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Les Patriotes de 1837@1838 - Patriotes contre Loyaux, modalités d’un double affrontement durant la phase politique (1834-1837)
 ANALYSE 
     
Patriotes contre Loyaux, modalités d’un double affrontement durant la phase politique (1834-1837)
Article diffusé depuis le 5 janvier 2014
 




La question des causes et des motivations des protagonistes des insurrections de 1837-1838 traverse toute l’historiographie québécoise. Dès 1839, le rapport Durham jette les bases d’une interprétation ethnique concluant « qu'il existait une cause beaucoup plus profonde et plus radicale des dissensions particulières et désastreuses dans la province. Une cause qui surgissait des institutions politiques à la surface de l'ordre social. »[1] A la suite du gouverneur-enquêteur, les historiens nationalistes, de Garneau à Séguin, adhéreront à l’idée que la lutte politique ne doit pas masquer l’enjeu national qui explique seul l’intensité de la lutte. Pour Lionel Groulx et Gérard Filteau en particulier, cela permettait de minimiser l’importance du discours républicain et laïciste des patriotes pour mieux arrimer cet épisode à la lutte séculaire du peuple canadien-français.[2]

L’interprétation politique de ces événements sera plutôt mise de l’avant par les historiens libéraux désireux d’insérer l’expérience patriote dans la marche vers la démocratie canadienne, dont la conquête du gouvernement responsable en 1848 sera le point d’orgue. En opposant en gros les intérêts de la grande bourgeoisie marchande loyale à ceux de la petite bourgeoisie patriote, alliée aux masses paysannes, les tenants de l’histoire sociale enrichissent plutôt qu’ils ne s’opposent à cette lecture politique, puisque les classes sociales qu’ils mettent en jeu auront tendance à épouser les contours des mêmes familles politiques.[3]

Mieux connaitre le profil socio-économique des protagonistes peut permettre de déduire leurs motivations profondes. Les historiens l’ont d’abord expérimenté de manière empirique. Pour Serge Bernier par exemple, « Un élément qui illustre bien qu'il serait abusif de réduire les événements des années 1830 à la confrontation de deux ethnies est la présence d'anglophones dans le Parti patriote.»[4]. En 1983, l’historien Jean-Paul Bernard fait œuvre de pionnier en brossant le premier portrait prosopographique de 1800 individus impliqués dans la rébellion du côté patriote. Le professeur Bernard et son équipe étendent ensuite l’analyse à tous ceux impliqués politiquement à compter de 1834, dans la foulée des assemblées publiques consécutives aux 92 Résolutions, ainsi qu’aux loyaux, ces adversaires des patriotes, organisés en associations constitutionnelles et en milices volontaires. Les données recueillies nous ont permis de poser certains constats dans notre livre de 2003 et de faire ressortir l’importance, parmi les motivations des protagonistes, des enjeux de nature locale, en particulier quand ils sont mus par des rivalités ethniques.[5]
Les données présentées dans cet article ont été réunies à partir des procès-verbaux d’assemblées et des réunions des mouvements patriote et loyal, entre janvier 1834 et novembre 1834, et conservés dans les archives, reproduits dans les journaux d’époque ou dans certaines monographies, notamment celle de Robert Christie.[6] Les résultats obtenus portent sur 645 activités politiques organisées par des loyaux et 609 activités tenues par les patriotes dans 44 comtés du Bas-Canada et auxquelles ont participé 3304 militants loyaux et 5160 militants patriotes, dont 1216 furent plus tard arrêtés durant la répression en 1837-1838.[7] Ils furent autrement présidents ou secrétaires d’assemblées, membres de comités politiques ou impliqués à divers niveaux dans l’organisation de chacun des deux mouvements. L’analyse du profil de ces individus n’est pas complétée. Nos premières constatations tendent à démontrer l’importance des enjeux locaux pour expliquer la mobilisation politique très variable d’une région à l’autre. Parmi ces enjeux, le plus déterminant semble la cohabitation de communautés de langue et de culture différentes, soit des francophones et des anglophones.  Une brève incursion à propos de la profession et de l’origine nationale des principaux leaders permet en gros de confirmer cette hypothèse.

La conjoncture politique, 1834-1837

À part quelques pétitions et des campagnes d’assemblées publiques, notamment pour dénoncer le projet d’Union en 1822 puis contre l’administration du gouverneur Dalhousie en 1827, la stratégie patriote s’était d’abord bornée à une action purement électorale et parlementaire, consistant à faire directement pression sur l’exécutif afin d’obtenir des concessions, notamment sur la question des subsides. À compter de 1832, le parti patriote se radicalise et réclame désormais des modifications constitutionnelles, incluant l’électivité du Conseil législatif et l’accroissement du pouvoir des élus. Le dépôt des 92 Résolutions en février 1834 marque un changement de tactique consistant à exercer directement la pression sur les autorités britanniques en menant de bruyantes assemblées populaires à la grandeur du Bas-Canada et en créant des comités de mobilisation dans chaque comté.

