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Les Patriotes de 1837@1838 - La Proclamation Gosford interdisant les assembl閑s patriotes (juin 1837)
 EVENEMENT 
     
La Proclamation Gosford interdisant les assembl閑s patriotes (juin 1837)
Article diffus depuis le 2 janvier 2012
 




La d閏laration Gosford, comme le pr閐it 蓆ienne Parent du Canadien, contribue d間rader un climat social d閖 tendu. (Le Canadien, 14 juin 1837). La poursuite des assembl閑s, ainsi que la destitution d抲n premier officier de milice accentuent la radicalisation du mouvement patriote. Les journaux participent eux-m阭es ce mouvement vers l抏xtr閙isme. Quant aux historiens, ils semblent aussi s抋ccorder sur l抜d閑 de la radicalisation.

Suite au rapport des commissaires soumis au Parlement de Londres en mars 1837, le ministre Russell propose un ensemble de r閟olutions qui r閜ondent d閒avorablement aux demandes patriotes. Le ministre retire l抋ssembl閑 le seul pouvoir qu抜l poss鑔e, le vote des subsides (FILTEAU, 2003 : 226-227). Apr鑣 que les R閟olutions Russell soient arriv閑s au Bas-Canada, des assembl閑s de protestations sont organis閑s (FILTEAU, 2003 : 271). La premi鑢e a lieu Saint-Ours le 7 mai 1837 (FILTEAU, 2003 : 253). Cette assembl閑 sert de mod鑜e celles qui sont organis閑s jusqu抋u mois d抩ctobre 1837 (FILTEAU, 2003 : 269). Dans un contexte d抏ffervescence des patriotes, plusieurs bureaucrates demandent au gouverneur de tout faire pour arr阾er les assembl閑s (FILTEAU, 2003 : 284).

Le 13 juin, les conseillers ex閏utifs convoqu閟 par le gouverneur Gosford arrivent Qu閎ec (Quebec Mercury, 13 juin 1837). Les rencontres portent sur deux points. Le premier est la dissolution de la chambre d扐ssembl閑. Le deuxi鑝e porte sur des actions prendre pour contrer les assembl閑s patriotes (Quebec Mercury, 15 juin 1837). Le 17 juin, la proclamation est affich閑 partout Qu閎ec (Le Canadien, 19 juin 1837). La proclamation affirme que les assembl閑s constituent une atteinte la paix et visent retirer l抋ll間eance de la population la monarchie. Pour assurer la paix et le bon ordre, le gouverneur interdit les publications s閐itieuses, demande la population d掗viter les assembl閑s et demande de faire tout pour emp阠her la tenue de tels discours (Le Canadien, 19 juin 1837). Pour les opposants aux patriotes, l抜d閑 du contrat social rompu, tel que pr閟ente dans la D閏laration de Saint-Ours, est clairement un langage s閐itieux et r関olutionnaire (FILTEAU, 2003 : 261).

La proclamation Gosford semble rapidement 阾re sans effet. Une assembl閑 anti-coercitive est tenue le 18 juin Berthier (La Minerve, 19 juin 1837). La proclamation est affich閑 toute vitesse dans le comt de Berthier dans la nuit du 17 au 18 juin par le fils du conseiller l間islatif et seigneur local Cuthbert (La Minerve, 22 juin 1837). Les feuilles sont arrach閑s lors de l抋ssembl閑 (Quebec Mercury, 22 juin 1837). Les gens pr閟ents l抋ssembl閑 ont cri honte la proclamation durant l抋ssembl閑 (La Minerve, 19 juin 1837). M阭e si l抋ssembl閑 porte essentiellement sur les R閟olutions Russell, Papineau en profite pour se prononcer sur la proclamation. L扥rateur demande la population de respecter l抋utorit des capitaines de milice, dont plusieurs sont pr閟ents l抋ssembl閑. Mais il s抏mpresse d抋jouter que toutes les lois, en parlant de la proclamation, doivent respecter la constitution. Papineau d閏lare qu抜l n抏st pas n閏essaire d抩b閕r ceux qui briment les droits de la majorit (La Minerve, 22 juin 1837). Implicitement, il annonce donc que la proclamation est inconstitutionnelle. L抋ssembl閑 de Berthier n抏st pas la seule. Il y en a une le jour m阭e dans le comt de Yamaska (La Minerve, 22 juin 1837). Il y en a aussi dans la r間ion de Qu閎ec pour les comt閟 de Bellechasse et de L'Islet le 26 juin (Le Canadien, 3 juillet 1837). Une assembl閑 bureaucrate a 間alement eu lieu au d閎ut du mois de juillet afin de condamner les assembl閑s patriotes (La Minerve, 29 juin 1837). Plusieurs assembl閑s ponctuent la fin juin et le mois de juillet 1837 (FILTEAU, 2003 : 289).

