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Les Patriotes de 1837@1838 - La crise annextionniste de 1849-1850
 EVENEMENT 
     
La crise annextionniste de 1849-1850
Article diffus depuis le 4 janvier 2012
 




La crise annexionniste fut principalement caus閑 par la col鑢e des marchands anglais de Montr閍l, incapables de supporter que le gouvernement LaFontaine-Baldwin ait vot la loi d'indemnisation qui pr関oyait, dans des circonstances tr鑣 sp閏ifiques, de rembourser certaines personnes qui avaient connu des pertes financi鑢es suite aux r閜ressions britanniques lors du soul鑦ement des Patriotes en 1837.

Pour certains francophones, les Canadiens-fran鏰is les plus lib閞aux et qui admirent le fonctionnement politique des 蓆ats-Unis, c'est aussi l'occasion d'閏happer l'Union de 1840. Plusieurs journaux tendance lib閞ale comme L'Avenir, Le Canadien ind閜endant et Le Moniteur canadien appuient ce mouvement, principalement depuis l'閏hec de la r閒orme parlementaire et l'abolition du protectionnisme britannique dans le domaine de l'exportation des produits c閞閍liers. Ils avaient entrepris plus activement, cette ann閑-l, de proposer l'annexion aux 蓆ats-Unis en citant en bien l'exemple de la Louisianne. Ce sera entre autre le cas le 2 ao鹴, alors que L'Avenir publie dans ses pages le programme politique des Rouges, qui pr関oit l'annexion. Pour la presse lib閞ale, l'annexion permettrait aux Canadiens de vivre comme ils le voudraient, en ayant en contrepartie qu' respecter

es lois lois g閚閞ales qui r間issent les 蓆ats-Unis. De plus, cela permettrait de sauvegarder le catholicisme, gr鈉e la libert de culte en vigueur dans ce pays. En novembre 1848, dans Le Fantasque, le journaliste Aubin 閏rit : Chacun son go鹴 : pour moi, je ne serai jamais anglomane; car l'閜ais John Bull l'abdomen pro閙inent, mine renfrogn閑 et hargneuse, l'air hautain et aristocratique, je pr閒鑢e Brother Jonathan l'oeil intelligent, mani鑢es sans g鑞e et principe d'間alit.

Ce sera le 8 octobre 1849 que les journaux anglophones de Montr閍l vont publier le fameux manifeste annexionniste. Environ 325 personnes signent le document, principalement des marchands anglophones - dont John Molson et John Redpath - qui ont plusieurs choses d閚oncer. Tout d'abord, ils en veulent grandement la Grande-Bretagne d'avoir mis fin aux mesures protectionnistes, en 1846,

ce qui leur assurait un march 閏onomique important. Cela leur a donc caus 閚orm閙ent de torts. Ils d閚oncent la forme politique du Canada qui co鹴erait trop cher; de plus, le march canadien est trop petit pour attirer les investisseurs financiers. Finalement, ils croient que les institutions politiques manquent de solidit, n'inspirant ainsi aucunement la confiance n閏essaire. On dit aussi craindre les r閜ercussions que pourrait avoir un jour le lien colonial : au cas d'une rupture entre deux des plus puissantes nations du monde (note : les 蓆ats-Unis et la Grande Bretagne), le Canada deviendrait leur champ de bataille et en supporterait toutes les cons閝uences. Il ne faut pas non plus oublier que ces Montrealers sont en col鑢e contre le gouvernement du Canada-Uni, qui a vot une loi en faveur du d閐ommagement des familles qui furent touch閑s lors des r閎ellions de 1837 et 1838, loi qui aura finalement caus閑 l'incendie du Parlement install Montr閍l en avril 1849. Bon joueurs, les annexionnistes mentionnent avoir envisag d'autres options que de joindre les 蓆ats-Unis, mais que seule celle-ci est viable. Entre autres, une union f閐閞ale ne pourrait 阾re envisag閑, car le Canada ne peut pas non plus attendre de l'encouragement pour son industrie manufacturi鑢e en provenance des autres colonies britanniques. Dans la province du Canada-Est, les conservateurs anglophones appuient l'annexion, mais leurs coll鑗ues francophones s'y opposeront.