Alertées, les autorités britanniques désignent au début de 1835 un nouveau gouverneur, lord Archibald Gosford, qui entreprend aussitôt d’amadouer les députés patriotes, en particulier ceux du caucus de la ville de Québec, réputé plus modéré. Déjà sévèrement rossés lors des élections générales d’octobre 1834, les organisations loyales ou anti-patriotes décident alors de riposter en tenant à leur tour des assemblées populaires, où ils créent des associations constitutionnelles destinées à contrecarrer la stratégie de compromis du nouveau gouverneur. Ces associations sont mises sur pied à Québec et Montréal mais aussi dans Deux-Montagnes, Beauharnois, Sherbrooke, Missiquoi et Mégantic. Elles entreprennent à la fin de 1835 d’organiser leurs propres milices, des groupes d’auto-défense dont les plus connues sont, à Montréal, le British Rifle Corps et le Doric Club.

Comme le démontrer la figure suivante, il est frappant de constater combien les organisations patriotes et loyales se mobilisent aux mêmes temps et se répondent aussitôt afin d’occuper l’espace politique. Elles se mobilisent toutes deux au printemps de 1834, soit pour appuyer les 92 Résolutions soit pour les dénoncer, puis à nouveau à l’hiver suivant, soit pour appuyer la création des British Rifle Corps soit pour la condamner. Les deux organisations entrent d’ailleurs conjointement en dormance tandis que très peu d’activités politiques sont tenues en 1836. L’annonce de la réponse officielle de Londres aux demandes patriotes, les fameuses Dix résolutions Russell, a l’effet d’un coup de tonnerre en avril 1837 et sonne le réveil des deux organisations qui s’opposent dans pratiquement chaque région, parfois dans les mêmes localités et à seulement quelques jours d’intervalle. Le dernier acte appartient cependant aux Loyaux. À la fin de l’automne, à l’initiative de quelques juges de paix zélés, des localités sont invitées à exprimer leur loyauté par le biais d’assemblées et de pétitions loyales, pour l’essentiel afin de se prémunir contre la répression militaire qui frappe alors Deux-Montagnes et la vallée du Richelieu.
 

 
Au plan organisationnel, le mouvement patriote conserve jusqu’à la fin les formes d’un parti politique. À Montréal, le Comité central et permanent est constitué des cadres politiques et des députés du district de Montréal placés sous la présidence de Louis-Joseph Papineau. Le comité de correspondance relève du comité central et achemine les mots d’ordre ainsi que le texte des résolutions à faire adopter en assemblée par les quelques 40 comités de comtés. Ces comités de comté comptent de douze à 60 membres. Ils organisent les assemblées publiques, appuient les candidats patriotes aux élections ou veillent au respect du boycottage des produits anglais par le biais d’un comité de vigilance ou d’une union patriotique. Le parti est bien organisé à la grandeur du Bas-Canada sauf en Outaouais, en Gaspésie et dans la région de Québec, où le caucus des députés accepte mal la tutelle de Montréal.
Du côté des Loyaux, les résultats catastrophiques aux élections de 1834 ne leur avaient laissé que dix sièges sur 88 en Estrie et en Gaspésie. Le mouvement loyal renonce donc plus tôt à une organisation de type démocratique ou électorale et entreprend de se doter d’une structure hiérarchique et très peu démocratique. Issues des sociétés nationales St-George, St-Andrew et St-Patrick, les associations constitutionnelles sont aussi ouvertement racistes et n’hésitent pas à recruter leurs membres sur une base ethnique, leur assurant ainsi une grande cohésion au moment d’en découdre sur le plan militaire.

Types d’activités menées par les mouvements loyaux et patriotes entre 1834 et 1837


L’assemblée publique est la forme caractéristique de l’organisation, autant du côté loyal que patriote. Héritiers de la tradition britannique et davantage soucieux de soigner leur relation avec le gouvernement colonial, les loyaux recourent davantage que leurs adversaires à des pétitions, adresses ou déclarations, généralement destinées aux dirigeants de la colonie. Les patriotes tiennent en revanche davantage de réunions, 108 contre 71, tributaires de la pléthore de comités de comté, de correspondance ou de vigilance qu’ils n’ont de cesse de créer. Les commémorations correspondent à des fêtes, à des banquets ou à des processions à vocation communautaire ou religieuse ayant une portée politique : une célébration de la Saint-Andrew’s Society ou un banquet de la Saint-Jean-Baptiste par exemple.