Le 22 juin, le comit central et permanent de Montr閍l se r閡nit pour discuter de la proclamation. Les participants la condamnent. Ils r閕t鑢ent leur droit de s抋ssembler et consid鑢ent l抜nterdiction des assembl閑s comme inconstitutionnelle. Ils affirment 間alement que contrairement ce que Gosford et les conseillers ex閏utifs pensent, les assembl閑s patriotes ne sont pas s閐itieuses. In関itablement, les membres du comit reviennent sur les R閟olutions Russell (Le Canadien, 28 juin 1837).

Le 22 juin 1837, un ordre g閚閞al de milice dat de la veille para顃 dans La Gazette officielle. Tous les capitaines de milice doivent lire la proclamation le 29 juin alors que plusieurs miliciens doivent se r閡nir Montr閍l pour la revue de la milice. Les capitaines peuvent aussi en faire la lecture le dimanche suivant dans leur paroisse respective. Le journal patriote La Minerve exhorte les capitaines de milice de ne pas lire la proclamation. Le journal demande plut魌 de lire les r閟olutions du comit central et permanent. Le p閞iodique consid鑢e que la revue de la milice doit strictement s抩ccuper des aspects militaires et ne pas 阾re au service des politiques de Gosford (La Minerve, 26 juin 1837). Deux versions existent quant au d閞oulement de la revue de la milice. La Minerve 閏rit que plusieurs miliciens sont absents et les capitaines n抩nt donc pas lu la proclamation. D抋utres miliciens se pr閟entent l抋ppel, mais fuient imm閐iatement apr鑣 pour ne pas entendre la proclamation. De ceux qui restent, plusieurs huent le texte du gouverneur en chef (La Minerve, 29 juin 1837). Seulement un officier sur trente a lu la proclamation. Deux-Montagnes, les miliciens refusent de se faire lire la proclamation (La Minerve, 10 juillet 1837). L抋utre version, celle du journal bureaucrate Quebec Mercury affirme qu抲n seul bataillon n抋 pas 閏out la proclamation Montr閍l. Dans l抏nsemble, la revue s抏st bien d閞oul閑 et l抋ccueil a 閠 respectueux (Quebec Mercury, 1er juillet 1837). Le 6 juillet, le lieutenant-colonel de milice Raizenne est destitu pour ne pas avoir lu la proclamation (Le Canadien, 7 juillet 1837). La Minerve pense plut魌 que la d閟ob閕ssance est un pr閠exte pour se d閎arrasser d抲n Canadien qui est de surcro顃 r閒ormiste (La Minerve, 10 juillet 1837). Quoi qu抜l en soit, le renvoi de Raizenne est le premier d抲ne longue s閞ie de renvois, suivi de nombreuses d閙issions d抩fficiers de milice (FILTEAU, 2003 : 317).

