propos d’un événement tel que les Rébellions de 1837-1838, il incombe aux intervenants du milieu de l’histoire d’être présents et de s’assurer que la rigueur et la vérité n’y soient pas trop malmenées. Autrement, ils sombrent dans l’historicisme, la subjectivité ou le simple récit chronologique.

 


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 Richard Savard  (26 janvier 2009)
Bonjour, je fais de la reconstitution historique (Compagnie Franche de la Marine 1683-1760). Je suis intéressé par tout ce qui touche Mon pays le Québec et j'aimerais savoir comment était habillé un patriote, car je voudrais rendre hommage à ces héros en me présentant vêtu des mêmes vêtements lors d'une commémoration. Merci à l'avance Richard (soldat du roi dit La Chevelure)
 valérie boivin  (24 juillet 2004)
c`est une histoire difficile à affronter lorsque nous voyons la statue avec des ailes brisées. c`est déchirant et douloureux.en même temps c`est d`une grandeur qui dépasse l`entendement humain, qui dépasse ce qu`il y a de plus beau en l`homme: se battre pour une cause juste jusqu`à la mort . Bravo! Nous voyons enfin ce qu`est la réalité et les difficultés humaines qui parcours le chemin de la liberté.

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