La tenue d’une assemblée publique est généralement précédée d’une invitation signée par quelques notables et publiée dans les journaux affiliés à chaque parti : La Minerve ou Le Canadien pour les Patriotes ou la Montreal Gazette ou le Quebec Mercury pour les Loyaux. Les assemblées visent en général à « prendre connaissance de l’état de la province », à voter une série de résolutions écrites à l’avance par le comité de correspondance et à renouveler les effectifs des divers comités qui assurent le suivi entre les assemblées.
Comme le montre la figure 2, les patriotes privilégient le dimanche après la grand’messe pour tenir leurs grandes assemblées publiques, profitant de la présence au village des habitants des concessions. Pour le journal L’Ami du peuple, la voix officielle des sulpiciens :

Nos révolutionnaires qui se vantent encore d’être  catholiques, semblent avoir entièrement oublié que le dimanche est un jour  consacré au culte divin. C’est le dimanche qu’ils ont choisi pour toutes  leurs exhibitions, assemblées, revues, parades, etc. Ils sont sûrs que le  dimanche les ouvriers ne sont point occupés, et c’est là-dessus qu’ils  calculent.[8]

La répartition des activités loyales et patriotes

En 1837, le peuplement franco-catholique est encore confiné à la zone découpée en seigneuries et concentré le long du fleuve et de quelques affluents : l’Assomption, la Chaudière, le Richelieu et la Yamaska. Sur les marches du domaine seigneurial, le territoire est cadastré selon la tenure anglaise en une centaine de townships (cantons) de 16 km de large et destinés à être vendus par la Couronne. Au moins jusqu’en 1844, le peuplement des cantons est rigoureusement réservé aux colons britanniques. Ils sont surtout d’ascendance anglaise et écossaise au nord et à l’ouest, et d’origine américaine au sud-est, notamment dans Missisquoi et Stanstead.
La réforme électorale de 1831 tend à respecter ce découpage. Des comtés se retrouvent donc soit massivement francophones ou anglophones. Quelques enclaves d’anglophones sont cependant enserrées dans des comtés francophones, notamment à Stoneham (Québec), Caxton (St-Maurice), Rawdon, Chertsey (L’Assomption), Chatham et Gore (Deux-Montagnes). Le phénomène se retrouve aussi au sud dans Vaudreuil (Newton), Beauharnois (Hemmingford), l’Acadie (Sherrington) et Rouville (Caldwell’s Manor). On retrouve aussi des marchands anglophones dans quelques bourgs, soit Saint-Eustache, Berthier, Trois-Rivières, LaPrairie, Dorchester (Saint-Jean) et William-Henry (Sorel).
 

 
Les cartes 2 et 3 indiquent où sont tenues les quelque 202 grandes assemblées populaires patriotes et les 242 assemblées loyales. Ce sont dans tous les cas les principaux foyers d’activités de chaque mouvement, où l’organisation est la plus élaborée et le militantisme le plus intense. Sans surprise, le mouvement patriote est confiné à la zone seigneuriale, peuplée de francophones. Il est particulièrement organisé dans la grande plaine de Montréal ainsi que dans les villes de Québec (12 assemblées) et de Montréal (35 assemblées). L’exception se retrouve cependant dans les comtés de Missisquoi et de Stanstead, surtout peuplés d’Américains ayant grandi dans les institutions républicaines et où plusieurs éprouvent une sympathie spontanée pour le programme patriote.
 


Sans surprise non plus, les loyaux sont surtout actifs dans les villes de Québec et de Montréal (respectivement 40 et 72 assemblées). Il ne faut cependant pas négliger la solide organisation loyale dans les régions découpées en cantons dont certaines sont pourtant très peu peuplées, telles Rawdon, New Glagow ou Kildare à l’ouest, et Durham, Kingsey, Inverness ou Leeds à l’est. Le plus remarquable demeure cependant la solide mobilisation loyale au sud, le long de la frontière américaine, où sont cantonnées de farouches communautés loyalistes qui allaient jouer un rôle si important pour réprimer les patriotes à Moore’s Corner ou lors de l’insurrection des frères chasseurs en novembre 1838.
Même si loyaux et patriotes semblent se diviser le territoire, ils partagent à maints endroits un espace politique commun, objet d’une intense rivalité. Ce genre de rivalité existe dans presque tous les comtés minimalement mobilisés. Dans L’Assomption, les loyaux de Rawdon sont en rivalité avec les patriotes de l’Assomption. Dans Terrebonne, ceux de New Glasgow font face aux patriotes de Sainte-Thérèse et de Sainte-Anne-des-Plaines. Dans Deux-Montagnes, ceux de St-Andrew affrontent les patriotes de Saint-Benoit. Dans Beauharnois, les patriotes de Ste-Martine affrontent les loyaux d’Ormstown. Dans l’Acadie, les patriotes de Sainte-Marguerite sont opposés aux loyaux d’Odellown, tandis que dans Missisquoi les Américains installés à Stanbridge affrontent les fils de loyalistes à Frelighsburg, etc. Dans presque tous les cas, on relève des enjeux locaux exacerbés et des rivalités parfois anciennes afin d’occuper l’espace politique. Souvent l’enjeu est le contrôle d’un centre économique régional. C’est particulièrement clair quand on dénombre les « prises de guerre » que font un temps les insurgés patriotes et qui consistent à s’emparer d’un centre régional d’importance dont patriotes et loyaux se disputaient déjà le contrôle avant même le recours aux armes. On pense en 1837 à la lutte pour le contrôle de Saint-Eustache et, en 1838, à la lutte pour Terrebonne, pour St-Jean, pour Napierville et bien sûr pour Beauharnois.
 