La d閏laration Gosford arrive dans un contexte o les journaux sont couteaux tir閟. Cela est particuli鑢ement vrai entre le journal patriote de Montr閍l La Minerve et le journal mod閞 de Qu閎ec Le Canadien. Ainsi, certains patriotes annulent leur abonnement au journal qu閎閏ois, dont Papineau (Le Canadien, 23 juin 1837). Un facteur de cet affrontement est la prise de position du Canadien en ce qui concerne la D閏laration de Saint-Ours quelques semaines plus t魌 (FILTEAU, 2003 : 284). Les trois journaux publient sans d閘ai la proclamation (Le Canadien et La Minerve, 19 juin 1837, Quebec Mercury, 17 juin 1837). Quant la couverture journalistique, trois camps apparaissent tr鑣 clairement propos de la proclamation et de ses suites directes.

Pour La Minerve, la proclamation a pour but d抜ntimider la population(La Minerve, 19 juin 1837). Le conseiller l間islatif, et ancien partisan patriote Debartzch (DBC, 獶ebartzch, Pierre-Dominique) est consid閞 comme l抜nitiateur de cette proclamation (La Minerve, 15 juin 1837). Puisque le journal le consid鑢e comme influent aupr鑣 de Gosford, il est surnomm premier ministre lord en herbe (La Minerve, 19 juin 1837). Cela peut provenir du fait que Debartzch poss鑔e une seigneurie dans un ch鈚eau fort patriote. Le journal compare souvent Gosford au gouverneur Craig afin d抜llustrer son despotisme. Ce dernier avait dissout la Chambre d扐ssembl閑 trois fois parce qu抜l 閠ait m閏ontent de la majorit du parti canadien (OUELLET, 1980 : 141). En plus d掙tre ridicule, la proclamation est inconstitutionnelle (La Minerve, 22 juin 1837). Le journal publie une pi鑓e de th殁tre sarcastique sur ce qui se serait pass lors des discussions de l扙x閏utif la mi-juin et qui reprend les id閑s du journal sur la proclamation (La Minerve, 3 juillet 1837). Quant au renvoi de Raizenne, il est consid閞 comme despotique et le journal consid鑢e que les officiers ne sont pas tenus de lire la proclamation. Le journal demande au gouverneur, pour 阾re juste, de renvoyer plusieurs autres capitaines de milice parce que plusieurs n抩nt pas lu la d閜阠he. (La Minerve, 13 juillet 1837). Cela pourrait 間alement d閟tabiliser l抩rdre social.

Le Canadien se prononce contre l抜nterdiction des assembl閑s parce que les chefs patriotes pourraient l抲tiliser comme pr閠exte pour envenimer la situation (Le Canadien, 14 juin 1837). La proclamation est vue comme un rem鑔e puissant, mais tr鑣 risqu. Elle pousse la population se mettre hors la loi. Le journal appelle des concessions de la part du gouvernement. Le p閞iodique pense que c抏st le seul bon moyen afin de pacifier la colonie (Le Canadien, 19 juin 1837). C抏st un m阭e temps un d閟aveu envers les R閟olutions Russell. Finalement, ce journal approuve la destitution de Raizenne (Le Canadien, 7 juillet 1837).

Le Quebec Mercury consid鑢e les chefs patriotes comme des d閙agogues et Papineau est surnomm l抋gitateur en chef (Quebec Mercury, 15 et 24 juin 1837). La proclamation est vue comme un geste paternel qui est suffisant pour emp阠her les assembl閑s qui pr阠hent la trahison. Le gouvernement fait bien d抋vertir la population des dangers des assembl閑s patriotes (Quebec Mercury, 17 juin 1837). Pour ce p閞iodique le renvoi du lieutenant-colonel Raizenne montre que la proclamation a des dents (Quebec Mercury, 6 juillet 1837). cet 間ard, il faut mentionner que le principal but de la proclamation, soit la cessation des assembl閑s, n抏st pas atteint. En effet, Gosford n抋 pas les moyens militaires durant l掗t 1837 pour emp阠her la tenue des assembl閑s (FILTEAU, 2003 : 286).