Il est 間alement int閞essant de noter que quelques francophones, bien que peu nombreux, vont signer ce manifeste. Il s'agira entre autres du tr鑣 connu chef des Patriotes Louis-Joseph Papineau, son fils Gustave Papineau, Sabrevois de Bleury et Antoine-Aim Dorion. La plupart des membres de l'Institut canadien le signeront 間alement. Il n'est pas 閠onnant de voir Papineau appuyer l'annexion de l'ancien Bas-Canada la jeune r閜ublique, puisqu'il a toujours 閠 un ferveur partisan de son syst鑝e politique, qu'il a d'ailleurs tent de recopier pour l'instaurer ici, avant l'acte d'union de 1840 et les r閎ellions. Son combat 閠ant principalement orient vers l'関olution des droits politiques et sociaux de la population et non vers un nationalisme pour la sauvegarde de la langue fran鏰ise et la culture, son appui est donc tout fait normal. Farouche opposant l'union des deux Canadas de 1840, il d閏larera que l'annexion est une solution pr閒閞able cette derni鑢e. Il peut donc voir ici une fa鏾n d'accomplir son programme politique pass.

Le 30 octobre 1849, Charles Laberge 閏rit dans l'Avenir que le Canada devrait rejoindre les Am閞icains, en soutenant entre autres qu'apr鑣 玜voir 閏happ aux griffes du lion britannique qui nous tient terre, notre destin閑 est de nous 閘ever dans les serres de l'Aigle am閞icain.

Denis-Benjamin Viger est l'un des Canadien-fran鏰is qui s'oppose aux id閑s annexionnistes; pour lui, l'exemple de la Louisianne cit par certains de ses compatriotes tend plut魌 d閙ontrer qu'il s'agirait d'une erreur de s'unir aux Am閞icains. Tant la langue anglaise qu'un syst鑝e de lois ont 閠 impos閟 cet 蓆at. Il en serait certainement de m阭e ici suite une annexion potentielle, et les Canadiens en seraient perdants. son avis, il est pr閒閞able de demeurer une colonie britannique car, un jour, la Grande-Bretagne pourrait nous accorder une plus grande ind閜endance politique, le tout sous sa protection. De plus, contrairement ce que certains pr閠endent, il ne croit pas que la Grande-Bretagne se d閟int閞esse du sort de sa colonie. Il rajoute que le sud des 蓆ats-Unis risque de se m閒ier grandement de nous, puisque nous ne sommes pas esclavagistes. Il fera part de son opinion dans les 閐itions d'octobre et de novembre 1849 du journal Le Moniteur canadien.

Le Montreal Herald, un journal anglophone montr閍lais, appuie totalement les revendications qui sont faites dans le manifeste. Par contre, le Quebec Morning Chronicle le d閚once:

Quel pays au monde a jamais obtenu paisiblement son ind閜endance? Cependant comme, sans le consentement de la Grande-Bretagne, Montr閍l ne croit la s閜aration ni praticable ni d閟irable, nous pouvons nous assurer que l'affaire n'est qu'une explosion de gaz qui ne laissera derri鑢e elle que l'odeur .

De plus, on se moque du ton utilis dans le manifeste.

Durant l'閠 1849, la r閍ction ce courant qui semblait d閖 prendre de l'ampleur ne se fera pas attendre. Toronto, on met sur pied la British American League afin de s'organiser; John A. MacDonald en fait partie. On propose des solutions pour am閘iorer l'Union en place. On veut l'間alit pour tous (en pr閏isant qu'il faut 関iter la domination francophone et catholique) et certains s'avancent m阭e avec l'id閑 de l'union de toutes les colonies britanniques d'Am閞ique du nord. Qu閎ec, les sympathisants du mouvement annexionniste tiennent un rassemblement le 27 octobre; or, celui-ci est gravement perturb par la participation de gens qui s'y opposent. Galvanis閟 par ce succ鑣, les anti-annexionnistes de la vieille ville se rassemblement leur tour le 11 novembre. Le mouvement pro annexion semble ensuite s'閠eindre dans cette r間ion. En guise de repr閟ailles, le gouverneur du Canada-Uni, Elgin, d閏ide de destituer les fonctionnaires qui se sont prononc閟 en faveur de l'annexion.C'est le 14 mai 1950 qu'on ouvre la sc閍nce de l'Assembl閑 des d閜ut閟 du Canada-Uni Toronto. Le