La carte 5 permet d’apprécier l’ampleur de la mobilisation politique pour chacun des 18 comtés du district de Montréal. En règle générale, les comtés les plus actifs du côté patriote le sont aussi du côté loyal, preuve que la mobilisation et que l’organisation d’une région s’appuient notamment sur des rivalités locales. À l’inverse, si dans une région la clientèle traditionnelle d’un mouvement ne souffre localement d’aucune concurrence de la part du mouvement adverse, elle ne connaîtra alors aucune activité politique notable. Ce constat s’applique particulièrement bien au reste du Bas-Canada, dans la vaste région en aval de Berthier, la Beauce, Québec et le Bas-Saint-Laurent, où les mouvements patriotes et loyaux sont conjointement et mutuellement apathiques.
 

 
La carte 7 présente la répartition des militants loyaux et patriotes. Ce dénombrement a surtout été établi à partir des compte-rendu d’événements parus dans les journaux du temps. Il doit donc être envisagé avec prudence comme ne donnant pas nécessairement un portrait juste du membreship local. Certains journaux ne fournissent en effet que le nom des principaux acteurs, tandis que d’autres allaient jusqu'à fournir celui de tous ceux présents à une assemblée. Sans donner une idée claire de l’ensemble du personnel politique vraiment disponible dans chaque comté, il s’agit de la meilleure donnée dont nous disposions afin d’évaluer la répartition des militants. Cette carte confirme qu’en général les comtés mobilisés du côté patriote le sont aussi du côté loyal. Le cas de Laprairie (347 militants patriotes et aucun loyal) ne doit pas nous distraire. Les activités patriotes menées à Saint-Constant et Saint-Philippe-de-Laprairie sont constamment en réaction avec celles tenues par les loyaux de Montréal et surtout ceux de Beauharnois. Le cas de Richelieu demeure cependant un anomalie qu’on expliquera plus loin.
 



La figure 1 permet de faire le même constat mais cette fois de manière statistique et pour l’ensemble du Bas-Canada. Elle confirme le caractère dialectique de la mobilisation patriote et loyal. En règle général, si on exclut les extrêmes loyaux de Beauharnois, Sherbrooke et de Mégantic d’une part, et les extrêmes Patriotes de Verchères et Richelieu d’autre part, la tendance est nettement que plus un comté est mobilisé du côté patriote, plus il le sera du côté loyal et vice-et-versa, le cas idéal étant Missisquoi. La corrélation de 0,66, sans être très forte, démontre d’ailleurs une certaine relation. Enfin, les données pour Montréal et Québec, qui n’ont pas été considérées ici, confirment parfaitement ce constat.
 


Cette répartition des militants par comté ne tient pas compte des simples signataires à une pétition car cela n’engage pas un très haut degré d’engagement. Il est néanmoins frappant de constater que la plupart de ceux qui signent des pétitions loyales dénonçant le camp patriote et enjoignant la Couronne a rétablir l’ordre dans la colonie habitent des comtés où les patriotes sont particulièrement actifs. Ainsi, à part Montréal (3270 signataires) et Québec (1072 signataires), les principales pétitions loyales sont menées dans des comtés tels que Deux-Montagnes, Lapraire, Terrebonne ou l’Acadie où les patriotes ont du se sentir particulièrement visés :

Nombre de signatairesde pétitions loyales par comtés (1834-1837)

                                                      

La mobilisation selon la langue et la religion

La composition ethnique de chaque comté a été établie à partir des recensements de 1831 et de 1844, qui nous éclairent sur les confessions religieuses et, dans le cas de 1844, sur l’origine nationale : canadien-français, canadien-anglais ou né à l’extérieur de la province. La carte 4 montre que la composition de la population est, en 1837, directement fonction de l’aménagement du territoire. Dans les district de Montréal, les trois comtés entièrement découpés en cantons sont massivement peuplés d’anglo-protestants, tandis que Deux-Montagnes, Beauharnois, l’Acadie et Rouville, qui encerrent chacun quelques cantons, comptent tous une minorité anglophone significative. Cela aura d’importantes conséquences sur leur configuration politique.
 