Pour l抙istorien Fernand Ouellet, les assembl閑s patriotes organis閑s dans la foul閑 des R閟olutions Russell sont une strat間ie afin de rallier le plus grand nombre de gens derri鑢e la cause des chefs patriotes dont la port閑 ultime est r関olutionnaire (OUELLET, 1980 : 432-433). L抋uteur insiste sur l抜d閑 que ces assembl閑s patriotes sont de nature r関olutionnaire et stimulent la faction radicale du camp patriote (OUELLET, 1980 : 421-422). Toutefois, la forte r閍ction populaire dans les assembl閑s anti-coercitives est aussi due la crise 閏onomique (OUELLET, 1980 : 432). La proclamation Gosford lui para顃 阾re un facteur de premier plan dans la radicalisation du mouvement patriote (OUELLET, 1980 : 457). G閞ard Filteau consid鑢e la d閏laration Gosford comme malhabile et n抏st pas de nature calmer les esprits (FILTEAU, 2003 : 285-286). Il affirme que le gouverneur est pouss par les bureaucrates, tant dans les journaux que dans son entourage, agir fermement contre les assembl閑s patriotes (FILTEAU, 2003 : 284-285). L抋uteur insiste sur le fait que la proclamation ne fait qu抏nvenimer la situation. Suite l抋ppel de la milice, les assembl閑s se sont faites en nombre plus 閘ev (FILTEAU, 2003 : 288). Les soutiens Gosford lui apparaissent tr鑣 faibles (FILTEAU, 2003 : 292). Si les deux auteurs s抏ntendent sur l抜d閑 de la radicalisation, Ouellet pense que ce sont les patriotes qui en sont les instigateurs, tandis que Filteau affirme que ce sont plut魌 les bureaucrates qui cr閑nt un climat instable au Bas-Canada.

Pour les historiens Filteau et Ouellet, tout comme pour certains contemporains, la d閏laration Gosford est proclam閑 dans un contexte de radicalisation. Au printemps et l掗t 1837, cette radicalisation est illustr閑 par les assembl閑s hostiles aux R閟olutions Russell. La continuation des assembl閑s apr鑣 la proclamation et le renvoi d抲n premier officier de milice montre 間alement cet 閠at d抏sprit. Sur la question de la d閏laration, les trois journaux consult閟 sont divis閟 en trois camps. Finalement, la proclamation Gosford passe pour un coup d掗p閑 dans l抏au.

S閎astien Lecompte-Ducharme

BIBLIOGRAPHIE

Tous les num閞os du Canadien publi閟 entre le 14 juin 1837 et le 10 juillet 1837.

Tous les num閞os de La Minerve publi閟 entre le 15 juin 1837 et le 13 juillet 1837.

Tous les num閞os du Quebec Mercury publi閟 entre le 13 juin 1837 et le 8 juillet 1837.

BERNARD, Jean-Paul, Assembl閑s publiques, r閟olutions et d閏larations de 1837-1838, Montr閍l, VLB, 1988, 304p.

BERNARD, Jean-Paul, Les R閎ellions de 1837-1838. Les patriotes du Bas-Canada dans la m閙oire collective et chez les historiens, Montr閍l, Bor閍l Express, 1983, 349p.

FILTEAU, G閞ard, Histoire des Patriotes, Qu閎ec, Septentrion, 2003, 628p.

GROULX, Lionel, Histoire du Canada fran鏰is depuis la d閏ouverte. Tome 2, Montr閍l, Fides, 1960, 442p.

LAPORTE, Gilles, 玃apineau et la mobilisation r間ionale, dans La culture des Patriotes, sous la dir. de Charles-Philippe Courtois, Qu閎ec, Septentrion, 2011. [ para顃re]

MESSIER, Alain, Dictionnaire encyclop閐ique et historique des patriotes. 1837-1838, Montr閍l, Gu閞in, 2002, 497p.

OUELLET, Fernand, Le Bas-Canada. 1791-1840. Changements structuraux et crises, Ottawa, 蒬itions de l扷niversit d扥ttawa, 1980, 541p.

ZUBKOWSKI, Ludwik Kos Rabcewicz, 獶ebartzch, Pierre-Dominique, Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 2000, <http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=3346> (23 novembre 2011).

 


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