19 mai 1849, l'Assembl閑 avait vot pour le d閙閚agement du parlement de Montr閍l Toronto suite l'incendie du Parlement de Montr閍l, en consid閞ant que cette ville ne m閞itait plus d'阾re le si鑗e du gouvernement : les francophones seraient anti-britanniques, et les marchands anglophones contre le lien avec la Grande-Bretagne. Toronto semble plus s鹯e et moins encline aux r関oltes, en plus d'avoir l'avantage non n間ligeable de compter dans ses environs plus d'une vingtaine de loges orangistes! D'ailleurs, dans une lettre du 31 mai 1850, le gouverneur Elgin exprime sa joie face cette d閏ision :

Le fait d'avoir amen les d閜ut閟 Canadiens-fran鏰is dans ce pays beau pays aux cultures toujours plus prosp鑢es et le fait de les avoir plac quelque temps au milieu d'une population britannique qui, bien qu'elle puisse avoir quelques pr閖ug閟 en faveur de John Bull, n'entretient pas leur 間ard l'antipathie jalouse de Montr閍l, donne selon moi la province et l'Union une chance que rien d'autre n'aurait pu leur donner.

Elgin met les choses au clair lors de son discours du tr鬾e : il indique que Sa Majest n'approuve aucunement les actes de certaines personnes jouissant de commissions de la Couronne et qui se sont prononc閑s en faveur de l'annexion aux 蓆ats-Unis. Il rappellera d'ailleurs avoir destitu plusieurs fonctionnaires pour cette raison. Durant cette session nouvellement ouverte, le d閜ut d'Essex, J. Prince, ose tout de m阭e soumettre au vote une r閟olution pour mettre fin aux liens de la colonie avec les Britanniques. La r閟olution est facilement battue 57 voix contre 7 en sa faveur.

Avec le recul, on peut voir dans ces 関閚ements les germes de ce qui allait donner naissance au Canada que nous connaissons aujourd'hui, partir de la conf閐閞ation n閑 en 1867. En effet, suite la ''d閒aite'' des annexionnistes, les colonies verront leurs liens renforc閟; on votera la construction d'un chemin de fer se rendant jusqu' Halifax. Chemin de fer qui, bien des ann閑s plus tard, sera la base m阭e de la r閍lisation d'un pays reliant les oc閍ns Pacifique et Atlantique, la Colombie-Britannique s'en 閠ant faite promettre la construction en 閏hange de son adh閟ion la Conf閐閞ation canadienne. En ayant surv閏u l'incendie du Parlement et Montr閍l et cette crise, le gouvernement de LaFontaine et de Baldwin aura 間alement mis fin aux ambitions beaucoup plus mercantiles que d'間alit politique des marchands anglophones et conservateurs de Montr閍l. C'est apr鑣 la crise annexionniste que na顃ra v閞itablement le Canada lib閞al.

Richard Leboeuf-McGregor

Bibliographie

LACOURSI萊E, Jacques. Histoire populaire du Qu閎ec Tome 3, Montr閍l, 蒬itions Septentrion, 2008, 294 p.

LAMONDE, Yvan. Histoire sociale des id閑s au Qu閎ec 1760-1896, Montr閍l, 蒬itions Fid鑣, 2000, 895 p.

TESSIER, Yves. Histoire de la rivilit Qu閎ec-Montr閍l : de l'閜oque am閞indienne nos jours, Montr閍l, 蒬itions Tessier, 1984, 166 p.

 


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