 
La carte 4 montre que la cohabitation de communautés francophones et anglophones semble une condition propice à la mobilisation politique. À preuve, les comtés les plus actifs, à la fois du côté loyal que patriote, sont aussi ceux où se retrouvent d’importantes minorités. Montréal-rural, Deux-Montagnes, l’Acadie ou Rouville comptent tous d’importantes minorités anglophones variant de 17 à 24%. Ce sont aussi tous des comtés particulièrement mobilisés, autant du côté loyal que patriote, et dont le rôle est indéniables durant les insurrections. Reste les cas de Richelieu ou Verchères, où la mobilisation patriote est importante sans qu’on y retrouve ni de loyaux ni d’anglophones d’ailleurs. Nous y reviendrons. En dehors de ces cas, la règles semble s’appliquer à l’ensemble du Bas-Canada. La zone seigneuriale en aval de Berthier est massivement peuplée de francophones. L’absence de toute minorité anglophone dans cette vaste région peut être mise en relation avec l’absence quasi-totale de mobilisation politique. De même, les comtés de Mégantic, Drummond, Sherbrooke et Shefford, essentiellement peuplés d’anglophones, sont tout aussi apathiques.
 

 
La carte 6 rend compte des comtés où ont eu lieu des batailles importantes en 1837-1838 et où par conséquent se trouvent à résider la plupart des individus arrêtés. Elle permet de constater que l’action militaire en 1837-1838 est généralement conséquente avec la mobilisation politique qui l’a précédée : les comtés les plus mobilisés durant la phase politique sont aussi ceux où auront lieu les plus importante rafles de l’armée. Missisquoi et Stanstead décoivent cependant. Ces fiers américains pro-patriotes, passablement actifs durant la phase politique, décident de passer leur tour durant la phase militaire. Il s’agit d’un constat déjà observé par l’historiographie à l’effet qu’anglophones et francophones sont conjointement présents durant la mobilisation politique patriote, mais que la répression militaire, qui touchera essentiellement les francophones, contribuera à faire sombrer la crise dans l’affrontement ethnique.
 


Les militants loyaux s’avèrent d’autant plus actifs et agressifs si, à l’échelle locale, l’adversaire patriote est présent et mobilisé. Reste que, s’il demeure sensible à la présence de patriotes à proximité, le mouvement loyal dépend d’abord et avant tout de la présence d’une communauté anglophone en mesure de le soutenir. Cette corrélation se vérifie dans pratiquement tous les cas. Plus une localité compte d’anglophones, que ce soit des Américains, des Irlandais, des Anglais ou des Écossais, plus le mouvement loyal y sera vigoureux et cela même si le péril patriote peut paraître lointain, comme dans Sherbrooke ou Drummond par exemple.

Cette règle s’applique aussi bien sûr aux villes de Montréal et de Québec, à la fois les deux foyers politiques les plus actifs, tant du côté loyal que patriote, chacune abritant une imposante minorité anglophone. À Montréal en particulier, les patriotes font face à 18 000 anglophones particulièrement actifs au sein de la Montreal Constitutional Association, la plus puissante et la plus radicale organisation loyale de tout le Bas-Canada. Les anglophones se considèrent ainsi comme un groupe globalement menacé par le projet patriote et, partout où ils sont en nombre suffisant, ils semblent prêts à s’y mesurer.

Les conditions propices à l’émergence d’un mouvement patriote local répondent aux mêmes critères. De L’Assomption à Kamouraska, dans la moitié des comtés du Bas-Canada, la mobilisation tend à décliner à mesure qu’on se dirige vers l’est. À tout prendre, seul le fait qu’on soit en face de populations à plus de 95 % franco-catholique peut ironiquement l’expliquer. L’absence à l’échelle locale de communautés anglophones, généralement à l’origine d’un mouvement loyal, désamorce l’une des principales sources de conflit à l’échelle locale. Comme pour s’en convaincre, les comtés de cette zone qui s’en tirent mieux du côté patriote sont ceux qui comptent au moins un township peuplé d’anglophones : Frampton dans la Beauce, Rawdon dans L’Assomption ou Aston près de Nicolet.

Plus au sud, autour de Montréal, on a d’ailleurs droit à un spectacle complètement différent. Considérons d’abord ces comtés formant un arc de cercle en périphérie du district de Montréal : Terrebonne, Deux-Montagnes, Vaudreuil, Beauharnois, Laprairie, L’Acadie, Rouville, Missisquoi et Stanstead. Tous sont politiquement très actifs entre 1834 et 1838, autant du côté patriote que du côté loyal, et comptent incidemment tous une population anglophone significative. Dans Missisquoi et Stanstead, où la minorité est plutôt de langue française, la question ethnolinguistique se pose avec plus d’acuité encore, comme le rappelle sans cesse à Frelisghburg le Missiskoui Standard de James Moir Ferres.
Dans ce chapelet de comtés autour de Montréal, on voit donc que le dynamisme du mouvement patriote est généralement induit par la proximité d’une communauté anglophone et d’un mouvement loyal organisés. Que cette caractéristique vienne à faire défaut, comme dans Vaudreuil, Terrebonne et Rouville, et le mouvement patriote s’en trouve indubitablement affaibli.
On a cependant rencontré des cas où cette règle ne s’applique pas, plus exactement dans quatre comtés situés immédiatement à l’est de Montréal : Verchères, Chambly, Richelieu et dans Saint-Hyacinthe. Là, la mobilisation du côté patriote est intense même si ces comtés sont massivement francophones et qu’aucun adversaire loyal ne leur est opposé à l’échelle locale, à moins bien sûr que la puissante machine loyale à Montréal puisse en faire office.

Pour expliquer cette anomalie on doit tenir compte du fait que les patriotes de ces quatre comtés sont bien plus qu’ailleurs solidaires de la direction montréalaise avec qui ils entretiennent une grande communauté de vue, partageant notamment de nombreux leaders ainsi que d’intenses liens familiaux : les Viger dans Chambly, les Cherrier et Nelson dans Richelieu. ET à commencer par Papineau lui-même qui, de Montréal à Saint-Hyacinthe, sait qu’il peut compter sur une chaîne ininterrompue d’amis et de parents sûrs.
L’axe Montréal–Saint-Hyacinthe apparaît donc moins sensible aux antagonismes ethniques que les autres régions du Bas-Canada. Ce trait découle des liens privilégiés que les leaders et la population locale ont tissés avec la direction du parti patriote qui diffuse un discours consensuel portant strictement sur la conquête de droits démocratiques, la refonte des institutions politiques et scrupuleusement exempt d’allusion à l’origine ethnique. On s’y trouve en somme partie prenante de grands principes patriotes qu’on s’est tout entier appropriés au point de les faire siens.

L’origine des leaders

Connaitre les motivations  des protagonistes des insurrections de 1837-1838 implique bien sûr de tenir compte du profil socio-économique de ces derniers. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui n’est complété. On s’est donc concentré sur les principaux acteurs, ceux  ayant participé à plusieurs activités politiques dans des rôles de direction, en privilégiant les notables qui bénéficiaient d’une charge publique et d’une certaine influence dans leur communauté. On a aussi privilégié ceux ayant prolongé leur action au-delà de novembre 1837, soit à titre de combattant patriote ou de milicien loyal. En appliquant ainsi les mêmes critères aux leaders des deux camps, on en arrive à 193 leaders loyaux et à 310 leaders patriotes ayant en moyenne participé à sept activités politiques dont 31% actifs durant phase militaire.
D’après le tableau suivant, on constate sans surprise que les leaders loyaux sont plus nombreux à habiter les villes que les leaders patriotes.

Provenance des leaders loyaux etpatriotes

                            

La surprise serait en fait que l’écart n’est pas si grand tant une certaine historiographie nous a habitué à opposer un mouvement patriote essentiellement rural à un mouvement loyal confiné aux villes. [9]   Le mouvement loyal a en fait de puissantes antennes dans certains comtés ruraux découpés en cantons, tandis que le mouvement patriote rayonne pour beaucoup à partir de Montréal. Reste que l’intense activité des associations constitutionnelles de Montréal et de Québec et la prépondérante des grands marchands coloniaux renforcent la place des urbains au sein du leadership loyal.

Tableau 2     L’origine des leaders durant la phase politique(1834-1837)


De tous les chiffres du tableau 2, celui qui ressort immédiatement est celui illustrant la place des professionnels canadiens-français dans le mouvement patriote (37%). Si notaires, avocats et médecins sont aussi nombreux chez les loyaux, ils sont loin d’y occuper la même prépondérance. La place des marchands est aussi importante dans les deux mouvements. Ceux associés aux patriotes mènent surtout des affaires d’ampleur locale, principalement dans le domaine agricole, socialement très proches des professionnels ruraux. Les grands marchands coloniaux sont en revanche acquis au mouvement loyal. Sous le titre d’entrepreneurs sont ici regroupés les hommes d’affaires qui, en marge du grand commerce, se consacrent d’abord à des activités immobilières, financières ou industrielles dont l’envergure dépasse le cadre de la boutique ou de l’échoppe. On y a ainsi placé les banquiers, les armateurs, les agents de colonisation et les spéculateurs fonciers, de même que ceux se définissant par la qualité de bourgeois. Ils sont généralement acquis à la coalition loyale et habitent plutôt les villes et les principaux bourgs.[10]
Les artisans et les gens de métier sont à peu près équitablement répartis entre les deux mouvements. On y a placé ceux exerçant un métier, le plus souvent des artisans membre d’une corporation, travailleurs impliqués dans une entreprise de transformation ou de services dont la taille est modeste. On y rencontre notamment des apothicaires, artistes peintres, commis, aubergistes, cordonniers, forgerons, huissiers, imprimeurs, instituteurs, journalistes, libraires, maçons, meuniers, navigateurs et tailleurs.

D’un côté comme de l’autre, les seigneurs sont peu nombreux à s’engager politiquement. Ce sont d’ailleurs les seigneurs francophones qui affichent le plus volontiers leur affiliation loyale. Ils font généralement le choix de s’associer aux loyaux et à l’administration coloniale afin de se prémunir contre l’érosion de leur prestige et de leur pouvoir économique. Il en va de même pour les fonctionnaires, membres de la petite élite coloniale ou militaires incorporés à l’armée régulière. Voyant leur prestige menacé par la refonte appréhendée des cadres de l’État colonial, ils choisissent en général de se rallier à la coalition loyale, soit par réflexe conservateur, soit par conformisme ethnique.

En somme, peu de choses distinguent les leaders patriotes et loyaux au plan professionnel. Bien sûr il y a un monde entre le petit avocat de village patriote et le gros avocat gérant les affaires d’un grand marchand de Québec. Ce coup de sonde nous convainc cependant qu’on ne semble pas en face d’une véritable fracture sociale dont on aurait au moins du discerner les contours par le profil professionnel des principaux protagonistes. Il en va tout autrement de l’origine ethnique…
 


L’origine ethnique demeure, et de loin, le plus sûr moyen de distinguer un leader patriote d’un leader loyal. Comme on le voit à la figure ci-haut, la direction du mouvement loyal reste dans l’ensemble une affaire d’anglo-saxons, Anglais, Écossais, Irlandais et ressortissants américains qui représentent 153 des 193 leaders loyaux retenus, soit près de 80 p. cent. La catégorie Autres quant à elle ne regroupe qu’une poignée de Français, d’Italiens, de Suisses, de Polonais et de Juifs originaires de Grande-Bretagne et surtout intégrés au mouvement loyal. Du côté patriote, certains historiens ont insisté sur la place des anglophones à la tête du mouvement patriote. Cette hypothèse peut en partie s’avérer si on ne considère que la tête du parti patriote et que les villes de Québec et de Montréal où se retrouve quand même près du tiers (32 p. cent) des leaders patriotes dont les parents ne soient pas nés au Canada. Ailleurs ce constat ne s’avère nullement. Dans l’ensemble, seuls 48 leaders patriotes sur 310, soit 15,5 p. cent, sont d’une autre origine que canadienne-française. Cette représentation a au moins le mérite de respecter la part de chacun des groupes dans la société bas-canadienne, en tout cas bien mieux que chez les loyaux. Cette disparité serait encore plus accablante si on incluait les protagonistes durant la phase armée, quand on sait que plus des 95 % des personnes arrêtées étaient des Canadiens et que l’essentiel de la répression fut l’œuvre de soldats anglais épaulés par des milices loyales strictement d’ascendance anglo-saxonne.

Conclusion

L’ampleur du sujet abordé dans cet article, ainsi que la profusion des variables qui doivent être tenues en compte font que toute hypothèse demeure provisoire et doit être avancée avec prudence. On constate néanmoins que loyaux comme patriotes sont actifs aux mêmes temps et souvent dans les mêmes localités, avalisant l’impression que la mobilisation politique est surtout fonction d’enjeux locaux. Parmi ces enjeux, la cohabitation difficile entre des communautés francophones et anglophones semble un critère déterminant. À part sur la rive-sud de Montréal, les régions les plus soulevées sont systématiquement celles où cohabitent anglophones et francophones. Cette impression est corroborée par un bref aperçu du profil socio-ethnique des leaders de chacun des mouvements. Aucune variable ne discrimine mieux l’appartenance à l’un ou l’autre camp que l’origine ethnique, même lorsqu’on ne considère que la phase politique du conflit, soit celle qui précède le « coup de feu » qui entrainera la répression militaire et l’écrasement d’une race par une autre.
Est-ce à dire que ce vaste mouvement d’affirmation nationale ne serait en fait qu’une somme de querelles régionales ? Tout en reconnaissant que les mots d’ordre et les figures emblématiques furent partout les mêmes, peut-on tout aussi bien résumer l’insurrection de 1837 à un chapelet de tensions consistant à occuper le terrain politique local ? Bien sûr que ce serait exagéré. Il nous reste cependant à mieux tenir compte des préoccupations locales, en particulier les problèmes de cohabitation entre anglophones et francophones, pour expliquer en particulier l’intensité et la profondeur de l’engagement des masses rurales pour défendre le programme patriote. Cette nouvelle perspective pourra alors nous aider à mieux comprendre pourquoi la mobilisation politique fut si variable d’une région à l’autre, comment les éléments radicaux de chacun des mouvements aient pu agir de leur propre chef et pourquoi la direction du parti patriote se soit avérée si inefficace au moment de prendre la tête du mouvement quand les débordements se sont généralisés en novembre 1837.

[1] Lord Durham. Rapport sur les affaires de l'Amérique du Nord britannique (1839), traduit et reproduit sous le titre Rapport Durham, Montréal, Les Éditions Sainte-Marie, 1969 : 79.
[2] Gérard Filteau, Histoire des patriotes, Québec, Septentrion, 2002 : xv.
[3] Les événements de 1837-1838 ont récemment été l’objet de nombreux survols historiographiques. On pense à la plupart des textes réunis dans le collectif La culture des patriotes (Septentrion, 2012) au petit livre très stimulant d’Yvan Lamonde, Papineau, erreur sur la personne (Boréal, 2012) et celui de Marc Chevrier, La république québécoise, hommages à une idée suspecte (Boréal, 2012). On s’y attarde cependant surtout l’émergence des idées républicaines dans le discours patriote.  À propos des causes du recours aux armes en 1837 on semble en fait, depuis les années 1990, s’entendre autour du constat général d’un Jean-Paul Bernard à l’effet que « Les rébellions dans la colonie du Bas-Canada apparaissent ainsi comme une crise sociale généralisée, qui concerne à la fois le développement des institutions politiques, les orientations et les profits à tirer du développement économique et le développement de l’identité coloniale. Aucune de ces trois dimensions fondamentales ne peut être écartée légèrement ni même réduite au statut d’aspect second d’une autre dimension. » Jean-Paul Bernard, Les Rébellions de 1837-1838 dans le Bas-Canada, Ottawa, Société historique du Canada, brochure historique, no. 55, 1996 : 26. 
[4] Gérald Bernier, « Le parti patriote (1827-1838) » dans Vincent Lemieux, éd., Personnel et partis politiques au Québec. Trois-Rivières, Boréal, 1981: 214-15. Certains historiens avaient entrepris des biographies collectives systématiques afin de cerner les motivations des acteurs. On pense en particulier à John Hare sur la composition de la Chambre d’assemblée, à Fernand Ouellet, qui avaient su tirer profit d’une source intéressante, les listes nominatives d’électeurs, ainsi qu’à J. K. Johnson à propos de l’élite coloniale du Haut-Canada, le fameux Family Compact.  J. E. Hare (1973-1974), « L'Assemblée législative du Bas-Canada, 1792-1814: députation et polarisation politique » . RHAF. 27, no 3: 361-396 et  Fernand Ouellet, Le Bas-Canada. Changements structuraux et crise. Ottawa: Éditions , de l’Université d’Ottawa, 1976, 541 p. ; James Keith Johnson Becoming prominent : regional leadership in Upper Canada, 1791-1841. Toronto, TUP, 1989, 277 p.
[5] Gilles Laporte, Patriotes et loyaux, mobilisation politique et leadership régional durant les rébellions de 1837-1838, Québec, Septentrion, 2003 : iv. Rappelons notre reconnaissance envers M. Jean-Paul Bernard qui a bien voulu que nous tirions profit des données recueillies, entre 1987 et 1989, par le groupe de recherche Patriotes et Loyaux dans les rébellions de 1837-1838. Jean-Paul Bernard, qui avait déjà publié Les Rébellions de 1837-1838. Les Patriotes dans la mémoire collective et chez les historiens (Boréal, 1983), avait entrepris à compter de 1985 de travailler à la fois sur les Patriotes et sur leurs adversaires « Loyaux », convaincu que les premiers ne peuvent être adéquatement compris qu’à travers leurs relations antagoniques avec les seconds et inversement. Soulignons aussi la contribution de mesdames Denyse Beaugrand-Champagne et Johanne Muzzo dont les travaux à la maîtrise, respectivement sur le mouvement patriote et loyaux dans les Cantons-de-l’Est et dans la ville de Montréal, se sont avérés absolument essentiels pour nous.
[6] Robert Christie, History of the Late Province of Lower Canada, parliamentary and political, from the commencement to the close of its existence as a separate province, Volume 3. Montréal, Lovell, 1839. Mentionnons aussi certaines sources méconnues, en particulier le fonds John Neilson (Archives nationale du Canada (ANC), MG 24 B128) et celui du fonds du Comité de correspondance de Montréal (ANC, MG24 B1). Pour le reste, les journaux suivants ont été systématiquement dépouillés pour les années 1834 à 1837 : La Minerve, The Vindicator, Le Canadien, Quebec Gazette, Montreal Gazette, Morning Courrier, L’Écho du Pays et L’Ami du Peuple... Pour la description plus précise des sources utilisées, voir Gilles Laporte, op. cit. : 54.
[7] À l’inverse, 805 individus arrêtés sont totalement inconnus des procès-verbaux d’activités politiques patriotes.
[8] L'Ami du peuple, 25 octobre 1837.
[9] Saint-Yves, 1982: 68; Gentilcore, 1993 :54
[10] (VACHON, 1962 :70-73, 85; HARDY et RUDDEL, 2001 :1; PAQUET et WALLOT, 1973 :116-119; LAFORTUNE, 1998, 123)

 


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